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Un corridor "maritime" Iran-Hezbollah pour "réarmer" le Levant contre Israël?

Première frappe aux missiles balistiques d'Ansarallah contre Mocha, le 11 septembre. La photo met en scène les deux missiles battus sur une base Israël/Emirat dans ce port stratégique yéménite (Capture d'écran)

Une coupure d’électricité générale en Syrie ce samedi à la suite d’une attaque terroriste contre la station de gaz de Deir Ali au sud de Damas, précédé de quelques heures d’une explosion-incendie dans la station Al-Maraj à la Bekaa, dans le sud du Liban qui a fait partir en fumée quelques réservoirs fraîchement alimentés en pétrole iranien et tout ceci sur fond de « nouvelles sanctions décidées par le Trésor américain ce jeu contre 13 personnes et 8 sociétés pour « cause de lien avec la Force Qods et le Hezbollah », avouons qu’en termes de « riposte proportionnée » à ce séisme « énergétique » que l’axe Syrie-Iran-Hezbollah vient de déclencher sur le dos de l’axe US-Israël en pleine Méditerranée orientale, avec en filigrane la perspective d’une Égypte gazière à faire rallier à ce jeu, plus une Russie dont le président a envoyé précipitamment ce 17 septembre à Beyrouth son émissaire Riabkov évoquer gaz, Syrie et coopérations accrues avec le président libanais Michel Aoun, le compte n’y est pas ! Vendredi une source israélienne haut placée, aurait lancé sous couvert d’anonymat à Times of Israel que « si Tel-Aviv s’était bien gardé de s’en prendre aux tankers iraniens chargés de fioul à Baniyas, c’était d’abord par « égard pour des Libanais qui souffrent de terribles conditions humanitaires » et puis « pour éviter des tensions inutiles ». « Tensions inutiles » ?!

Un corridor maritime anti sanction qui relierait "régulièrement" l’Iran à Beyrouth par ports syriens interposés, cela ne veut dire seulement du fioul ou de l’essence à faire parvenir au Liban pour briser en mille morceau à la fois la Loi César, le blocus bancaire, ou booster la reprise des liens tous azimuts Syrie-Liban après 15 ans de complots US-Israël, ou encore sceller la fin du dollar comme monnaie d’échange au Levant, et faciliter l’apparition des premières sociétés pétrolières iraniennes dans le secteur gazier du Liban alors même que ce même secteur, et le fameux bloc 9 offshore auraient dû, suivant le plan US, servir tôt ou tard à la normalisation des liens Tel-Aviv-Beyrouth, et partant le désarmement du Hezbollah.. 

Vidéo: Consécutivement aux pétroliers iraniens, un pétrolier irakien a accosté aussi à Baniyas pour décharger du pétrole en partance pour le Liban/twitter

Mais elle veut dire surtout une voie « potentielle » maritime de transit d’armes et de munitions Iran-Hezbollah, parfaitement inaccessible aux frappes de l’armée de l’air israélienne, qui se targuait il y a encore peu d’avoir à son actif quelque 10 000 frappes aériennes contre les « sites Iran-Hezbollah » en Syrie, et ce, dans le cadre de sa « campagne de guerre dans la guerre » mais qui, par un royal retournement de tendance que plus d’un analyste mettrait sur le compte de cette équation de force Missile plus fort Avion de combat, s’est illustrée dans sa toute dernière partie, à savoir entre fin juillet et début septembre 2021, par quatre échecs de taille qui ont fait que la DCA syrienne a intercepté et détruit plus de 90% des missiles Air Sol « furtif » israéliens tirés contre Alep, Qalamoun, Quenitra et Damas et que ces mêmes missiles intercepteurs en ont été de surcroît à percer la DCA israélienne à deux reprise le 20 août et le 1er septembre pour s’abattre à Gush Dan à Tel-Aviv.

DEBKA, site proche du renseignement israélien, en est désormais à en voir de similaires spectacles à Gaza où le 13 septembre, l’une des ripostes à un raid aérien d’Israël eu lieu non pas après le raid mais pendant, ce « qui signifie que Gaza a des missiles intercepteurs, des radars qui verrouille sur les F-16 israéliens » et partant la capacité à abattre les chasseurs israéliens.

Ce n’est donc pas sans raison si cette « source militaire haut placée israélienne » précitée qui pourrait être, après tout, le ministre Gantz, lui-même, homme par qui est venu la semaine dernière « une révélation » au sujet d’une supposée base iranienne à Kashan au centre où les Iraniens apprendraient « aux Palestiniens non seulement comment piloter des drones « précis » et « mortels » d’une portée de plusieurs milliers de kilomètres mais aussi comment en fabriquer, rejette implicitement l’idée de  bombarder les convois de camions citernes syriens bourrés du pétrole iranien en partance en ce moment même depuis Homs pour la Bekaa, n’y voyant qu’un déclic pour créer des « tensions inutiles ».

Ceci étant, le spectre des « supertankers iraniens » qui cacheraient dans leurs cargaisons de pétrole « des missiles tactiques » ou pire de ces « drones kamikaze ou de combats mortels et précis », atteignant les rivages de Beyrouth, n’est pas chose à quitter si facilement l’esprit terrifié et débordé d’un Israël qui en 2020 et à la faveur de la normalisation, se voyait en superpuissance mais qui est désormais amené à avaler des couleuvres. Et si l’axe US-Israël largement ligoté dans toute tentative de riposte anti Résistance en Méditerranée orientale puisque c’est là que les plates-formes gazières israéliennes se trouvent et que tout acte anti Résistance se traduirait automatiquement des missiles tactiques frappant Léviathan et Haïfa, se mettait à se défouler en mer Rouge ?

Disons que la tentation existe : Vendredi, un ex responsable militaire, le vice-amiral Eli Sharvit, a été largement relayé par la presse sioniste pour dire que « la marine israélienne a intensifié ses activités en mer Rouge de manière « exponentielle » face aux menaces iraniennes croissantes contre les navires israéliens » : « Nous y opérons en permanence avec des navires principaux, c’est-à-dire des frégates porte-missiles et des sous-marins. Ce qui, dans le passé, se faisait pendant des périodes relativement courtes, se fait désormais en continu. S’il y a une attaque contre les voies de navigation israéliennes ou la liberté de navigation israélienne, Israël devrait répondre ».

Vidéo: le second convoi de camions-citernes syriens est arrivé ce 18 septembre à la Bekaa/twitter 

Ces propos ont presque coïncidé avec cette autre information citée par les journaux saoudiens « Les troupes israéliennes seraient basées sur l'île de Socotra au sud du Yémen dans l'océan Arabique, opérant en collaboration avec les contingents américains et des Émirats arabes unis de la mer Rouge. Israël maintiendrait également des unités de l'armée de l'air sur l'île de Mayun au Yémen, une petite île volcanique qui surplombe le détroit de Bab el-Mandeb. En raison de sa valeur stratégique, des unités aériennes d'Abou Dhabi y ont été déployées l'année dernière. l'île Hanish située à mi-chemin entre les côtes saoudiennes et érythréennes, a également une présence militaire israélienne. »

Mais cette présence pourrait-elle aller au-delà des mots et barrer la route à ce corridor Iran-Syrie-Hezbollah ? Rien n’est moins sûr. La semaine dernière et alors même que le second pétrolier iranien traversait la mer Rouge en direction de la Méditerranée, le port stratégique de Mocha au sud du Yémen où les Émiratis détiennent une base, là encore à mettre bientôt à la disposition d’Israël, a été pris pour cible de deux missiles Zofaghar et des drones Samad-3.

Vidéo: la première frappe balistique d'Ansarallah contre une base Israël/Emirat à Mocha, le 11 septembre/twitter 

Les images de deux engins balistiques s’abattant sur la base émiratie sont impressionnantes. Même le président égyptien qui rencontrait après 10 ans un Premier ministre sioniste, Bennett en l’occurrence, a compris qu’en mer Rouge tout comme en Méditerranée l’axe US-Israël ne peut mille fois rien. Alors que Bennett attendait que Sissi l’accueille à titre de membre du « Forum des nations de la mer Rouge » créé en 2020 par l'Égypte et l'Arabie saoudite avec la présence du Soudan, de Djibouti, de l'Érythrée, du Yémen et de la Jordanie, l’Égyptien a totalement ignoré le sujet faisant comprendre à Israël que « The game’s over ».

Après tout, pourquoi le Caire devrait jeter la proie pour l'ombre?  un partenariat gazier avec la Résistance vaut mille fois que les accords de pacotilles des Camps David. D'ailleurs à l'occasion de cette rencontre, Sissi, selon la presse sioniste, n'a envoyer le Sioniste balader, quand il lui a demandé de fermer Rafah... Qui sait l'Egypte penserait peut- être à enrichir sa coopération énergétique future avec la Résistance d'une dimension militaire : L'armée égyptienne n'a meme pas demandé le feu vert d'Israël au déploiement de troupes au SinaI, où l'armée égyptienne combat le Daech du Sinaï, qui est un produit du Mossad... D'aucuns parlement déjà la fin des camps David. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV