L’ancien commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) affirme que l’Iran ne négociera pas avec les États-Unis tant que Washington n’aura pas rempli les conditions préalables fixées par Téhéran.
Dans un entretien accordé à l’agence de presse Tasnim et publié jeudi 14 mai, le général de division Mohammad Ali Jaafari a déclaré que l’ennemi avait renié ses promesses à plusieurs reprises et mené deux attaques militaires en pleins pourparlers, ce qui a engendré la méfiance de l’Iran.
« Le comportement de l’ennemi nous a contraints à un changement stratégique fondamental et à une modification de notre stratégie de négociation et d’engagement. Ce changement stratégique signifie que, cette fois-ci, nous posons des conditions préalables aux négociations ; autrement dit, l’ennemi doit entreprendre une série de mesures de confiance », a-t-il ajouté.
« Certaines mesures pourraient prendre la forme de conditions préalables ; l’ennemi devrait alors fournir des engagements écrits, les signer et garantir que certaines actions ne se reproduiront pas, comme [pour ce qui concerne] la fin de la guerre et l’abandon des menaces militaires. Une autre partie [des mesures de confiance] doit être mise en œuvre concrètement, comme le déblocage des fonds iraniens. »
Toujours d’après Jaafari, l’Iran estime qu’il est indispensable, dans un premier temps, de mettre en place des mesures de confiance, avant d’entamer des négociations sur la question nucléaire.
Il a par ailleurs souligné que la République islamique d’Iran ne mène actuellement aucune négociation directe avec l’ennemi, mais échange des messages par l’intermédiaire d’un pays tiers, comme le Pakistan, afin de présenter ses conditions préalables et d’obtenir des engagements de la part de l’ennemi.
« Les États-Unis n’ont d’autre choix que d’accepter les demandes légitimes de l’Iran ou de poursuivre la guerre », a affirmé l’ancien commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique.
Il a également averti que l’Iran infligerait des coups plus durs et plus puissants à l’ennemi si ce dernier reprenait les hostilités.
« Bien sûr, la guerre a aussi un coût pour nous, mais il ne fait aucun doute que le coût et les dommages que la poursuite du conflit engendre pour l’ennemi et ses alliés régionaux sont bien plus importants que pour nous », a souligné le général Jaafari.
L’agression injustifiée des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a débuté le 28 février par des frappes aériennes qui ont entraîné le martyre de hauts responsables et commandants iraniens.
Les États riverains du golfe Persique ont permis aux régimes agresseurs d’utiliser leur territoire et leur espace aérien pour lancer des attaques contre l’Iran.
Les forces armées iraniennes ont lancé une centaine de frappes de représailles réussies contre des cibles américaines et israéliennes sensibles et stratégiques dans toute la région.
Le 8 avril, quarante jours après le début du conflit, un cessez-le-feu temporaire négocié par Islamabad est entré en vigueur. Cependant, le premier cycle de négociations entre Téhéran et Washington n’a pas abouti à un accord.
Les États-Unis ont unilatéralement prolongé la trêve après son expiration, mais ont imposé un blocus naval inhumain à l’Iran.
Téhéran s’est abstenu de s’engager dans un deuxième cycle de négociations, les autorités citant les exigences excessives de Washington et la piraterie contre les navires iraniens comme deux obstacles majeurs à la fin de la guerre.