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« Les USA veulent le détroit d'Hormuz mais ils ne l'auront pas "(responsable iranien)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
La flotte chinoise. (Archives)

Entre l'Iran et la Chine, c'est désormais une alliance stratégique, puisque vitale de part et d'autre. Alors que les Etats-Unis provoquent une escalade inouïe des tensions antichinoises en mer de Chine et qu'ils viennent d'envoyer deux navires militaires dans le détroit de Taïwan, le golfe Persique et le détroit d'Hormuz sont aussi le théâtre des manœuvres de militarisation américaines. L'Iran et la Chine affûtent-ils leurs armes pour une riposte conjointe? 

Le dimanche 28 juillet, Mohsen Rezaï, le secrétaire du Conseil de discernement du bien de l’ordre islamique s'est entretenu avec le ministre du département des Liaisons internationales du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) Song Tao, invité à Téhéran. Il a souligné à son interlocuteur le fait que Téhéran et Pékin sont entrés "dans une nouvelle phase de relations stratégiques", après une très longue coopération économique qui "remonte à des siècles". 

Le ministre du département des Liaisons internationales du Comité central du Parti communiste chinois, Song Tao. ©DPA

Pour le commandant Rezaï, la visite de M. Song Tao revêt une importance particulière dans le contexte actuel de la région", une région qui se trouve au confluent du flux énergétique du monde : « La région du Moyen-Orient est l'artère de production et de transit de l'énergie, ce qui fait que toute insécurité ou conflit nuira à l’économie, à la paix et à la sécurité non seulement des pays de la région mais aussi des économies émergentes qui s'y alimentent en énergie. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ne cessent d’attiser le feu des tensons dans la région avec une nette focalisation sur le détroit d'Hormuz et du golfe Persique. Ils ambitionnent d'en prendre le contrôle et le tourner en un moyen de pression contre les parties comme la Chine qui se procurent une grosse partie de leurs besoins en énergie dans notre région. C'est un vœu pieux qui ne se réalisera jamais puisque l'Iran ne le permettra pas. Et pour ce faire, nous comptons aussi sur l’aide et la coopération de nos amis, a dit Rezai, en allusion à l'idée de la "coalition de guerre" que les États-Unis veulent former dans le golfe Persique mais qui peine à ratisser large.

"L'Iran ne cherche pas la guerre mais défendra sa souveraineté et ses intérêts en toute puissance. La sécurité du golfe Persique, c’est notre sécurité et nous devons répondre donc à toutes les agressions et tentatives de déstabilisation pour sauvegarder cette sécurité. Nous voulons le transport maritime libre et le maintien de la sécurité dans le golfe Persique. »

L’ancien commandant, au Corps des gardiens de la Révolution islamique à l’époque de la Défense sacrée (huit années de guerre imposées par l’Irak de Saddam Hussein à l’Iran, NDLR) a ensuite évoqué le projet américain dit "Daech" et ses avatars un peu partout dans le monde : « Les Américains ont formé et renforcé Daech pour qu’il s'empare de l'Irak et de la Syrie et y érige ses émirats. Il s'agissait d'un projet visant à démembrer les Etats de la région. Même, le président Trump a reconnu ce projet américain peaufiné sous les démocrates. Assailli par les terroristes, l'Etat syrien a appelé l'Iran à l’aide, d'où l'envoi de nos conseillers militaires en Syrie. L’Iran a aidé l’Irak et la Syrie dans leur combat contre les terroristes. Les Américains voulaient insécuriser la région et créer un deuxième Israël, ils ont commencé par l’Irak puis en Syrie et étendu leurs visées au Yémen. Ce vaste projet de déstabilisation a échoué, ce qui fait que les Américains se tournent désormais vers le golfe Persique où ils cherchent à produire un remake. »

Mais l'Iran est-il prêt à envoyer des conseillers militaires en Chine?

 « Nous avons envoyé nos conseillers militaires aux pays engagés contre le terrorisme et nous continuons à le faire. Nous sommes sûrs que la présence militaire US continuera à se rétrécir et d'ici dix ans, il n'en restera plus grande chose. »

Le secrétaire du Conseil de discernement du bien de l’ordre islamique est revenu, ensuite, sur les plans de développements de coopération entre les pays de la région : « L’Iran et la Chine peuvent coopérer ensemble dans le cadre des projets reconstruction en Irak et en Syrie. L'axe routier qui devra relier l'Iran à la Méditerranée en fait parte. L’Initiative dite "Route et ceinture",  l'Iran y réfléchit depuis longtemps car il s'agit d'une ceinture d’or dans la région de l’Asie du sud-ouest. Cette ceinture peut relier les frontières chinoises à la mer Méditerranée si elle se  connecte au corridor Iran-Méditerranée. Après tout, les antécédents de coopération des deux civilisations iranienne et chinoise sont beaucoup plus anciens que les autres alliés de la Chine. »

Lors de cette rencontre, le responsable chinois a plaidé pour le renforcement substantiel des coopérations stratégiques sino-iraniennes : « La Chine a été hôte de 11 délégations iraniennes et cinq délégations de haut rang chinoises se sont rendus en Iran, ce qui s’avère très important dans la promotion des relations bilatérales. Dans les conditions délicates actuelles, nous sommes témoins des évolutions compliquées et rapides sur l’échiquier international, évolutions qui sont autant de défis à relever par l’Iran et la Chine. Nous avons la ferme volonté de soutenir l’Iran dans ses droits légaux et légitimes», a conclu le responsable chinois.

Dans sa guerre contre les ingérences US visant ses intérêts commerciaux mais aussi et de plus en plus sa souveraineté, la Chine apporte un ferme appui à l'Iran et poursuit ses achats de produits pétroliers iraniens. Au mépris des sanctions américaines et malgré les tensions créés dans le détroit d'Hormuz, Pékin continue à importer des millions de barils de brut et de produits raffinés. Mais le soutien chinois pourrait aussi prendre une forme bien différente qui dépasserait le seul domaine économique. Pourquoi? En effet, Pékin sait qu'une guerre US contre l'Iran vise avant tout à la paralyser. Outre son approvisionnement en énergie qui pourrait souffrir, il y a aussi cet élan pro-sino-russe au Moyen-Orient qui inquiète les Américains. Une guerre, pourrait, croient les Américains, couper les ailes à Pékin et contrer ses élans au Moyen-Orient. Que la Chine puisse même s’implanter en Israël ( Haifa), cela ne laisse pas indifférent les Américains. Un conflit dans le golfe Persique ne peut à aucun prix laisser indifférent la Chine, souligne Amir Ghafari, expert des questions asiatiques, au micro de Presstv.  

Plusieurs pays du Moyen-Orient qui veulent se développer de manière souveraine, indépendamment de l'Occident – et donc contre la domination exercée par celui-ci depuis des siècles –, ont aujourd'hui pour la première fois une alternative en collaborant avec la Chine et, dans une moindre mesure, avec la Russie. Cette collaboration contrarie fortement les États-Unis.  

La construction du port de Gwadar à la frontière irano-pakistanaise à l'est du détroit d'Ormuz en est un exemple plus que symbolique. Le Pakistan a conclu un accord avec la Chine pour l'exploitation de ce port stratégique.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV