Alors que les tensions battent leur plein entre Riyad et Washington, le prince héritier saoudien demande à faire partie des BRICS, à en croire le chef d'Etat sud-africain Cyril Ramaphosa de retour de sa visite officielle en Arabie saoudite où il a rencontré les plus hauts responsables dont Mohammed ben Salmane et où les deux parties ont signé des accords de coopérations sur des projets communs d'une valeur de 15 milliards de dollars.
Cette adhésion pourrait entraîner des changements radicaux dans les cinq pays composant les BRICS à savoir, le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud. Cette décision du royaume saoudien ne plaît guère aux Etats-Unis surtout après la réduction par l'OPEP+ de sa production de deux millions de barils par jour.
L'adhésion de l'Arabie Saoudite sera discutée lors d'un sommet qui se tiendra en 2023 en Afrique du Sud a précisé le président Ramaphosa.
« Un certain nombre de pays ou de nations notamment, la Turquie, l’Égypte et l’Algérie ont déjà approché les autres pays membres et nous leur avons donné la même réponse, à savoir que la question sera discutée par les pays membres et qu'une décision sera ensuite prise », a-t-il indiqué.
Effectivement, la position géographique du Continent noir et surtout des pays de la Corne de l'Afrique dans la région, et les croyances religieuses de ce continent similaires à celles des pays de la région de l'Asie de l'Ouest ont amené les pays de la région à regarder les pays islamiques du continent africain avec un certain intérêt. Il ne faut pas oublier que près de la moitié de la population du continent africain est composée de musulmans.
Désormais aux prises avec une multitude de défis économiques et politiques, l'Arabie saoudite essaie de trouver un moyen de camoufler ses problèmes internes et régionaux en jouant de son influence religieuse et politique sur les institutions politiques des pays africains, cependant, la tension et la quête d'influence dans la région du Sahel, de l'Afrique centrale et de l'Ouest ont sans cesse opposé les parties régionales, arabes et internationales au cours des dernières années
Les préoccupations liées à la question alimentaire et aux intérêts économiques de l'Arabie saoudite sont autant d'éléments qui poussent le pays à vouloir être présent dans les pays du continent noir. La question de la pénurie ou du manque de sols fertiles en Arabie saoudite et la faiblesse des secteurs liés à l'industrie agricole ont en effet poussé ce pays à vouloir investir dans le secteur agricole de certains pays de ce continent et dans la production et l'achat de produits alimentaires.