TV

A quoi s'exposent Turquie/OTAN en fermant son ciel aux vols militaires russes vers la Syrie?

La base d'Incirlik (illustration)

C'est bien faux de dire que la Russie de Poutine se mettrait comme ces 10 dernières années à avaler les couleuvres et à assister en témoigne chagrin à cette nouvelle manœuvre du funambulesque Erdogan qui poussé par ses maitres US/OTAN a fini par fermer son ciel aux vols militaires russes comme elle en avait fait autant pour la marine russe  en se tranchant derrière la convention de Montreux!  Au fait c'est en Ukraine et dès le 24 février qu'a commencé la riposte russe contre la Turquie atlantiste et elle risque de se radicaliser dans les jours à venir. Pourquoi? pour la simple et bonne raison que le Turc en veut à la présence navale et aérienne de la Russie en Syrie ou ce qui revient au même il tend à bouter hors du levant l'armée de l'air et la marine russe. 

 Lors d'une visite en Uruguay le samedi 23 avril, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré aux journalistes que la Turquie avait donné à la Russie l’aval d'utiliser son espace aérien à "intervalles de trois mois" et que puisque  la dernière période de consentement a expiré plus tôt en avril et bien les vols cesseront. Plus d'un analystes jugent le moment choisi par la Turquie pour mettre en application cette interdiction trop significatif: En effet le Sultan Erdogan largement qui aime être pris au jeu gazier d'Israël en Méditerranée nourrit depuis quelque temps l'ambition de devenir le hub gazier de la région et de faire transiter le gaz volé de la Palestine vers l'Europe.

C'est un projet à trois têtes si on considère qu'il applique aussi les Kurdes d'Irak trop remontés ces temps ci contre la Russie puisqu'ils désirent par Turquie interposée de faire acheminer eux aussi le gaz détourné d'Irak vers l'Europe. A ce cocktail il convient d'ajouter aussi le pétrole syrien que les Yankee continuent à détourner en Syrie orientale avant de le faire parvenir là encore à Erbil pour que les pétroliers turcs les transfèrent aux raffineries d'Ashkelon.

Rappelons ces agissements se sont accélérés dès le 13 mars date à la quelle l'Iran a pris pour cible de ses Fateh-110 un centre secret du Mossad à Erbil, dissimulé dans un villa appartenant à l'homme d'affaire et agent kurde d'Israël, largement impliqué dans ce trafic petrogazier. Disons les choses de façon plus simple, c'est en lieu et place d'Israël désormais chassé par l'Iran et la Résistance irakienne d'Erbil que la Turquie s'est engagée et de façon la plus forte puisqu'elle mène depuis 10 jours une offensive d'envergure avec en toile de fond des frappes aériennes quotidiennes, des raids aux drones et des tirs d'artilleries.

Mais l'Irak n'est qu'un des deux volets de ce projet éminemment  anti russe pro US, pro OTAN où Erdogan joue, à son habitude le rôle de vecteur  principal. Il y a aussi le nord de la Syrie où l'armée turque a intensifié son action de façon sensible et ce au mépris royal de ses accords passés avec la Russie.

Toute cette semaine le ciel du nord syrien et là on revient à la récente mesure décrétée par Ankara a été le théâtre des raids aux drones turcs.  Comme si les Bayraktar cherchaient à rattraper en Syrie l'humiliant échec subi en Ukraine dont le président vient de dire ceci : "Avec tous mes respects pour la Turquie, les BayraktaR ont lamentablement échoué".   

Zelensky a-t-il piqué le défaut de la cuirasse de la Turquie? Sans doute sinon comment comprendre les raids aux drones turcs qui ne cesse depuis une semaine dans le nord de la Syrie.

Tôt le 24 avril, un drone de combat turc a ciblé une position de l'armée syrienne dans la campagne nord-est d'Alep, sous prétexte d'avoir à frapper les Kurdes.  La position en question est située dans le village frontalier de Zur Mughar, à l'ouest de la ville de Kobane. L'attaque du drone n'a fait aucune victime mais elle a détruit un char de combat syrien. En effet, les forces syriennes ont établi un réseau de positions dans les zones contrôlées par les kurdes dans le nord-est de la Syrie à la suite de l'invasion turque de 2019. La police militaire russe y a également commencé à opérer dans ces zones pour surveiller un accord de désescalade russo-turc. Rappelons qu'il s'agissait de la quatrième frappe de drones turcs visant le nord-est de la Syrie en moins d'une semaine. 

Mais à quoi s'expose Erdogan par ce genre de provocation? 

D'ors et déjà les analystes relèvent une montée en puissance des frappes aériennes russes dans le Grand Idlib. Le 23 avril, une nouvelle vague de frappes aériennes russes a frappé la région nord-ouest de la Syrie du Grand Idlib, qui est contrôlée par Hay'at Tahrir al-Sham (HTS), affilié à Al-Qaïda. Les frappes aériennes visaient les positions des militants à la périphérie de la ville de Kabani, dans la campagne du nord de Lattaquié. 

La ville montagneuse est un bastion tristement célèbre de HTS et de plusieurs autres groupes terroristes, comme le Parti islamique du Turkestan et Ajnad al-Kavkaz. Il s'agissait de la cinquième vague de frappes aériennes russes visant des positions de HTS et de ses alliés dans le Grand Idlib depuis début avril.

La précédente vague de frappes aériennes, qui a eu lieu le matin du 22 avril , visait les positions des militants à la périphérie de la ville de Ruweiha dans la campagne sud d'Idlib et près de la ville d'al-Enkawi dans la campagne nord-ouest de Hama. Tard dans la même journée, des avions de combat russes ont effectué une série de "simulacres de frappes aériennes" avec des bombes éclair au-dessus des villes d'al-Bara et Maraat Misrin dans la campagne sud d'Idlib, al-Fou'ah dans la campagne orientale d'Idlib, al- Dana et Atimah dans la campagne nord d'Idlib et Darat Izza dans la campagne ouest d'Alep. Les fausses frappes aériennes étaient apparemment un avertissement pour HTS et ses alliés.

Ce dimanche les chasseurs russes se sont mis aussi à tirer des missiles air-air comme pour s'exercer aux combats aériens à venir non pas seulement contre des Bayraktar mais aussi contre tout éventuel avion otanien qui croyant pouvoir mettre à profit la fermeture du ciel turc sur la Russie serait tenté de s'y aventurer. 

Bref, le gouvernement d'Erdogan marche sur les œufs auprès des Russes qui commencent à en avoir assez. Ankara a vendu des drones à l'Ukraine et plus personne ne croit à leur amitié pour Moscou. D'autant que la Turquie est membre de l'OTAN, et les États-Unis et leurs alliés auprès de cette instance s'attendaient à ce qu'elle se tienne du côté du front de l’Occident. ce  point la Russie en est bien consciente et inquiète surtout qu'Ankara ne reconnaît toujours pas le rattachement de la Crimée à la Russie et soutient fermement les Tatars. Bref le Sultan commence à pousser les bouchons trop loin en fermant le ciel turc à la Russie qui, on s'en souvient, a testé ses premiers Kinzhal pas loin des côtes turques et partant pas trop loin d'Incirlik en Méditerranée. 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV