Les États-Unis ne disposent pas des capacités nécessaires pour maintenir une présence militaire durable en Asie de l’Ouest, a déclaré le porte-parole du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI). Les navires de guerre américains ont été contraints de se retirer à 400 kilomètres du détroit d’Ormuz en raison de pertes logistiques majeures et d’une érosion du moral des troupes.
Le général de brigade Hossein Mohebbi a déclaré aux journalistes ce mercredi que l’armée américaine était confrontée à une usure insoutenable de ses ressources humaines et matérielles, rendant sa position actuelle dans la région intenable.
« Le maintien d’une telle posture est difficilement tenable à long terme pour les États-Unis, ces derniers s’exposant à une vulnérabilité accrue, tant sur le plan du moral de leurs troupes que de l’intégrité de leur flotte et de leurs équipements militaires », a déclaré le général iranien.
Les déploiements navals nécessitent des efforts logistiques considérables et les coûts financiers et opérationnels deviennent insupportables pour Washington face à la dissuasion asymétrique de l’Iran.
Soulignant le changement dans l’équilibre des forces navales, le général Mohebbi a indiqué que la marine américaine avait été de fait chassée du golfe Persique.
« Avant la guerre du Ramadan, environ 30 à 40 navires de guerre et bâtiments de la marine américaine étaient présents dans le golfe Persique, mais aujourd’hui, il n’en reste plus un seul dans toute la zone », a-t-il déclaré.
« Les navires de guerre américains se sont éloignés d’au moins 400 kilomètres du détroit d’Ormuz », a-t-il ajouté.
Afin de mieux illustrer la capacité de projection de puissance de l’Iran, bien au-delà de son espace maritime immédiat, le porte-parole du CGRI a affirmé que les nouveaux systèmes de missiles iraniens permettent d’atteindre des cibles stratégiques à longue portée. « Il y a quelques jours, nous avons ciblé un porte-avions situé à environ 500 kilomètres de distance. »
Il a également évoqué la récente interception et saisie d’un drone sous-marin américain de pointe à l’entrée du détroit. Une opération qui témoigne, a-t-il souligné de la maîtrise opérationnelle et de la supériorité stratégique de l’Iran dans la région.
« Le détroit d’Ormuz est un levier de puissance majeur », a-t-il déclaré, ajoutant que Téhéran tirera parti de cet avantage géographique pour prévenir toute agression et dissuader ses adversaires de toute velléité d’incursion.
Une zone de sanctions maritimes sera annoncée
Le général Mohebbi a fait part de l’établissement imminent d’une zone de sanctions maritimes élargie qui s’étend bien au-delà des limites du détroit d’Ormuz.
Citant des déclarations antérieures de Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien (CSSN), le général Mohebbi a déclaré que le nouveau périmètre de sécurité débuterait près du port de Chabahar, au sud-est du pays, et engloberait de vastes zones de la mer d’Oman et de la mer d’Arabie, couvrant les principales routes maritimes menant au détroit d’Ormuz.
La voie navigable stratégique elle-même demeure la zone principale d’interception militaire directe et de blocus physiques, et le périmètre nouvellement désigné servira de limite réglementaire plus large.
« Auparavant, si un navire ennemi, voire un navire commercial, avait l’intention d’entrer ou de sortir sans coordination, nous considérions le détroit d’Ormuz comme la principale zone de confrontation. Mais maintenant, la zone concernée est beaucoup plus vaste », a-t-il expliqué.
Le responsable militaire iranien a détaillé les mécanismes de cette nouvelle liste noire maritime. « Si un navire pénètre dans cette [nouvelle] zone sans coordination, il sera soumis à nos mesures de sanctions. Cela signifie que si ce navire tente ultérieurement d’emprunter le détroit d’Ormuz, le passage lui sera refusé. De plus, nous refuserons de lui fournir des services portuaires, une assurance et tout autre soutien logistique nécessaire », a-t-il poursuivi.
Les coordonnées exactes de la nouvelle zone de sanctions seront publiées officiellement dans les prochains jours, a déclaré le général Mohebbi.