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"Coopération nucléaire Iran-Russie inquiète" (presse US)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'Iran a achevé le processus d'installation de trois cascades de centrifugeuses IR-6 dans l'usine d'enrichissement de carburant de Natanz.

Le rapport confidentiel de l’Agence de l’énergie atomique auquel Reuters affirme avoir eu accès, indique que l'Iran a informé l’Occident de son attention d'installer six cascades de centrifugeuses de deuxième génération dans une nouvelle unité d'exploitation à l'usine d'enrichissement de carburant de Natanz.

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L'affirmation de Reuters concernant le rapport de l'AIEA a été soulevée deux jours après que Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a déclaré que l'ordre de démarrer et d'injecter du gaz dans des centaines de centrifugeuses, y compris des machines avancées, avait été émis dans le cadre de la mise en œuvre de la loi d'action stratégique, et que cette question a déjà été portée à l'attention de l'Agence.

Par ailleurs, le négociateur en chef iranien est arrivé à Vienne pour une nouvelle série de pourparlers et s'est entretenu avec son homologue russe. Dans ce contexte, reste à savoir ce qui a poussé l'Occident à poursuivre les efforts visant à relancer le PGAC, et ce, après l'échec des négociations de Doha ? Le pétrole et gaz iranien, c'est possible, mais il y a une autre réponse : en sanctionnant l'Iran et la Russie en même temps, l'Occident a probablement fait une erreur stratégique et a contribué à créer un partenariat déstabilisant qui sera difficile à contenir une fois qu'il commencera à fonctionner, affirment Ariel Petrovics et Ryan White dans un article publié le 1e août par Responsible Statecraft, le magazine en ligne du Quincy Institute, groupe de réflexion américain basé à Washington.

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Et de poursuivre que Washington s'est de plus en plus tourné vers les sanctions économiques pour répondre à ses préoccupations de sécurité avec la Russie et l'Iran, mais ces efforts se sont retournés contre eux au lieu de renforcer la sécurité régionale et américaine.

En Iran, indique Responsible Statecraft, les sanctions américaines ont affaibli l'économie, mais ont créé par inadvertance une résistance nationale aux négociations en cours et entravé les efforts diplomatiques pour freiner le programme nucléaire du pays. De même, les sanctions contre la Russie, qui avaient initialement réduit le PIB du pays après son opération militaire en Ukraine, ont depuis encouragé Moscou à trouver de nouveaux alliés et de nouveaux marchés, affaiblissant ainsi les sanctions.

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Par conséquent, ajoute-t-il, les sanctions américaines et occidentales distinctes contre l'Iran et la Russie ont involontairement motivé les deux pays, considérés comme la plus grande menace pour Washington, à accroître leur coopération économique et sécuritaire.

Téhéran injecte du gaz dans de nouvelles centrifugeuses en contre-mesure aux nouvelles sanctions US

Peu de temps après la reprise du dernier cycle de pourparlers du G5 + 1 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine et Russie plus Allemagne) avec l'Iran à Vienne, la Russie a lancé son opération militaire en Ukraine, déclenchant une crise apparemment sans rapport entre les principales parties du PGAC. Les États-Unis ont alors mené un effort international, soutenu par 40 pays à travers le monde, pour imposer des sanctions radicales contre Moscou, a-t-il évoqué.

La combinaison des sanctions unilatérales et multilatérales de l'ONU contre la Russie a initialement réduit le PIB de la Russie de 11 % et a considérablement dévalué le rouble. Ces efforts ont d'abord été bien accueillis en raison de la rapidité avec laquelle les alliés occidentaux avaient collectivement exprimé leur opposition à l’opération russe, entravant peut-être l'effort de guerre russe, estime-t-il.

Cependant, depuis la première morsure des sanctions en février, la Russie a pu stabiliser considérablement son économie : le rouble a maintenant retrouvé sa valeur antérieure et les revenus pétroliers de la Russie (l'exportation la plus précieuse du pays) sont partiellement revenus à la situation antérieure, a-t-il fait remarquer.

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Moscou, a-t-il rappelé, a essayé d'utiliser sa position dans les négociations avec l'Iran et son influence économique régionale pour réduire l'impact des nouvelles sanctions auxquelles il a été confronté lors de la crise ukrainienne. La Russie a exigé des assurances écrites des États-Unis que la coopération de Moscou avec l'Iran ne serait pas affectée par les sanctions auxquelles la Russie était confrontée pour ses opérations en Ukraine.

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Un partenariat avec l'Iran contribue non seulement aux efforts de la Russie pour contrer les sanctions, mais sert également les intérêts de sécurité de Moscou d’autant plus que l’opération militaire de la Russie contre l'Ukraine s'est avérée plus coûteuse pour Moscou que ne l'avait prévu Poutine. D'autre part, à mesure que la liste des partenaires potentiels se rétrécit, la Russie est de plus en plus encouragée à renforcer ses liens avec d'autres pays partageant des intérêts communs, a-t-il indiqué.

Partenariat Téhéran-Moscou dangereux pour l'Occident

La coopération, même nucléaire, entre Téhéran et Moscou n'est pas nouvelle, a-t-il noté en expliquant que les services de renseignement américains ont estimé que la Russie avait fourni une technologie nucléaire à double usage (ou de qualité militaire) à l'Iran dans les années 1990 et au début des années 2000 sous couvert d'énergie civile, y compris la construction du réacteur nucléaire de Boushehr.

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Sur fond des développements récents, l’Iran et la Russie cherchent de nouvelles façons de coopérer qui contournent la surveillance américaine et les restrictions internationales et affaiblissent l'influence de Washington sur les deux fronts, déclare Responsible Statecraft en soulignant que la coopération entre Téhéran et Moscou est devenue de plus en plus évidente ces derniers mois : les deux pays ont signé fin mai un accord élargissant leur coopération énergétique. Le commerce bilatéral a augmenté de plus de 10 % au cours du seul premier trimestre de 2022. Ils ont également discuté du renforcement de leur coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire, sur le modèle de la centrale électrique de Boushehr construite par la Russie.

Lors de sa visite à Téhéran le mois dernier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a noté que les deux pays faisaient face à de lourdes sanctions américaines et qu'une plus grande coopération pourrait contrer l'influence nuisible des États-Unis et de ses alliés, a-t-il noté.

Les dimensions militaires de la relation sont maintenant devenues plus apparentes ; l’éventuel envoi de drones iraniens à la Russie suggère que la coopération souhaitée par Lavrov ne se limitera pas aux secteurs civils. Le partenariat entre Moscou et Téhéran basé sur une détermination mutuelle à s'opposer à l'influence occidentale pourrait constituer une menace sérieuse pour les intérêts de sécurité américains et occidentaux, en particulier au Moyen-Orient, y compris la prolifération nucléaire, explique Responsible Statecraft, avant de conclure que le danger est que les sanctions que Washington utilise de plus en plus pour contrer ces menaces à la sécurité puissent ouvrir de nouvelles voies qui sapent par inadvertance les intérêts futurs de Washington.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV