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Un pipeline Eilat-Fujairah qui meurt et un gazoduc Asie centrale-Iran-Caucase sud qui est né

Shahed-181 en essaim. (Archives)

Le mardi 30 décembre, alors même qu’Israéliens et Américains, bien déçus à l’issu du 7ème round des pourparlers de ce 29 novembre à Vienne où le monde entier a découvert le visage sobre et non-complaisant de la diplomatie profondément anti US de Raïssi, se jettent mutuellement le tort d’avoir defreiné la machine nucléaire iranienne, de l’avoir conduit peut être pas à fabriquer « l’arme suprême » mais à avoir la capacité d’en fabriquer à tout moment, un séisme autrement destructeur secouait les milieux politiques et militaires sionistes, un séisme non sans rapport avec un drone nommé « Shahed-181 » ! Ce clone à 60% de la fameuse « Bête de Kandhar », RQ-170, qui intercepté en 2012 par le CGRI n’a pas tardé à donner naissance à toute une gamme de drone « Shahed » laquelle gamme fait la terreur du CentCom, de ses troupes et mercenaires depuis 2019, date à laquelle le géant pétrolier anglo-américano et un peu saoudien, « Aramco » a été mis au pas, quelques part dans l’est de l’Arabie saoudite où un essaim de 21 « Shahed » de différents types, s’est abattu sur les raffineries de Buqaiq et de Khurais.

Vidéo: le ciblage à coup de bombe Sadid/médias iraniens 

Doté d’un moteur à hélice qui lui donne une portée de 1 500 km et une endurance de 4.5 heures pour une altitude de vol de 25 000 pieds, le « Shahed-181 » qui porte une charge de 500 kg au décollage, soit équivalente de deux bombes intelligentes « Sadid », là encore, un super clone air-sol, largement plus performant de « Tow américain », à guidage laser et d’une portée de 5 000 mètres pour une perforation anti blindé de 400 à 900 mm, n’a certes pas été encore visionné, ni à Haïfa, ni à Eilat ni encore à Léviathan ou Tamar.

N’empêche que cet algorithme de navigation basé sur IA (intelligence artificielle) auquel le chef du MI6 britannique faisait allusion ce mardi en énumérant la liste des menaces qui pèsent contre l’axe anglo-saxon de la part de la Chine, de la Russie mais aussi de la part de l’Iran, en a fait un redoutable UAV, bien au-dessus de Harop, de Hermès 450 ou encore de MC-9. Pourquoi ?

Parce que cet algorithme à IA procure au « Shahed-181 », une merveilleuse capacité d’essaimage, capacité qu’aucun drone US-Israël n’a encore acquise. Qu’un essaim de 4 drones « Shahed-181 », de reconnaissance ou de combat ou un mélange des deux, puisse l’un de ces quatre, reconduire, par exemple, l’exploit du 20 octobre, jour où la base illégale US à al-Tanf a été criblée de cinq drones suicides, et décoller de se base entre autres endroits, à Homs (T4) en Syrie, ou sur les frontières syro-sud libanaises, avant de faire un trajet de quelque 800 à 1000 km, au-dessus de la Jordanie pour pénétrer le ciel d’Eilat - et Dieu sait qu’il n’y aurait aucun radar ni missile intercepteur israéliens ou américains capables de l’en empêcher - on est, convenons-en, dans le domaine du « plus que possible ».

Surtout qu’une nuée de « Shahed-181 » opère suivant des images SAR préenregistrées dans le mémoire de ses composantes et que le port d’Eilat, son aéroport et ses terminaux énergétiques, ce sont ce qu’il y a de plus visualisées dans la banque des données de la Résistance et que de surcroît un « escadron » de « Shahed », parti ainsi en mission, n’a aucun lien GPS ou satellite, ce qui la rend doublement furtif.

Photo: une nuée de drones à base d'IA/IRIB news

Mais il y a plus : la base syrienne de T4 à Homs pourrait bien abriter outre les essaims de Shahed-181, une autre manifestation de la hi-tech signée la Résistance, toujours à base d’intelligence artificielle, soit ces essaims de « dix drones » exclusivement « suicides » qui comptent un « leader », plus gros en taille et dont la charge consiste à piloter et à synchroniser l’opération entre ses «co-équipiers. Evidemment ni Haïfa ni Eilat encore moins Gush Dan et Tel-Aviv ne sont prêts à faire face à de si redoutables assaillants invisibles qui vu, le siège anti Israël étendu entre le sud du Liban et de la Syrie d’une part, Gaza et l’Irak de l’autre et on ne parle même de la Méditerranée, pourraient assaillir le ciel sioniste, non pas en groupe de 4 à 5 ou en 10 mais à plus de 100. 100 drones-kamikaze et de combat en une seule et unique opération!

Vidéo : le F-35 british abîmé en mer fin novembre/Avia

C’est d’ailleurs en pensant à cette « terrible » perspective que l’entité sioniste a si impitoyablement planté son couteau dans le dos des Émirats et de son Ben Zayed qui en 2020, a payé de son crédit et de son prestige son « oui » aux accords d’Abraham, rien que pour des F-35 de pacotille dont, l’un, récemment abîmé au large de la Syrie, a l’air d’un canard plutôt que d’un faucon mais aussi et surtout pour cause d’un pipeline qui aurait dû relier Fujaïrah (Emirats) à Eilat, histoire de se débarrasser définitivement des aléas du détroit d’Hormuz.

Eh bien l’idée d’avoir à faire face à Shahed-181 a fait que depuis le mois de mai, date de « l’Epée de Qods », les écolo sionistes se sont réveillés soudain de leur torpeur pour se soucier des récifs coralliens d’Eilat et pousser Tel-Aviv à renvoyer dos à dos MBZ, Abraham et son pipeline, quitte à ôter à Israël toute possibilité de peser, ne serait-ce qu’un tout petit peu, sur le jeu énergétique qui se déroule en Méditerranée. Mais ceci n’est qu’une seule facette du séisme géopolitique en cours, l’autre étant le premier méga succès « géopolitique » de l’Iranien Raïssi à repêcher l’allié azéri d’Israël et à l’impliquer, alors même que l’Iran a été sur le point d’entrer en conflit avec l’Azerbaïdjan, dans son propre jeu.

À Achgabat où le président iranien s’est rendu il y a trois jours au sommet de l’ECO, un accord de swap énergétique a été signé, reliant le Turkménistan, l’Iran et l’Azerbaïdjan. Ce mercredi matin, Jerusalem Post ne peut s’empêcher de voir à travers cet accord qui permet le transit d’un volume journalier de 5 millions de mètre cube de gaz turkmène vers l’Azerbaïdjan via le territoire iranien une « défaite géostratégique majeur pour Israël », privé, lui, pour cause des « missiles et drones iraniens », de la possibilité de jouer dans la cours des Grands.

Le JP écrit : « L’Iran a conclu dimanche un accord d’échange de gaz avec le Turkménistan et l’Azerbaïdjan en marge du 15e sommet de l’Organisation de coopération économique. Selon l'accord, 1,5 à 2 milliards de mètres cubes de gaz seront importés en Iran chaque année depuis le Turkménistan (Sarakhs) et seront envoyés en Azerbaïdjan (Astara) via le réseau de ligne de transmission iranien. C’est un message politique important qui est au cœur de cet accord et qui peut concrétiser le projet de l’Iran de devenir une plaque tournante du gaz dans la région. Et comment ? Ce projet pourrait favoriser l’expansion du commerce entre l'Iran et le Turkménistan, en particulier dans le domaine du gaz et avoir une répercussion direct sur le monde turcophone. Au fait, le réseau gazier turkmène relie la mer Caspienne à l'Azerbaïdjan et est conçu pour transférer les ressources gazières d'Asie centrale vers les marchés énergétiques européens via le corridor gazier sud. Le pipeline transcaspien (TCP) entre le Turkménistan et l'Azerbaïdjan connecte la mer Caspienne au pipeline SCP à l'intérieur de l'Azerbaïdjan. »

Et le journal de conclure : « Ensuite, à la fin du pipeline SCP, une connexion sera ajoutée au pipeline TANAP en Turquie. Le trajet iranien donnerait à l'Iran plus d'influence sur la Turquie et l'Europe à travers le pipeline transadriatique (TAP), y compris la Grèce, l'Albanie et l'Italie et davantage de poids en Asie centrale et du coup le rapprocher à la Turquie et à l’Azerbaïdjan. Or l’Azerbaïdjan est le Liban d’Israël. Et un tel projet est potentiellement apte à faire capoter les plans israéliens. De toute évidence cet accord d'échange de gaz est la première étape de l'Iran pour relancer les relations gazières avec Bakou et Achgabat, deux pays influents du corridor gazier sud, quitte à faire suspendre définitivement la mise en œuvre du projet transcaspien, à convaincre ces deux pays du caractère vital de leurs relation avec l’Iran… C’est mauvais quand on à Eilat et qu’on est contraint à renoncer au pipeline Eilat Emirat… »

Et oui les drones pourront mener trop loin s'ils sont mis à l'heure de la Résistance .. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV