Le président français Emmanuel Macron a déclaré que Paris et Londres travaillaient à un plan de cessez-le-feu d'un mois en Ukraine, alors que l'Europe tente de soustraire les négociations de paix au contrôle des États-Unis.
Dans une interview accordée au journal français Le Figaro, dimanche 2 mars, Emmanuel Macron a déclaré que Londres et Paris proposent une trêve d'un mois « dans les airs, sur les mers et les infrastructures énergétiques».
Les combats au sol seraient donc, dans un premier temps, exclus de ce premier échelon de cessation des hostilités. « En cas de cessez-le-feu (total), il serait très difficile de vérifier que le front - qui s'étend plusieurs milliers de kilomètres, ndlr - est respecté», explique le président français. Au contraire, avec une telle trêve, « on sait la mesurer », estime-t-il encore.
Par ailleurs, le pensionnaire de l'Élysée l'assure, la possibilité d'un déploiement de troupes européennes pour garantir la sécurité des Ukrainiens, auquel la France et la Grande-Bretagne sont prêtes à participer, ne viendrait que dans un second temps. « Il n'y aura pas de troupes européennes sur le sol ukrainien dans les semaines qui viennent », ajoute Emmanuel Macron. « La question, c'est comment on utilise ce temps pour essayer d'obtenir une trêve accessible, avec des négociations qui vont prendre plusieurs semaines et ensuite, une fois la paix signée, un déploiement », ajoute-t-il.
Plus loin dans ses propos, Macron a proposé aux pays européens d’augmenter leurs dépenses de défense entre 3 et 3,5 % du PIB pour répondre aux priorités changeantes de Washington. « Depuis trois ans, les Russes consacrent 10 % de leur PIB à la défense ; Nous devons donc nous préparer à la suite. »
Macron s'exprimait avant une réunion de crise avec les dirigeants européens, convoquée par le Premier ministre britannique Keir Starmer, à Londres. La rencontre avait pour objectif de faire avancer les efforts déployés pour élaborer un plan de paix en Ukraine.
Dans une autre interview accordée au journal milanais Il Foglio, Macron a déclaré que l'Europe avait besoin d'une Italie « forte » pour aider à résoudre le conflit en Ukraine.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a, de son côté, rejeté la perspective d'une contribution de son pays à une quelconque force de maintien de la paix en Ukraine, affirmant que cela n'avait « jamais été à l'ordre du jour ».
« Nous avons besoin de l'Italie, d'une Italie forte qui travaille aux côtés de la France, de l'Allemagne, dans le concert des grandes nations », a déclaré Macron.
Le Premier ministre britannique a, quant à lui, fait savoir dimanche que le Royaume-Uni et la France travailleraient avec l'Ukraine pour élaborer le nouveau plan de cessez-le-feu qui sera par la suite présenté au président américain Donald Trump pour approbation.
Starmer a décrit la nouvelle initiative comme « un pas en avant important » après que les liens entre Kiev et Washington ont été gravement tendus lors d’une altercation publique entre Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, vendredi 28 février à la Maison Blanche.
Starmer s'est positionné comme un pont diplomatique entre l'Europe et les États-Unis alors que les efforts pour entamer des négociations sur l'avenir de l'Ukraine s'intensifient.
Même si plusieurs dirigeants européens ont réaffirmé leur soutien à Zelensky après l'altercation de vendredi dans le bureau ovale, Starmer s'est montré plus prudent, parlant à la fois avec Zelensky et Trump immédiatement après leur dispute.