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«Le Hezbollah a perdu ses drones»

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Seyyed Hassan Nasrallah, lors d'un discours télévisé le 1er mars 2022. ©Al-Manar via Al-Alam

Curieuse coïncidence : en ce mardi où le secrétaire général du Hezbollah a très clairement pris part contre les USA et l’OTAN dans le dossier ukrainien, non sans dénoncer la guerre et alors même que les milieux militaires israéliens sont convaincus que l’incursion de Hassan est un prélude à l’instauration d’une nouvelle équation aérienne nettement en défaveur d’Israël, les sources sionistes affirment avoir détruit lors d’une opération commando un « entrepôt de drones du Hezbollah ». Un peu limite comme coup de bluff dans la mesure où ce sont ces mêmes sources israéliennes qui ont affirmé il y a peu que le Hezbollah détient 2000 drones et que, n’en déplaise à Israël, il est peu probable qu’une seule opération commando suffise à en détruire autant. Que dit l’info ?

Certaines sources ont rapporté lundi 28 février que l’ennemi sioniste avait réussi à infiltrer dans un entrepôt de drones et le détruire par une opération commando. Et voici que le mouvement de résistance libanais, Hezbollah, cité par la chaîne Al-Manar, dément catégoriquement cette actualité.

Dans la foulée, le site d’information AsasMedia a prétendu lundi qu’une « guerre secrète sur le plan de sécurité » avait éclaté entre le Hezbollah et le régime sioniste, et d’ajouter que la prétendue opération commando israélienne s’inscrivait dans ce cadre.

Se référant à « certaines sources », le site Web a prétendu que le Hezbollah disposait d’informations précises permettant de conclure que les Israéliens se préparaient à des opérations dans différentes régions libanaises et syriennes, opérations qui visent -prétend le site Web en question- à détruire les fabriques de drones et les ateliers dans lesquels les techniciens du Hezbollah transforment des missiles à longue portée en missiles à haute précision.

À en croire ces sources, le Hezbollah a, pour sa part, augmenté les vols de drones dans le ciel israélien et intensifié ses activités en termes de sécurité, dans le cadre des opérations de collecte d’informations sur les agissements de l’armée et du Mossad israéliens.

Le démenti du Hezbollah est d’autant plus fondé qu’il y a quelques heures, l’ancien commandant de la défense antiaérienne du régime israélien, le général Tzvika Haimovich, disait qu’une future guerre avec le Hezbollah exposerait l’entité à une large menace aérienne... Mais pourquoi ce mensonge [à propos des entrepôts de drones du Hezbollah] ? Ou de quoi a peur Israël ? Le discours de ce mardi de Nasrallah où il a littéralement attaqué les USA pour avoir provoqué la guerre contre la Russie fait peur. Israël a peur d’une alliance Hezbollah-Russie qui lui soit fatale au Golan.

Lors d’un discours le mardi 1er mars à l’occasion du jour anniversaire de la mort en martyrs de l’un des cofondateurs du Hezbollah, Seyyed Hassan Nasrallah, a fait allusion aux affrontements ayant lieu entre l’Ukraine et la Russie dans lesquels certains voient les signes précurseurs d’une troisième guerre mondiale.

« Les conséquences de la crise Russie-Ukraine sont dangereuses pour le monde ; toute sorte de scénarios seraient envisageables », a affirmé le secrétaire général du Hezbollah, qui a appelé à tirer les leçons de ce qui se passe en Ukraine.

« Avec le déclenchement des opérations russes en Ukraine, certains les ont approuvées, certains les ont condamnés et d’autres ont exprimé une impartialité. Ce qui compte dans toute cette histoire est qu’il faut suivre cet événement d’importance mondiale et tirer les leçons de chaque jour, voire chaque heure de ces évolutions. Il y a une crainte que les choses prennent une ampleur au-delà d’un simple conflit russo-ukrainien. Ce qui est en train de se produire aujourd’hui offre sans nul doute d’importantes leçons qui méritent d’être mises en relief à l’échelle régionale. »

Nasrallah a également dénoncé l’approche dite deux poids, deux mesures des puissances mondiales envers les évolutions qui se produisent dans divers pays du monde.

« Du recours aux sanctions, au verrouillage du ciel et des ports russes, passant par le transfert d’armes en Ukraine et le recrutement de volontaires sous couvert d’une soi-disant Résistance ukrainienne, les pays occidentaux ont tout essayé contre la Russie… Et vous vous souvenez de leur attitude lorsque l’Amérique a attaqué l’Afghanistan…, où à l’époque de la guerre américaine contre l’Irak… Que s’est-il passé ? Quelle était leur réaction, en gros, envers toutes ces guerres qu’ont déclenchées les Américains ? Quelle était leur attitude envers le régime sioniste, la guerre de Gaza, le blocus imposé à Gaza, ou la poursuite de la guerre au Yémen qui a provoqué tant de ruines, causant un si grand massacre de civils ? Une simple comparaison entre les prises de positions des Occidentaux à l’heure qu’il est, et celles dont ils ont fait preuve auparavant envers tous les conflits déclenchés par les États-Unis, trahissent leurs critères ambivalents. »

Nasrallah a déploré du fait que la communauté internationale ne respecte de nos jours que les « puissances », en gardant sol silence de marbre envers les crimes commis par les Américains.

D’après le secrétaire général du Hezbollah, l’Amérique est responsable de ce qui est en train de se produire en Ukraine, « parce qu’elle a incité au conflit, l’a attisé ; parce qu’elle n’a rien fait pour aider à un règlement diplomatique de la crise ni pour arrêter la guerre. Tout au contraire, l’Amérique a poussé la donne vers l’éclatement de la guerre, quitte à en faire payer le coût les peuples russe et ukrainien ! C’est comme si l’Amérique manigance une victoire, quitte à exposer le monde entier [à de sérieuses menaces] ».

Hassan Nasrallah a également fait allusion aux déclarations du mardi 1er mars du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Ali Khamenei, au sujet des évolutions en Ukraine, déclarations qu’il a d’ailleurs confirmées, en réitérant que « Washington a tout fait pour conduire le déroulement des choses vers la situation dont on est témoin aujourd’hui, et il sera prêt à tout essayer encore, pour compliquer davantage la donne. Toujours est-il que ceux qui ont mis de l’espoir dans les politiques des Américains, ceux qui leur font confiance, ont une grande leçon à tirer de ce est en train de se produire aujourd’hui ».

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SOURCE: FRENCH PRESS TV