TV
Infos   /   A La Une   /   Iran   /   Moyen-Orient   /   L’INFO EN CONTINU

Iran : Araghchi propose un plan en sept jours pour la réouverture conditionnelle du détroit d’Ormuz

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’adresse aux médias en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, aux États-Unis, le 25 septembre 2026.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a présenté un plan en sept jours pour la réouverture du détroit d’Ormuz. Il a indiqué que sa mise en œuvre débuterait immédiatement si les États-Unis acceptaient les conditions de l’Iran.

S’exprimant vendredi lors d’une conférence de presse au siège des Nations unies à New York, le chef de la diplomatie iranienne a expliqué que « le délai de sept jours commencera dès que les États-Unis accepteront ce plan ».

« Si cela se produit demain, la mise en œuvre du plan commencera immédiatement », a-t-il déclaré.

M. Araghchi a indiqué que, selon l’Iran, le processus nécessaire pourrait être achevé en quatre ou cinq jours si les mesures requises étaient prises.

Selon le ministre des Affaires étrangères, le calendrier proposé prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz au sixième jour, suivie de la conclusion d’un accord définitif avec les États-Unis au septième jour.

Il a précisé que les mesures attendues des États-Unis avaient déjà été communiquées à la partie américaine et s’inscrivaient dans le cadre du mémorandum d'entente négocié sous médiation pakistanaise.

L'Iran a fermé ce point de passage stratégique à la suite du lancement, le 28 février, d'une nouvelle vague d'agressions américano-israéliennes non provoquées contre le pays.

La République islamique d'Iran et les États-Unis avaient convenu d'une période de réouverture de 60 jours dans le cadre du mémorandum d'entente signé en juin, mais les violations américaines ont contraint Téhéran à rétablir la fermeture.

« Si les États-Unis font preuve du sérieux nécessaire, cela se concrétisera et le détroit d'Ormuz sera rouvert », a affirmé M. Araghchi.

Le responsable a réaffirmé l’engagement de l’Iran en faveur d’une navigation sûre et sécurisée, tout en soulignant que la sécurité maritime ne pouvait être rétablie par de nouvelles agressions militaires, des menaces, un blocus ou des pressions économiques, autant de moyens de pression utilisés par Washington à l’encontre de Téhéran.

« Le détroit d’Ormuz est resté ouvert jusqu’au 28 février 2026 », a-t-il précisé ajoutant que l’insécurité dans cette voie maritime et les perturbations de la navigation étaient la conséquence directe des actions agressives des États-Unis et du régime israélien.

M. Araghchi a rappelé qu’en vertu de l’article 5 du mémorandum, l’Iran s’était engagé à prendre les dispositions nécessaires pour faciliter le passage sûr des navires. Il a ajouté que la République islamique d’Iran avait immédiatement entamé des discussions techniques avec le Sultanat d’Oman afin de mettre en œuvre cet engagement et de rétablir le trafic maritime à ses niveaux d’avant-guerre.

A lire: La crise économique liée au détroit d'Ormuz est une conséquence directe de l'agression américano-israélienne (envoyé iranien à l'ONU)

« Dans les deux semaines suivant la mise en œuvre du mémorandum d'entente, le trafic maritime avait retrouvé environ 60% de son niveau d’avant-guerre », a-t-il expliqué.

Toutefois, l'agression militaire unilatérale ultérieure des États-Unis et d'autres mesures agressives ont violé le mémorandum et mis un terme à sa mise en œuvre, a-t-il précisé.

M. Araghchi a affirmé que l’Iran continuait de réaffirmer son attachement au droit international, à la Charte des Nations unies et à la diplomatie, citant notamment les négociations ayant abouti à l’accord nucléaire de 2015 entre la République islamique d'Iran et les puissances mondiales, ainsi que les efforts diplomatiques déployés par Téhéran au cours des deux dernières années.

Il a dénoncé le recours des États-Unis et du régime israélien à « l’agression, aux menaces, aux assassinats, à la guerre économique et au mépris flagrant » du droit international et de la Charte des Nations unies.

La dernière vague d’agressions américano-israéliennes contre l’Iran a fait plus de 5 000 morts, dont des centaines de femmes et d’enfants, a-t-il indiqué. Il a également évoqué des attaques contre des zones résidentielles, des écoles, des hôpitaux, des installations énergétiques, des sites sportifs et culturels, ainsi que des infrastructures de transport et d’autres cibles civiles.

M. Araghchi a par ailleurs condamné Washington pour avoir eu recours à la privation économique comme moyen de pression politique.

« Ce n’est pas de la diplomatie ; c’est de la coercition et du terrorisme économique », a-t-il dénoncé.

Il a ajouté que ces mesures violaient les droits de l'Iran ainsi que les mesures conservatoires contraignantes ordonnées par la Cour internationale de Justice le 3 octobre 2018, lesquelles exigeaient des États-Unis qu'ils assouplissent les sanctions rétablies contre la République islamique d'Iran après leur retrait de l'accord nucléaire plus tôt cette même année.

Évoquant les allégations visant le programme d'énergie nucléaire iranien, M. Araghchi a affirmé qu'elles étaient de nature politique.

Il a qualifié de « gros mensonge » l'affirmation selon laquelle l'Iran serait « sur le point » d'acquérir l'arme nucléaire, rappelant que la République islamique est partie au Traité sur la non-prolifération nucléaire depuis 1970 et qu'elle est soumise, depuis des décennies, à une surveillance approfondie de la part de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Il a également affirmé que les États-Unis ne pouvaient prétendre défendre la non-prolifération nucléaire tout en ciblant des installations nucléaires civiles placées sous les garanties de l'AIEA, faisant ainsi référence aux actes d'agression de Washington contre les sites nucléaires iraniens.

« La balle est désormais dans le camp des États-Unis »

Dans une autre partie de son intervention, M. Araghchi a déclaré que la responsabilité de la prochaine étape revenait désormais à Washington.

« Le choix appartient désormais aux États-Unis. L’Iran n’acceptera ni la coercition, ni les menaces, ni l’intimidation et ne renoncera pas à ses droits souverains sous la pression », a-t-il réitéré.

« Les Nations unies ont été créées pour empêcher que la “loi de la jungle” ne se substitue à la primauté du droit international. La Charte des Nations unies n’est pas facultative. La souveraineté n’est pas conditionnelle. La diplomatie ne signifie pas la capitulation. Et la paix ne peut se construire sur des menaces d’anéantissement », a déclaré le diplomate, faisant allusion aux menaces répétées du président américain Donald Trump contre la République islamique d’Iran.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV