La République islamique d’Iran a rejeté les demandes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant la reprise des inspections de routine, affirmant qu’attendre une mise en œuvre normale des garanties dans un contexte d’agression continue est « irrationnel » et « matériellement irréalisable ».
Dans un communiqué détaillé transmis mercredi aux États membres de l’AIEA, le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies et des organisations internationales à Genève a rejeté les récentes demandes de son directeur général, Rafael Grossi, en faveur d’un nouvel accès aux sites nucléaires iraniens, estimant que l’AIEA fait abstraction de la réalité d’une zone de guerre active.
« Il est irrationnel que l’Agence s’attende à pouvoir mettre en œuvre normalement les garanties alors qu’elle connaît la situation désastreuse créée par les menaces et les agressions continues contre l’Iran », lit-on dans le document, dans lequel il est rappelé que l’AIEA elle-même a reconnu la dangerosité de la situation, puisqu’elle a retiré tous ses inspecteurs d’Iran à la fin du mois de juin 2025 pour des « raisons de sécurité ».
En outre, le document relève que l’Agence a divulgué inutilement des « informations hautement confidentielles concernant la nature et la localisation des stocks nucléaires iraniens », sans avoir obtenu au préalable l’autorisation de Téhéran. De telles divulgations, a-t-il poursuivi, exposent les installations à de graves risques, d’autant plus que « les ennemis irréductibles de l’Iran recherchent avidement » de telles cibles.
Selon le représentant permanent de la RII, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a été instrumentalisé par les États-Unis et certains États européens afin d’adopter des résolutions politiquement motivées.
Il impute l’échec de l’ancien « accord du Caire » à l’attitude conflictuelle de la troïka européenne — l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni — qui a finalement abouti à l’adoption d’une résolution politiquement biaisée par le Conseil des gouverneurs.
Téhéran dénonce le deux poids, deux mesures flagrant de l’AIEA, soulignant qu’aucun autre pays n’a été soumis à des inspections aussi prolongées tout en étant privé, dans le même temps, de ses droits inaliénables et confronté à des agressions criminelles, notamment des frappes militaires contre ses installations nucléaires pacifiques.
Malgré plusieurs demandes officielles, a ajouté le texte, ni le directeur général ni le Conseil des gouverneurs n’ont pris de mesures pour condamner les attaques illégales contre les sites nucléaires iraniens.
Si la situation de guerre prend fin, les conditions seront réunies pour permettre à l’Agence de reprendre ses inspections au titre des accords de garanties, a conclu le représentant permanent de la RII auprès des organisations internationales.
Les puissances occidentales, sous la conduite des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne, poussent à l’adoption d’un projet de résolution visant à saisir le Conseil de sécurité de l’ONU du dossier iranien, en raison d’un prétendu non-respect par Téhéran de ses obligations en matière de déclaration nucléaire.
Moscou et Pékin s’associent à Téhéran contre le projet de résolution de l’AIEA
La Russie et la Chine se sont jointes à l’Iran pour rejeter un projet de résolution du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) visant à saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies du dossier nucléaire iranien, au motif que Téhéran ne respecterait pas les règles de l’Agence.
Dans un communiqué conjoint, publié ce mercredi par le ministère iranien des Affaires étrangères, ces derniers ont vivement dénoncé le projet de résolution présenté par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, le qualifiant de « dépourvu de fondement juridique » et « contraire à leur prétendu engagement en faveur de la diplomatie ».
Le déclenchement du mécanisme de retour automatique des sanctions, également connu sous le nom de « snapback », prévu par l’accord nucléaire conclu en 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales, est dépourvu de fondement juridique, ont souligné les trois pays, affirmant qu’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée il y a plus de dix ans et ayant entériné le PGAC, avait pris fin le 18 octobre 2025.
« Le nouveau projet de résolution constitue une nouvelle tentative de ses coauteurs pour exercer une pression supplémentaire sur l’Iran et compromettre la coopération entre l’Iran et l’Agence », lit-on dans ce communiqué.
L’Iran, la Chine et la Russie ont également réaffirmé que Téhéran a maintenu un niveau satisfaisant de coopération avec l’AIEA malgré la guerre d’agression menée par les États-Unis, laquelle a créé des « conditions extraordinaires » dans le pays.
Tout en soulignant que la poursuite des attaques américaines contre l’Iran a rendu « impossibles » les inspections efficaces de l’AIEA sur les sites nucléaires iraniens, les trois pays ont ajouté que Téhéran a constamment démontré sa volonté de maintenir une coopération constructive et un dialogue de bonne foi avec l’Agence.
D’après ce texte, le projet de résolution ne fait même pas explicitement référence aux attaques, qui se trouvent à l’origine de la situation actuelle.
Le seul moyen de régler les différends concernant le programme nucléaire iranien consiste à mettre fin aux attaques et aux menaces visant le pays et à traiter cette question par le dialogue et la diplomatie, ont-ils conclu.