Un juge français va enquêter sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après une plainte contre le prince héritier ben Salmane. Deux associations avaient porté plainte contre le prince héritier saoudien à l’occasion de son passage en France il y a quatre ans.
Dans un développement significatif de la saga qui entoure le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, un juge français a été nommé pour superviser l’enquête.
Cette enquête fait suite à un arrêt rendu le 11 mai par la Cour d’appel de Paris, qui a jugé recevables les plaintes déposées par des organisations de défense des droits humains, dont TRIAL International et Reporters sans frontières, a annoncé samedi le parquet national antiterroriste (PNAT).
L’enquête française examinera les accusations de torture et de disparition forcée, offrant une nouvelle voie juridique cruciale dans une affaire qui n’a connu jusqu’à présent que des résultats judiciaires limités.
Cependant, une plainte distincte déposée par DAWN, l’employeur de Khashoggi, a été jugée irrecevable par le PNAT, soulignant les difficultés rencontrées pour obtenir justice pour le journaliste assassiné.
La réaction internationale à l’affaire Khashoggi a été diverse. Le système judiciaire turc avait initialement pris des mesures pour traduire les accusés en justice. Cependant, en 2022, un tribunal turc a suspendu le procès de 26 suspects saoudiens, transférant ensuite l’affaire devant la juridiction saoudienne, une décision controversée qui a suscité des critiques de la part de nombreux défenseurs des droits humains.
Aux États-Unis, l’administration Biden a essuyé de vives critiques après avoir accordé l’immunité au prince héritier Mohammed ben Salmane suite à sa nomination comme Premier ministre. Cette décision a entraîné le rejet d’une plainte au civil déposée par la fiancée de Khashoggi devant un tribunal fédéral américain.
Le droit français autorise les juges à ouvrir des enquêtes sur des infractions graves commises hors de ses frontières. Cependant, les poursuites requièrent généralement la présence des suspects sur le territoire français, ce qui peut compliquer les efforts visant à rendre justice à Khashoggi et à ses soutiens.
Khashoggi, ancien avocat de la cour royale saoudienne devenu par la suite critique de Mohammed ben Salmane, a été tué et son corps démembré par un commando saoudien après avoir été attiré au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre 2018.
L’Arabie saoudite a d’abord nié l’assassinat de Khashoggi, affirmant qu’il avait quitté le consulat. Plus tard, sous la pression internationale croissante et face à l’apparition de nouveaux éléments de preuve, Riyad a déclaré que le journaliste avait été tué par des éléments isolés.
Le Washington Post, pour lequel Khashoggi était chroniqueur, a rapporté en novembre 2018 que la CIA avait conclu que MBS avait ordonné son assassinat.
Le prince héritier a nié avoir ordonné le meurtre, mais a reconnu qu’il avait eu lieu « sous mon autorité ».