Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a appelé les manifestants des pays occidentaux à continuer d’exiger des comptes et à résister aux tentatives de les diviser autour des questions identitaires. Il a établi un lien entre l’affaire Jeffrey Epstein, la situation à Gaza, la guerre contre l’Iran et la corruption, qu’il a attribués à une même « clique au sommet ».
Dans une publication sur X vendredi, M. Ghalibaf a exposé la « stratégie » employée par ceux qui cherchent à détourner le mécontentement populaire : ils font passer les manifestations « d’une dynamique verticale à une dynamique horizontale », puis culpabilisent les individus pour s’être « réveillés ».
« Tenez bon », a-t-il écrit, qualifiant l’affaire Epstein, Gaza, la guerre contre l’Iran et la corruption de « signaux » renvoyant tous à la même « clique au sommet ».
En revanche, le président du Parlement iranien a qualifié les débats sur qui est « natif » et qui ne l'est pas de « bruit » visant à détourner l'attention du public des enjeux réels.
« Ne les laissez pas changer de sujet pour se soustraire à leurs responsabilités », a-t-il ajouté.
Les propos de Ghalibaf interviennent dans un contexte de contestations croissantes en France et dans d’autres pays européens face à la hausse du coût de la vie, à la dégradation des services publics, aux conditions dans le secteur de l’éducation et aux difficultés d’accès au logement, ainsi qu’à des manifestations aux États-Unis contre les politiques du président Donald Trump.
En France, des manifestations ont eu lieu à l’échelle nationale la semaine dernière, centrées sur la crise du coût de la vie et la flambée des prix du carburant. Des syndicats et des sympathisants du mouvement des Gilets jaunes se sont joints aux manifestants pour réclamer de meilleures conditions de vie. Ces mobilisations ont fait suite à un mouvement lycéen lancé à la fin du mois de septembre à Créteil, au sud-est de Paris, pour dénoncer le manque d’enseignants, la surcharge des classes et la vétusté des bâtiments scolaires.
Le mouvement de contestation s'est depuis élargi, mobilisant des lycéens, des travailleurs et d’autres groupes.
Un mécontentement similaire a eu lieu ailleurs en Europe. En Italie, les manifestations ont porté sur la hausse du coût de la vie, l’éducation et les services publics. À Milan et dans d’autres villes, certains rassemblements ont été marqués par des affrontements et des arrestations.
En Espagne et au Portugal, la pénurie de logements et la flambée des loyers ont provoqué des rassemblements et l’installation de campements. En Albanie, les manifestations ont reflété la colère de la population face à la corruption, au chômage et à la dégradation de la qualité de l’enseignement.
En Belgique, des protestations impliquant étudiants, enseignants et syndicats ont également eu lieu, dans un contexte de désaccords plus larges sur les conditions de vie et les services publics.
Aux États-Unis, les manifestations anti-Trump se sont poursuivies sur un large éventail de sujets, notamment l'application des lois sur l'immigration, les expulsions et les politiques de l'administration.
Les manifestations nationales baptisées « No Kings », organisées le 18 octobre, ont rassemblé des protestataires opposés à l’extension des pouvoirs présidentiels et à l’orientation politique de l’administration Trump.
La politique migratoire a été un moteur essentiel de ce mouvement de protestation, de nombreuses manifestations exprimant leur soutien aux migrants et leur opposition aux opérations de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE).