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Coup d'Etat anti Parlement en Irak ou une nouvelle manche contre l'axe Russie/Chine?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un convoi logistique américain s'est auto-explosé à Salaheddine en Irak, le 31 juillet 2022. (Photo d'illustration )

Une source de sécurité irakienne a rapporté dimanche qu'un convoi logistique américain avait été pris pour cible dans la province de Salaheddine et qu'une bombe artisanale avait explosé sur le chemin du convoi américain, coup anti US qui après une semaine lourde d'attaques anti Turquie anti OTAN a évidemment son sens. De là surtout, ce groupe irakien évidemment proche de la Résistance et se faisant appeler Thar al-Muhandis qui a revendiqué l'attaque produite très exactement à 10h00, heure locale, alors que le Parlement irakien se trouvait toujours bloqué pour la troisième journée consécutive par les pro Sadr qui eux n’en ont, pour l’heure rien à cirer. Au fait, ce blocage anti Parlement irakien sur quoi les médias à la solde se sont focalisés sans répit et qu’ils tentent de faire passer par tous les moyens possibles pour un début de la guerre interchiite, « Sadr étant décrit comme ce religieux opposé à la toute-puissance des Hachd et prêts à les « ratatiner » pour le grand bonheur des troupes d’occupation US/OTAN qui par crainte d’avoir été pris pour cible tremblotent dans leurs bases et repaires, a l’air d’avoir des racines bien plus profondes que cette grossière histoire, les chiites n’allant évidemment jamais jusqu’à s'entre-tuer. 

En effet, ce semblable coup d'Etat anti Parlement qui vise à bloquer la nomination d’al Soudani a un rapport direct avec la Russie n’en déplaise aux commentateurs occidentaux. Et Comment ? Pour le quatrième mois consécutif, l'Irak a atteint ce mois-ci des chiffres record de vente de pétrole. Le pays, pour le quatrième mois consécutif, est devenu le principal marché mondial pour la précieuse ressource et amène le pays à améliorer son niveau économique. Selon le ministère irakien du Pétrole, à la fin du mois dernier, les exportations de pétrole ont atteint 11,3 milliards de dollars, un chiffre jamais vu depuis des décennies. Cela signifie qu'au cours du seul mois de juin, plus de 100 millions de barils ont été vendus dans le monde.

C'est une très bonne nouvelle pour l’Irak qui récolte évidemment des résultats importants pour son économie. Les données de Sumo, la principale société publique de commercialisation du pétrole, indiquent qu'un baril de pétrole coûtait 112 dollars le baril en juin et que, chaque jour, le pays est en mesure d'exporter 3,3 millions de barils. Bien qu'il s'agisse d'une baisse par rapport à mars, lorsque le baril était autour de 140 $, il s'agit toujours de très bonnes données pour le pays.

A lire: En signe de solidarité avec la Russie, convois militaires pulvérisés en Irak

L'Irak est devenu donc l'une des principales alternatives d'approvisionnement en pétrole pour les pays qui souhaitent réduire leurs importations de pétrole en provenance de Russie dont les relations sont tendancieuses avec l’Occident. Alors Sadr connu pour ses liens avec sa Majesté, engagé malgré lui en plein jeu pétrolier contre l’Est ? A n’en pas douter dans la mesure où le candidat à la primature, al Soudani contre qui l’axe US/OTAN a une dent a très clairement annoncé vouloir basculer à l’est, raviver les contrats avec la Chine et se rapprocher des Russes. D’ailleurs M Kazemi, le Pro US du coin n’a pas pu résister à ce retournement de tendance qui se profile à l’horizon, The Iraqi Drilling Company venant de signer un contrat avec la société chinoise COSL pour effectuer les travaux associés au forage de 22 puits de pétrole dans les champs de Maysan. Même si quelques semaines plus tôt son gouvernement avait fermé la porte aux compagnies chinoises qui se disaient désireuses d’investir dans des gisements à Bassorah.

Deux hélicoptères russes au service de l'armée irakienne. @AFP

Le ministère irakien du Pétrole de Kazemi a contrecarré, l'année dernière, trois accords potentiels qui auraient donné aux entreprises chinoises plus de contrôle sur ses champs pétrolifères et conduit à un exode des majors pétrolières internationales que Bagdad veut investir dans son économie grinçante.

Depuis le début de 2021, les plans du russe Lukoil et du géant pétrolier américain Exxon Mobil de vendre des actions dans des gisements majeurs à des entreprises soutenues par l'État chinois ont frappé les tampons après les interventions du ministère irakien du Pétrole, selon des responsables pétroliers irakiens. La vente d'une action à une société d'État chinoise était également l'une des nombreuses options envisagées par la compagne britannique BP, mais les responsables irakiens l'ont persuadé de rester en Irak pour le moment, ont déclaré des personnes proches du dossier.

Les installations pétrolifères et gazières à Dehloran à l'ouest de l'Iran. ©Mehr News

La Chine est le premier investisseur en Irak et Bagdad a été le plus grand bénéficiaire l'année dernière de l'initiative "la Ceinture et la Route" de Pékin, recevant 10,5 milliards de dollars en financement pour des projets d'infrastructure, notamment une centrale électrique et un aéroport. Mais lorsqu'il s'agit de nouveaux investissements chinois dans les grands champs pétrolifères, les choses sont sous pression en coulisse de l’ambassade US bien différentes.

Idem pour la Turquie, dont la zone tampon de 400 km de profondeur est étendue jusqu’à ses bases militaires à Mossoul et dont l’offensive anti irakienne entachée de crimes de guerre vise moins à neutraliser le PKK qu’à contrer la route de la soie de la Chine : le Sinjar se trouve sur cette route tout comme le port stratégique de Faw et c’est que l’histoire de l’occupation de Parlement irakien et l’offensive turque se croisent… Reste à savoir si oui ou non cette enième tentative occidentale destinée à maintenir l’Irak dans la cage occidentale marchera. Vu l’état de totale passivité où se trouve l’axe US/OTAN à la faveur de la toute puissance de la Résistance la réponse est bien claire.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV