Des photos et des vidéos inédites ont confirmé les dégâts subis par les installations militaires américaines en Asie occidentale lors des attaques de représailles iraniennes. Des militaires américains ont vivement critiqué leur pays pour sa mauvaise gestion, ses préparatifs inadéquats et pour les avoir « abandonnés » pendant la guerre contre l’Iran.
En coordination avec VALOR Media Network, l’entreprise médiatique MeidasTouch a obtenu des dizaines de photos et de vidéos inédites montrant les dégâts causés aux installations militaires américaines en Arabie saoudite, en Jordanie, au Koweït, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.
Alors que les États-Unis censurent les informations concernant les morts et les dégâts causés par les frappes de représailles iraniennes, le rapport cite également des témoignages directs de sources, notamment de militaires et de contractuels civils, décrivant des avions détruits, des casernes et des réfectoires bombardés, des soldats creusant leurs propres tranchées et des parkings transformés en abris.
« C’est bien pire que ce que les gens imaginent », a déclaré une source.
Les sources ont demandé à rester anonymes car elles ont été menacées à plusieurs reprises de mesures disciplinaires en vertu du Code uniforme de justice militaire pour avoir pris la parole ou partagé des images. Elles ont indiqué que leur expérience était sans précédent par rapport à tout ce qu’elles avaient connu dans d’autres zones de guerre où elles avaient été déployées.
« Il ne s’agit pas d’un déploiement normal », ont témoigné certaines sources, évoquant un niveau de mauvaise gestion qu’elles n’avaient jamais vu auparavant.
Alors que les États-Unis s’attendaient à atteindre les objectifs de la guerre en quelques jours, un militaire a décrit avoir été appelé sous les drapeaux à la mi-février et sommé de partir immédiatement pour ce qui devait être une mission de trois semaines. Cependant, ils sont finalement restés plus de sept mois.
Plusieurs militaires, même ceux qui avaient participé directement au conflit, ont déclaré n’avoir eu aucune connaissance préalable de l’agression américano-israélienne contre l’Iran et l’avoir apprise par les médias. « Nous sommes des cibles faciles », a déclaré l’un d’eux.
Ils ont expliqué que les attaques provenaient presque exclusivement du ciel : drones, roquettes et missiles balistiques, contrairement aux guerres passées.
Concernant les drones iraniens qui ont ciblé leur base, un soldat a déclaré : « On ne les voit pas la nuit. Ils n’ont pas de lumières et se repèrent grâce au GPS. Le bruit est exactement le même que celui d’un petit Cessna. À environ 120 mètres d’altitude, on dirait un grand faucon. Nous n’avions aucune défense contre ces drones. »
Arabie saoudite : Importants dégâts à la base aérienne Prince Sultan
Parmi les images publiées dans le rapport figuraient celles fournies par des militaires et des sous-traitants américains, montrant d’importants dégâts survenus à la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite entre mars et juillet.
Les photos montrent des réfectoires et des espaces de travail détruits, des dortoirs endommagés où vivaient alors des militaires, ainsi que des bunkers inachevés. D’autres images montrent des avions en feu sur le tarmac après des attaques de missiles.
Une photo montre un avion de surveillance AWACS E-3 Sentry de l’US Air Force endommagé, immatriculé 81-005. Selon les sources, il a été touché lors d’une attaque qui a blessé entre 10 et 12 soldats et endommagé plusieurs autres aéronefs, dont deux ravitailleurs KC-135.
Une source a également fourni une image montrant, selon elle, un avion de transport C-17 entièrement détruit. Elle a précisé que les débris avaient été entassé pour accélérer les opérations de nettoyage et limiter la diffusion d’informations sur la perte. Le Pentagone n’a, quant à lui, pas confirmé la perte d’un C-17.
Jordanie : « Les alarmes n’ont pas pu suivre le rythme »
En Jordanie, les troupes ont signalé des tirs quasi constants pendant environ trois mois, à partir de mars, sur la base aérienne de Muwaffaq Salti.
« Ils essuyaient des tirs si fréquents que les alarmes ne pouvaient pas suivre », selon un témoignage.
Selon les sources, les frappes ont endommagé des installations de commandement et de contrôle, des infrastructures critiques, ainsi que plusieurs aéronefs de l’US Air Force, dont des chasseurs F-15, des F-35, des drones MQ-9 Reaper et des hélicoptères.
Citant une attaque survenue dans la nuit du 17 au 18 juillet, des sources ont indiqué que des missiles balistiques et des drones iraniens avaient franchi les défenses de la base et frappé des casernes militaires américaines.
Bien que trois militaires aient été tués, des sources ont indiqué que les personnes présentes sur place étaient surprises qu’aucun autre décès n’ait été signalé, la base étant surpeuplée au moment de l’attaque. Selon ces sources, les décès sont survenus lorsque les troupes n’ont pas pu se réfugier à temps dans les abris.
Plusieurs sources ont indiqué avoir entendu des soldats appeler à l’aide depuis les flammes après l’attaque, mais qu’ils n’avaient pas pu les atteindre en raison d’une intervention d’urgence insuffisante et d’un manque de préparation.
Le rapport indique que la poursuite des frappes a privé les troupes de fournitures de base, notamment de produits d’hygiène personnelle, et a entraîné une détérioration de leurs conditions de vie.
Koweït : Personnel dispersé, camp abandonné
Au Koweït, des sources ont indiqué qu’après les premières attaques, certains militaires américains se sont dispersés dans le désert et ont vécu dans une camionnette pendant trois mois avant de pouvoir rentrer chez eux.
D’après des sources et des images prises en septembre au camp Buehring, plusieurs mois après la dernière attaque, la base était presque entièrement abandonnée par l’armée américaine.
Plusieurs sources ont indiqué que personne n’est autorisé à pénétrer dans certaines parties du camp la nuit.
Émirats arabes unis : Le personnel a creusé ses propres tranchées
Aux Émirats arabes unis, les troupes n’avaient ni abri ni protection lorsque l’agression américaine a commencé. Certains soldats se sont réfugiés dans des hôtels, tandis que d’autres ont creusé leurs propres tranchées.
Les troupes décrivaient leurs supérieurs comme « sans cap », pris au dépourvu par une guerre pour laquelle personne ne les avait préparés.
Bahreïn : des troupes américaines cachées dans des immeubles résidentiels
À Bahreïn, selon le rapport, des drones ou des missiles iraniens ont endommagé la Cinquième flotte de la marine américaine.
Des familles de militaires affirment que le Pentagone a refusé d’autoriser l’évacuation, malgré l’existence de plans d’évacuation et la présence d’avions à l’aéroport de Bahreïn, afin de ne pas « donner une mauvaise image de la situation au pays ».
Selon certaines sources, des hauts responsables ont été évacués dans le cadre de ce qui a été présenté comme un exercice d’entraînement. Les familles de militaires ont dû se débrouiller seules pour sortir de là.
Selon ce rapport, des troupes américaines ont été déployées dans des immeubles résidentiels et des hôtels qui ont ensuite été la cible de frappes de drones et de missiles iraniens quelques heures plus tard.
« Nous avons été utilisés comme des pions dans cette guerre. Il y a eu de nombreuses occasions de nous faire partir AVANT que la situation ne dégénère », a déclaré l’épouse d’un militaire américain, qui vivait à Bahreïn en mars.
« Les avions étaient immobilisés, attendant l’ordre d’évacuation, mais les autorités n’ont pas donné l’ordre d’évacuer les personnes à charge, puis l’aéroport de Bahreïn a été endommagé et nous nous sommes retrouvés piégés. »
L’épouse d’un entrepreneur américain a déclaré qu’elle et son mari vivaient près de la base militaire américaine lorsque la guerre a éclaté le 28 février.
« Le gouvernement américain n’a absolument rien fait pour m’aider à évacuer », a-t-elle dit. « En tant que citoyenne américaine, je me suis sentie complètement abandonnée par mon propre gouvernement. »
Les sources ont également souligné l’absence de journalistes embarqués, une pratique courante lors des précédentes guerres américaines.
Ces témoignages dressent le tableau d’un moral en berne, les troupes déclarant ne pas savoir pourquoi elles se battent. Nombreux sont ceux qui ont décrit le sentiment que « personne ne viendrait les aider » et qu’ils étaient livrés à eux-mêmes.
« Toute cette idée que l’armée se soucie de la santé mentale de ses militaires, c’est du grand n’importe quoi », a insisté l’un d’eux.
« En tant que militaire, on perd ses droits de citoyen américain ; on est lié par son contrat », a déclaré un autre. « Il faut juste tenir le coup et espérer survivre. »
Les États-Unis et Israël ont lancé une nouvelle vague d’agressions contre l’Iran le 28 février, environ huit mois après avoir mené leurs premières attaques.
L’Iran a rapidement riposté en lançant des salves de missiles et de drones sur les territoires occupés par Israël, ainsi que sur les bases et les intérêts américains dans toute la région.