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L’Iran reste ouvert à la diplomatie, mais ne fait plus confiance aux États-Unis après deux attaques pendant les négociations (Pezeshkian)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le président iranien Massoud Pezeshkian (à droite) s’est exprimé lors d’une interview accordée à la chaîne d’information qatarie Al Jazeera, diffusée ce samedi 26 septembre 2026. ©president.ir

La République islamique d’Iran a perdu confiance dans les négociations avec les États-Unis, après que de précédents cycles de pourparlers ont été interrompus par des frappes et des sanctions, a indiqué le président iranien Massoud Pezeshkian, lors d’une interview accordée à la chaîne d’information qatarie Al Jazeera, diffusée ce samedi 26 septembre.

« Nous ne savons pas sur quelle base leur parler. Même après avoir mené des discussions, ils peuvent très facilement revenir sur ce qu’ils ont dit ou sur un accord qu’ils ont signé », a-t-il déploré.

« Cependant, afin de prouver au monde que nous privilégions le dialogue et que nous ne voulons pas de troubles ni de chaos dans la région, nous sommes de nouveau en discussion avec le Qatar et le Pakistan, qui jouent le rôle d’intermédiaires en transmettant les messages de l’Iran à Washington », a-t-il fait savoir.

Précisant que les discussions reposaient sur le mémorandum d’entente d’Islamabad conclu entre les deux parties en juin, il a souligné que Washington doit clarifier sa position sur cet accord, arrivé à expiration le mois dernier.

Abordant la question du détroit d’Ormuz, le président iranien a rejeté les accusations selon lesquelles Téhéran serait responsable de la perturbation du trafic maritime, affirmant que la fermeture de cette voie navigable stratégique est due aux actions américaines contre l’Iran.

« Ce sont les États-Unis qui ferment les voies et Israël qui met la région à feu », a-t-il fustigé, ajoutant que lorsque les voies d’accès à l’Iran sont fermées, Téhéran ferme naturellement les itinéraires afin d’empêcher leurs navires de passer.

Dans la foulée, le président iranien a ajouté que la crise peut être réglée par la diplomatie plutôt que par la force, réaffirmant que le trafic commercial pourrait reprendre si les négociations visant à mettre fin à la guerre aboutissaient. Cependant, a-t-il précisé, le détroit d’Ormuz ne peut servir au transport d’armes et d’équipements militaires utilisés pour alimenter les guerres dans la région.

Dans un autre volet de ses propos, M. Pezeshkian a qualifié les États-Unis d’agresseur dans cette guerre non provoquée, déclenchée le 28 février, avant de souligner que l’Iran n’a attaqué aucun pays depuis 200 ans.

« Ce sont les États-Unis que les sionistes ont entraînés dans le conflit par la ruse. Ces derniers pensaient qu’en attaquant l’Iran, ils feraient tomber le gouvernement en deux ou trois jours. Ils ont tué notre Leader et nos commandants et se disaient que, compte tenu de la situation économique difficile du pays, la population descendrait dans la rue. Ils avaient même armé [certains éléments], mais le résultat a été exactement l’inverse de ce qu’ils avaient escompté », a-t-il déclaré, avant de faire référence aux rassemblements du peuple iranien en soutien à la République islamique d’Iran et les forces armées du pays qui ont fait échouer les plans des Américains et des Israéliens.

« Nous avons résisté aux attaques américaines et israéliennes et nous continuerons à tenir bon », a-t-il souligné, ajoutant que ni l’assassinat des commandants iraniens ni les pressions économiques n’ont contraint les Iraniens à reculer.

Le président iranien a déclaré qu’Israël et les États-Unis ont mené des attaques contre l’Iran depuis l’espace aérien de pays musulmans, expliquant que Téhéran visait les bases utilisées par les forces américaines dans la région parce que les attaques contre l’Iran étaient lancées depuis ces installations.

À ce propos, il a souligné que l’Iran ne cherche rien au-delà du cadre du droit international et ne riposte que lorsque d’autres parties enfreignent ses règles.

Ailleurs dans ses remarques, le président iranien a établi un lien entre les sanctions imposées à l’Iran et les méthodes employées par Israël dans sa guerre génocidaire contre les Palestiniens à Gaza.

« Ceux qui privent les Iraniens de médicaments et de matières premières sont les mêmes que ceux qui coupent la nourriture et l’eau à Gaza », a-t-il affirmé, avertissant que quiconque pense pouvoir cibler l’Iran par le biais des sanctions « s’est trompé dans ses calculs ».

Plus loin dans ses propos, le président Pezeshkian a souligné que la sécurité régionale doit être assurée par la coopération entre les pays de la région, déclarant : « Nous n’avons pas besoin d’un gendarme régional ».

Selon ses mots, les États-Unis et Israël tentent de créer des divisions au sein des pays musulmans afin de contrôler les ressources de la région, soulignant que l’Arabie saoudite peut jouer un rôle dans la promotion de l’unité à travers le monde musulman.

En ce qui concerne la situation au Yémen, M. Pezeshkian a rejeté tout lien entre l’Iran et les actions des combattants du mouvement de résistance Ansarallah, affirmant que Téhéran est solidaire de tous ceux qui sont victimes d’injustice.

Il a appelé le Yémen et l’Arabie saoudite à régler leurs différends par le dialogue, soulignant qu’« un frère ne doit pas combattre son frère ». « Nous sommes prêts à contribuer au règlement du problème au Yémen ; nous ne sommes pas des fauteurs de guerre », a-t-il réaffirmé.

Concernant les questions intérieures, M. Pezeshkian a déclaré que les ennemis du pays cherchent à semer la discorde entre les responsables iraniens, alors que l’Iran connaît une « unité et une cohésion sans précédent ».

« Toutes les tentatives des États-Unis et d’Israël visent à empêcher un pays qui ne cherche qu’à compter sur ses propres moyens », a-t-il martelé.

« Je dis aux pays musulmans : unissons nos efforts et œuvrons pour nos peuples. Nous disposons de capitaux et de moyens ; les populations de la région ne devraient pas être confrontées au chômage, à la pauvreté, à l’orphelinat et au dénuement », a-t-il affirmé, avant de souligner que les États-Unis et Israël ne doivent pas exercer de pression sur les musulmans, les chasser de leurs foyers et les contraindre à l’exil. « Ils font cela aux musulmans sous nos yeux, puis tentent de nous dresser les uns contre les autres pour que nous nous combattions », a-t-il déploré.

Lors de cette interview, le président iranien a aussi indiqué s’être entretenu à deux reprises avec le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, dont une fois lors d’une réunion de sept heures consacrée à des questions majeures.

Ces propos du président iranien interviennent après sa participation, cette semaine, à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, aux côtés du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Les deux hommes y ont présenté une proposition visant à mettre fin à la guerre américano-israélienne contre l’Iran et à rouvrir le détroit d’Ormuz dans un délai de sept jours.

À noter que les États-Unis et le régime israélien ont lancé, le 28 février, leur guerre d’agression illégale contre l’Iran. Quarante jours plus tard, le 8 avril, la résistance courageuse de l’Iran et le succès de ses opérations de représailles ont contraint les ennemis à accepter un cessez-le-feu.

Le 17 juin, Téhéran et Washington ont signé le mémorandum d’entente d’Islamabad, composé de 14 points, qui prévoyait la fin des hostilités, la réouverture du détroit d’Ormuz et la poursuite des négociations en vue d’un accord définitif. Washington a toutefois violé toutes les dispositions de cet accord, poussant l’Iran à apporter une réponse ferme.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV