Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé à une coordination plus étroite entre les pays producteurs de gaz, dont l'Iran et la Russie, ce qui est essentielle à la sécurité énergétique mondiale.
Dans un article publié ce lundi 26 octobre par le quotidien russe Vedomosti, le chef de la diplomatie iranienne a attribué les difficultés auxquelles sont confrontées la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire mondiales aux mesures coercitives imposées par les États-Unis dans la région.
D’après ses termes, la récente guerre d’agression non provoquée israélo-américaine contre l’Iran, ainsi que la poursuite des menaces militaires ont entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz et perturbé les approvisionnements mondiaux en gaz, en particulier en Asie.
L’Iran a fermé ce passage maritime après le déclenchement de l’agression, le 28 février. Quelques semaines plus tard, en juin 2026, la République islamique d’Iran et les États-Unis se sont entendus sur une réouverture du détroit pour une période de 60 jours, dans le cadre d’un mémorandum d’entente conclu sous la médiation du Pakistan. Toutefois, les violations américaines n’ont pas laissé à Téhéran d’autre choix que de rétablir la fermeture du détroit.
Le chef de la diplomatie iranienne a en outre cité les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour indiquer que plus de 112 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié (GNL) avaient transité par le détroit d’Ormuz en 2025, soit environ un cinquième du commerce mondial de GNL, et que la flambée des prix du gaz en Europe et le niveau particulièrement bas des stocks à l’approche de l’hiver, étaient bien inférieur à ceux enregistrés l’année précédente. Il a aussi précisé que 90 % du gaz transitant par le détroit d’Ormuz était destiné aux marchés asiatiques.
M. Araghchi a aussi évoqué les manifestations qui secouent actuellement plusieurs pays européens, ainsi que la flambée de l’inflation et des prix des carburants en Europe et aux États-Unis. « La leçon à en tirer est claire : les producteurs doivent intensifier le dialogue, diversifier les voies d’approvisionnement, protéger les infrastructures essentielles et mettre en place des mécanismes concrets afin d’atténuer les effets des chocs géopolitiques sur les marchés mondiaux de l’énergie », a-t-il poursuivi.
« C’est précisément ce à quoi le président iranien Massoud Pezeshkian doit s’atteler cette semaine à Moscou, aux côtés de ses homologues de 11 pays producteurs de gaz », a-t-il affirmé, en faisant référence au déplacement du président iranien dans la capitale russe, où il prendra parole, mardi, lors du huitième sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG).
Le chef de la diplomatie iranienne a identifié plusieurs axes prioritaires pour la coopération bilatérale Téhéran-Moscou, notamment les investissements russes dans les champs pétroliers et gaziers iraniens, le transfert de technologies, la fourniture d’équipements et le développement de capacités techniques conjointes.
Selon lui, un approfondissement des relations entre les deux pays permettra d’accroître les capacités de production et d’exportation, d’attirer des investissements et d’améliorer l’efficacité, malgré les restrictions découlant des mesures coercitives unilatérales imposées par les États-Unis.
S’appuyant sur le rapport Global Gas Outlook 2055 du FPEG, Abbas Araghchi a indiqué que 86 % de la production mondiale de gaz prévue à l’horizon 2055 devraient provenir de gisements qui ne sont pas encore en exploitation.
Outre l’agression militaire et les mesures unilatérales, le chef de la diplomatie iranienne a relevé deux autres obstacles au renforcement de la coopération énergétique : les besoins en investissements dans les infrastructures et la complexité des contrats à long terme.
D’après ces mots, la République islamique d’Iran a proposé un plan en sept jours dans le but de résoudre les problèmes liés au détroit d’Ormuz. Il a précisé que sa mise en œuvre est conditionnée au respect des exigences iraniennes par l’autre partie et à la levée des menaces militaires.
Parmi les conditions précédemment énoncées par l’Iran figurent la cessation de l’agression sur tous les fronts, la levée du blocus naval illégal imposé au pays par les États-Unis, la levée des sanctions illégales et le déblocage des avoirs iraniens gelés.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a conclu son article en soulignant que la stabilité durable des marchés mondiaux de l’énergie exigeait un dialogue constructif, le respect mutuel et l’exécution des engagements pris. Le résultat dépend de la volonté politique et de la coopération de toutes les parties concernées, y compris Washington, soutient-il.