Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a invoqué les remarques de l'écrivain anticolonialiste Aimé Césaire pour condamner la décadence morale, l'hypocrisie et l'incapacité de l'Occident à résoudre les crises engendrées par ses propres guerres et sa politique de domination.
« Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux sur ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte », a-t-il écrit dans un message publié samedi sur X, citant l'œuvre majeure d’Aimé Césaire intitulée « Discours sur le colonialisme ».
Il a mentionné l'avertissement de Césaire selon lequel les empires bâtis sur l'hypocrisie finissent par perdre leur capacité à tromper le monde.
« Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde », a déclaré M. Baghaï citant la même source qui ajoute : « de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d'autant plus odieuse qu'elle a de moins en moins chance de tromper ».
Ces déclarations interviennent alors que la guerre américano-israélienne contre l'Iran continue de révéler des divisions croissantes au sein de l'alliance occidentale et d'aggraver les turbulences économiques mondiales.
Ce que Washington et le régime de Tel-Aviv ont initialement présenté comme une guerre « décisive » pour vaincre l'Iran et le contraindre à la « capitulation politique » s'est transformé en un affrontement régional coûteux, sans perspective de victoire claire pour les agresseurs.
Malgré des mois de bombardements, de sanctions, de pressions navales et d'attaques contre des infrastructures vitales de l’Iran, ce dernier a conservé son intégrité politique et ses capacités militaires, tout en maintenant son influence sur l'une des voies maritimes les plus stratégiques au monde : le détroit d'Ormuz.
Cette guerre non provoquée a entraîné une flambée des prix du pétrole, des perturbations du transport maritime, des craintes d'inflation et des mesures d'urgence concernant l'approvisionnement énergétique sur les marchés mondiaux.
Parallèlement, les alliés européens se montrent de plus en plus réticents à intervenir directement dans l'escalade militaire menée par Washington.
Plusieurs gouvernements membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et de l'Union européenne (UE) ont publiquement rejeté les appels américains à un engagement naval accru dans le détroit d'Ormuz, craignant d'être entraînés plus profondément dans une guerre de plus en plus perçue comme imprudente et sans fin.
Dans le même temps, Téhéran a démontré que les tentatives d'isolement de l'ennemi ont échoué à rompre ses partenariats internationaux.
L'Iran a continué de coordonner le passage maritime avec la Chine et de maintenir des flux d'énergie malgré les campagnes de pression occidentales et les menaces navales.
Les analystes affirment que cette guerre a mis en évidence les limites de la projection de puissance occidentale dans la région.