Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé à priver les Palestiniens de Gaza de tout espoir de reconstruire le territoire ravagé par la guerre, affirmant que le maintien de cette bande côtière dans un état de surpopulation et de ruines inciterait ses habitants à la quitter.
S’exprimant sur Channel 14, Smotrich a présenté l’absence de perspectives de reconstruction de Gaza comme un facteur clé du déplacement de sa population.
« La clé principale pour déplacer les habitants de Gaza est de leur ôter tout espoir, afin qu’ils ne croient pas qu’un jour Gaza sera reconstruite », a déclaré Smotrich.
Le ministre israélien d’extrême droite a prétendu que si Israël venait à annexer le territoire palestinien jusqu’à ce qu’il appelle la « Ligne jaune », Gaza resterait « très petite, surpeuplée et détruite », ajoutant que les Palestiniens comprendraient alors qu’« il ne sert à rien d’y rester ».
Smotrich a également évoqué la possibilité que des Palestiniens quittent Gaza pour d’autres pays. Selon lui, si les pays européens accueillaient chacun entre 20 000 et 30 000 Palestiniens de Gaza, cela « mettrait fin au problème ».
Il a reconnu que certains pays, dont l’Égypte, n’avaient pas accepté les mesures susceptibles de faciliter le départ des Palestiniens du territoire.
Ces déclarations replacent la question de la reconstruction de Gaza dans un débat plus large sur la possibilité que la destruction des infrastructures civiles et les restrictions imposées à la reconstruction contribuent au déplacement de la population palestinienne.
Les propos de Smotrich établissent explicitement un lien entre le refus de la reconstruction et son objectif déclaré d’inciter les Palestiniens à quitter Gaza, faisant ainsi de l’avenir du territoire et de la possibilité pour ses habitants d’y rester un enjeu central.
Ces propos interviennent dans un contexte de débat international persistant sur la reconstruction de Gaza, l’accès humanitaire et le futur statut politique du territoire assiégé.
La Cour internationale de Justice s’est déjà penchée sur la portée juridique du transfert forcé au regard de l’article 49 de la quatrième Convention de Genève.
Dans son avis consultatif de 2024, la Cour a estimé que la présence d’Israël dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 était « illicite » et devait prendre fin.
La plus haute juridiction des Nations unies a déclaré que « la présence continue d’Israël sur le territoire palestinien occupé est illicite », ajoutant qu’Israël avait « l’obligation » d’y mettre fin « dans les plus brefs délais ».
Dans cet avis consultatif de 83 pages, la Cour énumère un large éventail de politiques qu’elle juge contraires au droit international, notamment la construction et l’extension de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Qods-Est.