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Répression policière en France : une adolescente perd définitivement la vue de l’œil gauche lors des manifestations du 17 octobre à Mulhouse

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des policiers de la CRS frappent un manifestant sous les gaz lacrymogènes lors d'une mobilisation contre la vie chère à Toulouse, le 17 octobre 2026. ©AFP

Une adolescente de 17 ans a définitivement perdu la vue de son œil gauche lors de la manifestation du 17 octobre à Mulhouse, ville située dans l'est de la France. Des témoins dénoncent des tirs tendus de grenades lacrymogènes ainsi qu’une intervention policière d’une extrême violence.

Les faits se sont produits à Mulhouse, lors de la mobilisation contre la vie chère organisée le samedi 17 octobre. Malgré une intervention chirurgicale, l’adolescente a définitivement perdu la vue de son œil gauche. Le plancher orbital était si enfoncé que les lésions étaient trop graves pour permettre de sauver l’œil.

L’une des amies de la victime, présente au moment des faits, décrit une « scène horrible » et affirme ne toujours pas comprendre « pourquoi la police a été aussi violente ».

« C’était calme, il ne se passait rien, juste de la musique. Les gens étaient heureux, ils ne faisaient rien de mal », raconte-t-elle, encore sous le choc, au lendemain des faits.

« On était tous au même endroit. J’ai vu la police qui, d’un coup, a lancé du gaz. Les gens se rapprochaient de nous, ça formait encore plus un troupeau. On voulait traverser, mais on ne pouvait pas. La police a de nouveau lancé plein de gaz et l’un d’eux a atteint l’œil de ma copine », poursuit la jeune fille, la voix nouée.

Un autre témoin direct de la scène raconte à Politis : « Les flics étaient à 50 ou 80 mètres. Je les ai vus tirer à tir tendu, alors qu’ils n’ont pas le droit : ils sont censés tirer en l’air. J’ai vu la cartouche grise atteindre l’œil de la gamine et, lorsqu’elle a touché le sol, le gaz lacrymogène s’en est échappé. »

La préfecture de Mulhouse a tenté de justifier les violences policières au nom des impératifs de sécurité. Toutefois, la version officielle est régulièrement contestée. Un adolescent qui avait perdu une main lors des manifestations lycéennes avait lui aussi réfuté la version avancée par les forces de l'ordre. 

À Strasbourg, un jeune homme de 27 ans a également été blessé à un œil. Des témoins évoquent des saignements abondants et une victime « presque inconsciente ». Ils affirment qu’un membre des forces de l’ordre a tiré un projectile en direction de manifestants qui tentaient de se protéger des gaz lacrymogènes.

À Paris, un homme a perdu la vie en pleine journée de mobilisation. Si les autorités attribuent son décès à un arrêt cardiorespiratoire, de nombreuses zones d’ombre persistent quant aux circonstances du drame et aux événements qui ont précédé sa mort.

Un autre drame aux circonstances encore inexpliquées concerne un jeune homme de 22 ans, mort après une chute du haut de l’Arc de Triomphe, lors de la mobilisation nationale à Paris.

Parallèlement, de nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de la violence de la répression policière et des brutalités subies par les manifestants. 

Le mouvement de contestation a d’abord été lancé par les enseignants, qui dénonçaient le manque de moyens dans les établissements scolaires et la dégradation des conditions d’enseignement.

La contestation s’est progressivement étendue aux lycées, où les élèves ont à leur tour dénoncé la dégradation de leurs conditions d’études, avant d’être rejoints par les étudiants et d’autres organisations syndicales.

Le mouvement s’est ainsi élargi, reflétant un mécontentement croissant. Les manifestants entendent faire entendre une colère qu’ils estiment ignorée depuis des années.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié vendredi, 69 % des Français se déclarent favorables à la mobilisation : 36 % la soutiennent et 33 % disent éprouver de la sympathie à son égard.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV