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Israël continue d'utiliser des groupes armés liés à Daech comme « bras opérationnel » à Gaza (Rapport)

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Des groupes armés soutenus par Israël se déploient à travers Gaza tandis que des milices liées à Daech opèrent sous contrôle militaire israélien. (Archives)

Depuis octobre 2025 et la mise en place d’un cessez-le-feu que le régime israélien ne cesse de violer, des mercenaires ont vu le jour dans l’enclave palestinienne et n’ont pas disparu. Bien au contraire, comme le révèle une enquête du journal israélien Haaretz.

Le régime de Tel-Aviv continue en effet d’apporter un soutien financier et militaire à des bandes criminelles, à des trafiquants de drogue et à d’autres mercenaires à Gaza afin qu’ils commettent des crimes de guerre dans la bande assiégée au nom de l’armée israélienne.

Cinq groupes armés opèrent actuellement sous le contrôle militaire israélien à Gaza, dans les localités de Beit Hanoun, Shujaiyeh, Deir al-Balah, Khan Younès et Rafah, indique le journal, précisant que ces groupes fonctionnent comme un « bras opérationnel » de l’armée israélienne et du Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien, dans la bande de Gaza.

Le journal, citant de hauts responsables militaires israéliens, indique également que les figures clés de ces groupes ne sont ni des chefs politiques ni des alternatives crédibles au mouvement de résistance palestinien Hamas, mais plutôt d’anciens chefs de gangs et trafiquants de drogue ayant profité du chaos à Gaza.

Un officier de l’armée de l’air israélienne, cité par Haaretz, qui a suivi ces gangs armés par drone aux côtés d’un agent du Shin Bet, a déclaré : « Vous voyez Israël, l’armée israélienne et le Shin Bet envoyer des milices armées et entraînées commettre des crimes de guerre, et c’est moi qui dois les protéger pendant les attaques pour qu’ils ne soient pas blessés. »

L’enquête, basée sur le témoignage de cet officier israélien et sur des données de l’ONU, a révélé que ces groupes armés ont ouvert le feu sur des civils, pillé et incendié des maisons et déplacé de force des familles de leurs abris.

Selon l’enquête, ce plan crée les conditions propices à des massacres rappelant celui de Sabra et Chatila, au cours duquel des milices soutenues par Israël ont massacré jusqu’à 3 500 civils palestiniens et libanais dans les deux camps de réfugiés de Beyrouth, en 1982.

Les forces israéliennes ont bouclé la zone et assisté au déroulement des massacres, tirant des fusées éclairantes afin d’aider les miliciens à repérer leurs cibles. Des sources à Gaza ont confirmé que l’armée israélienne avait fourni aux milices une couverture d’artillerie et de drones lors de leurs attaques.

Ces groupes armés utilisent les indicatifs d’appel de l’armée israélienne, figurent sur ses cartes de briefing, sont répertoriés dans les systèmes de commandement et disposent de bases à proximité des avant-postes israéliens.

Cette tactique repose notamment sur le soutien apporté par Israël à Yasser Abu Shabab, chef d’un groupe lié à Daech, aujourd’hui décédé, qui était connu pour avoir participé au pillage de l’aide humanitaire et au ciblage de civils palestiniens.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait précédemment reconnu que le gang d’Abu Shabab était armé par Israël.

Une source palestinienne avait déclaré à Kan News en novembre dernier que des associés d’Abu Shabab avaient même participé à des réunions avec de hauts responsables américains.

Durant le génocide, Abu Shabab avait émergé comme le chef des soi-disant Forces populaires, pillant l’aide humanitaire et tuant ou kidnappant des civils palestiniens et des combattants du Hamas, tout en collaborant avec les troupes israéliennes. Il aurait été armé et aurait bénéficié d’une liberté d’action sous la protection militaire israélienne.

Les hommes d’Abu Shabab ont fait l’objet d’une condamnation généralisée de la part des factions palestiniennes, qui ont qualifié le groupe de « traître » et l’ont lié à la fois à Israël et à Daech.

Un rapport interne de l’ONU datant de 2024 avait identifié ce groupe comme un acteur clé du « pillage systématique et massif » des convois d’aide humanitaire à Gaza.

Les affrontements entre ces milices et le Hamas n’ont pas cessé ces derniers mois, au prix de heurts parfois violents. Mais ces groupes, dont certains participent à des opérations avec l’armée israélienne, ne s’en prennent pas qu’aux combattants du Hamas. D’après différents témoignages, certains d’entre eux se livrent à des pillages et des incendies d’habitation.

Selon le ministère palestinien de la Santé à Gaza, plus de 73 417 Palestiniens ont été tués et plus de 174 360 autres blessés depuis le début du génocide perpétré par Israël dans la bande de Gaza.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV