Dans ce numéro de Zoom Afrique :
L’actualité en Afrique :
La Tanzanie veut dorénavant miser sur les investissements endogènes après la rénovation de son aéroport ;
« Le Kenya rejoint la ligue des pays exportateurs de pétrole » ;
Le Programme entrepreneuriat pour les jeunes du Sahel recherche une centaine de projets à financer.
Les analyses de la rédaction :
Djibouti : l’Italie emboîte le pas à la France
Après une grande perte d’influence en Afrique, d’autres pays commencent à emboîter le pas à la France à Djibouti. La rivalité entre la France et l’Italie commence à prendre de l’ampleur.
Des gardes-côtes djiboutiens (GCD) ont été formés par l’armée italienne sur la lutte contre la piraterie maritime.
À l’occasion de la cérémonie de clôture de cette formation, en présence de la ministre italienne de la Défense, Elisabetta Trenta, le ministre djiboutien des Transports, Moussa Mohamed Ahmed, a fait savoir dans une allocution prononcée que le gouvernement djiboutien a beaucoup investi pour assurer la sécurité et la sûreté du domaine maritime afin de garantir la fluidité du trafic commercial international dans les eaux sous juridiction djiboutienne. À Djibouti, avec une montée de l’influence chinoise et un recul prononcé de la France, les tentatives de Paris pour y faire face étaient visiblement des coups d’épée dans l’eau. Il faut savoir que Djibouti accueille sur son sol des forces militaires de plusieurs grandes puissances étrangères, notamment italiennes. Le pays abrite également le quartier général de la mission européenne de lutte contre la piraterie maritime appelée « Opération Atalante » qui se compose de plusieurs navires en mer, ainsi que d’avions de patrouille maritime basés à Djibouti et aux Seychelles, et d’un détachement armé qui protège les navires du Programme alimentaire mondial (PAM) desservant la Somalie.
Djibouti et l’Italie ont convenu de rehausser leur coopération militaire, selon le ministère djiboutien des Affaires étrangères.
Ce genre de formation est généralement attribuée à la France et non à d’autres pays européens. Le fait que l’Italie s’occupe de former les gardes-côtes djiboutiens pourrait surprendre, mais pas tant que ça. En effet, la France recule de plus en plus en Afrique de l’Ouest vu les réticences de la population vis-à-vis de la présence militaire française, dont les soldats sont considérés comme des troupes d’occupation qui sèment le désordre dans les pays. L’Italie, de son côté, s’est impliquée militairement en Afrique très peu de temps après la visite du président américain Donald Trump en Italie. Rome a donc envoyé un contingent de 400 militaires au Niger, pré carré français, pour la soi-disant lutte contre l’immigration clandestine. Outre la présence du géant italien ENI sur le continent africain, la présence militaire italienne est de plus en plus visible au point de confier la formation des GCD aux troupes italiennes.
L’Italie, qui tout comme la France a aussi un passé colonial en Afrique, surtout dans la Corne de l’Afrique mais aussi en Libye, se montre de plus en plus militairement sur la scène africaine. Djibouti, qui visiblement montre une volonté plutôt accrue de se détacher de la France, laisse les rivaux de Paris prendre de plus en plus d’influence sur son territoire. En mettant l’émirati DP World à la porte et confiant le développement du port de Doraleh à la Chine, la France a déjà eu la crainte de perdre son influence dans son pré carré, mais Djibouti se dirige plus vers d’autres puissances pour diminuer l’influence française, mais aussi américaine. Rome, qui est un allié fidèle des États-Unis, a décidé de prendre le rôle de supplétif direct des États-Unis dans cette partie du continent africain. Ce qui fait que la France perd du terrain, va-t-elle se laisser faire aussi facilement ? Jusqu’à présent les décisions prises par le gouvernement djiboutien ont abouti malgré les pressions de Paris. Ce qui montre que la France n’a plus vraiment son mot à dire, que ce soit en Afrique de l’Ouest ou dans la Corne de l’Afrique.
Depuis que les États-Unis ont fourré leur nez dans les affaires du Sahel avec cette ambition néocolonialiste maladive d’étendre la violence depuis le Sahel vers la cote, Zoom Afrique ne cesse d’avertir ses lecteurs. Eh bien, l’heure H a sonné ; environ 200 soldats américains, membres des Forces spéciales sol-air des Marines pour l’Afrique, sont actuellement au Sénégal. RFI en parle en ces termes : « Les forces américaines vont s’entraîner avec leurs homologues sénégalaises pour un objectif commun qui est la sécurité ». Bien évidemment !
En marge d’une visite de journalistes au Cooperative Security Location, à la base aérienne de Ouakam, l’ambassadeur des États-Unis au Sénégal, Tulinabo S. Mushingi, a affirmé vendredi que les Forces spéciales sol-air des marines pour l’Afrique travaillent dans la « transparence » dans le cadre d’un « partenariat gagnant-gagnant » avec les Forces armées sénégalaises. Pour Tulinabo S. Mushingi, les forces spéciales sol-air des marines pour l’Afrique qui effectuent actuellement un entraînement de deux semaines à Dakar, ont une mission claire : « intervenir à tout moment en cas de besoin ». Or on sait ce que signifie « gagnant-gagnant » dans la logique américaine, mais aussi ce que veut dire intervenir à tout moment. Les USA préparent la guerre sur le dos des Sénégalais ! En ce sens, l’ambassadeur dit : « Les forces sénégalaises et américaines doivent travailler sur l’« interopérabilité ». « Nos forces sont différentes, mais elles ont le même objectif », soulignant qu’elles travaillent ensemble pour l’’intérêt de la sécurité de nos deux peuples ». Selon l’ambassadeur des États-Unis au Sénégal, Tulinabo S. Mushingi, les soldats américains doivent se préparer et s’entraîner afin d’être prêts à intervenir à tout moment en cas du besoin. « C’est pour cela que nous sommes là. Nous sommes là pour nous entraîner avec les forces sénégalaises pour deux objectifs. Le Sénégal et les États-Unis sont de bons partenaires et devront continuer à travailler ensemble. Nous sommes dans le même bateau en ce qui concerne la sécurité », a expliqué le diplomate américain.
Selon le colonel Cloutier, commandant de l’unité des forces spéciales sol-air des Marines pour l’Afrique, le fait d’avoir une base de sécurité à Dakar permet à ses hommes de s’entraîner et d’être sûrs de pouvoir répondre à une éventuelle crise dans le futur : « Nous sommes ici pour nous entraîner seulement et non pas pour répondre à n’importe quelle situation. Notre objectif est clair, c’est pour s’entraîner avec nos collègues sénégalais », a précisé l’officier américain. Or cette précision ne convainc personne.
Selon APS, les Marines auront une séance d’entraînement avec les Forces armées sénégalaises, en vue du « renforcement de la coopération militaire de longue date entre les deux pays ».
Côte d’Ivoire : le front anti-Ouattara se forme !
Voici la recomposition politique en Côte d’Ivoire, le Front uni pour chasser Ouattara !
Quelle était la thèse, qui se confirme aujourd’hui, de Luc Michel ? Quel est le véritable enjeu de la présidentielle 2020 en RCI ? Pas de réconciliation sans l’élimination de Ouattara ! Pas d’élimination de Ouattara sans une nouvelle majorité recomposée Gbagbo-Soro-Bédié !
Henri Konan Bédié annonce une plateforme de l’opposition avec Gbagbo
et Soro. Après la rencontre entre Bédié et Gbagbo dans laquelle ils
ont évoqué la situation politique et sociale, les deux hommes comptent
inaugurer une plateforme de l’opposition, qui sera un cadre d’échanges
concret entre eux. Analyse de Luc Michel.
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