TV

MBS refuse d'augmenter sa production...

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis méfiants envers les USA dans la crise qui oppose la Russie à l’Ukraine. (Illustration)

La position des pays arabes de l’Asie de l’Ouest, comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, qui sont les principaux alliés de Washington dans la région, envers la crise ukrainienne pourrait être significative.

Alors que les États-Unis s’attendaient à ce que les pays arabes se rangent du côté des États-Unis dans le conflit russo-ukrainien et soutiennent leurs actions contre la Russie, Abou Dhabi et Riyad, ainsi que d’autres pays du golfe Persique, ont d’abord tenté de faire preuve de neutralité ; mais il s’est avéré plus tard qu’ils ont plutôt tendance à soutenir la Russie dans son opération militaire contre l’Ukraine.

Les Émirats arabes unis ont été l’un des pays qui, avec la Chine et l’Inde, se sont abstenus de voter lors du vote du Conseil de sécurité sur un projet de résolution américain appelant au retrait des troupes russes d’Ukraine.


D’autre part, alors que les prix du pétrole sur le marché mondial continuent de grimper en raison des sanctions américaines contre la Russie, les États-Unis ont appelé à une augmentation de la production pétrolière saoudienne ; mais le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, a déclaré lors d’un entretien téléphonique la semaine dernière avec le président français Emmanuel Macron que son pays était attaché à l’accord OPEP Plus avec la Russie et fournira progressivement du pétrole brut au marché.

Alors que les économistes prédisent que le prix du pétrole pourrait grimper jusqu’à 300 dollars le baril à la suite de la crise ukrainienne et des sanctions américaines contre la Russie, l’accent mis par l’Arabie saoudite sur l’accord OPEP Plus pourrait être un désastre économique pour l’Europe et les États-Unis.

De même, Muhammed ben Salmane, qui n’est pas satisfait du comportement de la nouvelle administration américaine dirigée par Joe Biden contre l’Arabie saoudite, et la personne de MBS, dans une interview au magazine américain The Atlantic, il a pris une position sans précédent contre Biden et a déclaré qu’il se fichait que Biden l’ignore.

Tout porte à croire que contrairement aux prétentions des pays arabes, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, concernant leur neutralité dans la crise ukrainienne, ces pays-là ont en pratique adopté une position opposée à l’Occident.

Les observateurs estiment qu’aux yeux des États arabes, alliés des États-Unis et attachés à leurs relations avec la Russie, Moscou agit sur ce principe de base selon lequel « quiconque n’est pas avec nous est contre nous ».

Par conséquent, les pays arabes essaient d’empêcher toute atteinte à leurs relations avec la Russie. Mais la raison la plus importante de cette position arabe sans précédent est que sur fond des récents événements à l’échelle régionale et internationale, les États-Unis ont prouvé un fait avec leurs politiques envers divers dossiers, et c’est que « l’Amérique n’est plus digne de confiance ».

Malgré l’obéissance déraisonnable des pays du golfe Persique et à leur tête les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, aux exigences américaines, ils ont clairement remarqué que Washington n’a pas fait grand-chose pour aider la coalition saoudo-émiratie à réussir dans la guerre contre le Yémen, ou du moins à sortir du bourbier yéménite.

En plus, ces dernières années, Washington a commencé à limiter son engagement militaire dans la région ; même au moment où ses alliés les plus proches, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont été ciblés par des frappes de représailles d’Ansarallah.

Depuis 2019, alors que les positions internes de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ainsi que leurs installations vitales ont été attaquées à plusieurs reprises par des missiles et des drones de l’armée yéménite et d’Ansarallah, Washington n’a pas été en mesure de soutenir ces pays, contrairement à ses allégations. Un exemple récent en est la triple attaque d’Ansarallah au fin fond du territoire émirati.

Aussi, alors que la capacité de missiles yéménites continue de croître, les États-Unis ont annoncé au milieu de l’année dernière, en même temps que leur défaite en Afghanistan, qu’ils retiraient leurs systèmes de défense avancés d’Arabie saoudite.

Après le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, les rumeurs sur un retrait ou de restriction de la présence militaire US en Asie de l’Ouest ont été une source majeure de préoccupation pour les États arabes du golfe Persique quant au respect par les États-Unis de leurs engagements.

Ainsi, il semble que les régimes arabes du golfe Persique aient décidé de s’unir aux États-Unis, mais en même temps, de diversifier leurs alliances, notamment avec des puissances orientales comme la Russie et la Chine.

Les chiffres officiels montrent que le commerce entre la Russie et les pays du CCGP est passé d’environ 3 milliards de dollars en 2016 à plus de 5 milliards de dollars en 2021, dont l’essentiel provient des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite. Les Émirats arabes unis, en particulier Dubaï, sont depuis longtemps un pôle pour les investissements russes et une destination touristique populaire en Russie.

D’autre part, la plupart des pays du CCGP, en tant qu’acteurs clés du marché de l’énergie, exigent une communication et une coopération avec la Russie en tant que producteur partenaire.

Mais, comme on l’a dit, le maintien des relations commerciales, économiques et militaires des émirats du golfe Persique avec la Russie n’est pas la seule raison de leur refus de s’aligner sur l’Occident dans la crise ukrainienne ; au contraire, tout porte à croire qu’ils ne peuvent pas faire confiance aux États-Unis et porter atteinte à leurs relations avec la Russie.

À vrai dire, les pays arabes du golfe Persique sont arrivés à cette conclusion que, premièrement, l’influence et le rôle américains en Asie de l’Ouest sont en déclin. Deuxièmement, ils ont évalué l’attitude des États-Unis envers l’Ukraine et sont arrivés à la conclusion que les États-Unis ne soutiennent fondamentalement pas leurs alliés en cas d’urgence.

Lire aussi : Comment la Russie compte contrer une guerre nucléaire ?

Troisièmement, les alliés arabes de Washington comparent la position US avec celle de la Russie envers ses alliés.

La Russie est restée aux côtés de la Syrie et l’a soutenue depuis 2011, lorsqu’elle a fait face à une crise ; ce que les États-Unis n’ont jamais fait à leurs alliés. Dans ces circonstances, les pays arabes craignent que ce qui est arrivé à l’Ukraine après ses actions provocatrices contre la Russie n’arrive également aux pays arabes de la région.

Les observateurs politiques estiment que les pays arabes essaient de rester neutres dans la guerre ukrainienne, mais si la crise en Ukraine dégénère en une confrontation politique et sécuritaire à grande échelle entre la Russie et l’Occident, alors les régimes arabes se trouveront dans une position difficile et devront annoncer publiquement leur véritable position.

 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV