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Les sanctions US se retournent contre les États-Unis

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Power of Siberia, le premier gazoduc reliant la Russie à la Chine. ©Gasprom

Depuis l’annexion de la Crimée en mars 2014, la Russie a fait l’objet de plusieurs vagues de sanctions dont la dernière répond à l’entrée des troupes et des véhicules blindés russes en Ukraine. Les sanctions européennes et américaines visent à isoler la Russie sur la scène internationale, à affaiblir le système de pouvoir du président Poutine et à porter atteinte aux sources de revenus de l’État en ciblant le secteur énergétique, le secteur bancaire et financier et l’industrie de la défense. Les sanctions occidentales ont d’ores et déjà des effets destructeurs sur l’économie russe. Sont-elles pour autant dissuasives ? On observe, à cet égard, des signes contradictoires, donnant de prime abord l’impression d’une politique erronée.

Les États-Unis, l'Union européenne et certains autres pays occidentaux ont imposé une série de sanctions contre l'économie et les institutions financières russes depuis le début de l'opération militaire russe en Ukraine.

La déconnexion des banques russes de Swift et l'embargo des Etats-Unis et du Royaume-Uni sur leurs importations de pétrole et de gaz russes comptent parmi les sanctions les plus sévères jamais prises contre la Russie.

Selon des experts politiques, l'embargo contre la Russie pourrait affecter également la puissance économique américaine et le système financier centré sur l'Occident entraînant ainsi l'effondrement du régime de sanction occidental.

Les sanctions contre la Russie ont une longue histoire. À la fin des années 1970 et dans les années 1980, les États-Unis ont imposé deux importants ensembles de sanctions contre l'Union soviétique visant à cliver le commerce occidental et oriental.

Les sanctions multilatérales contre la Russie à l'époque du président Jimmy Carter se sont avérées si stériles que son rival, Ronald Reagan, les a critiquées lors de sa campagne électorale. Ce dernier a, pour sa part, fait de son mieux pour introduire des sanctions contre un projet de gazoduc soviéto-européen se heurtant à une forte opposition des alliés européens. Il est à noter que les deux ensembles de sanctions ont échoué.

Depuis lors, et en particulier dans les années 1990, le levier des sanctions étant au cœur de la politique américaine est devenu l'un des outils de coercition et de contrôle les plus puissants contre les nations les plus faibles. Mais un grand nombre de chercheurs et de responsables ont averti qu'un recours excessif aux sanctions conduirait à long terme à leur inefficacité. Les économies mondiales pourraient alors chercher à remplacer le système commercial influencé fortement par les États-Unis par un autre système pour faciliter leurs échanges financiers.

Compte tenu de l’ampleur des échanges commerciaux de la Russie, l’exclusion de certaines banques russes de la messagerie interbancaire Swift remettrait en cause l’efficacité de la politique de sanction étant au centre de la politique étrangère américaine.

Il est à noter que l'élimination du dollar des échanges commerciaux et le remplacement de la monnaie américaine par les monnaies nationales ainsi que l’utilisation des messageries interbancaires autres que Swift pourraient paralyser effectivement la politique de pression américaine contre les autres pays.

Les sanctions contre la Russie sont fortes mais depuis 2014, l’économie russe a aussi essayé de s’adapter. Le pays possède un gazoduc à destination de la Chine, un système parallèle au système Swift. Les deux pays sont aussi intéressés par l'utilisation des monnaies numériques.

Dans un contexte où les États-Unis voient dans la rivalité des puissances mondiales un danger majeur menaçant leur survie économique, il est probable qu'à l'avenir ils aient vainement plus que jamais recours aux sanctions contre la Chine et la Russie.

Il est possible que la présence continue du dollar dans les transactions financières puisse ralentir l’effondrement du système de sanction, mais certains signaux indiquent que le dollar est sérieusement vulnérable.  

Selon le Fonds Monétaire International, la part du dollar dans les réserves de change mondiales a atteint 59 %, le niveau le plus bas en 25 ans. C'est pourquoi certains analystes pensent que le changement de la monnaie de réserve mondiale pourrait rapidement avoir lieu, affaiblissant à la fois l'économie américaine et la politique de sanction.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV