Le président iranien Massoud Pezeshkian a averti que Téhéran répondrait « avec force et détermination » si les États-Unis poursuivaient leur guerre contre l’Iran, réaffirmant que la République islamique d’Iran n’avait ni choisi ni recherché la guerre.
« Nous n’avons jamais déclenché de guerre, mais si l’Amérique souhaite continuer à se battre contre nous, nous répondrons avec force et détermination », a déclaré M. Pezeshkian jeudi 24 septembre, lors d’une interview accordée à Bret Baier de Fox News en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Le président iranien a en outre affirmé que bien que l’Iran ne cherche pas la guerre, le pays reste « résolu à se défendre ». Il a par la suite dénoncé toutes les pressions dans l’espoir de contraindre l’Iran à la capitulation, et ce, en dehors de tout cadre juridique du droit international. Une demande « impossible », a-t-il martelé.
Et d’ajouter : « Nous n’avons pas choisi la guerre. La guerre nous a été imposée. Nous ne recherchons pas la guerre. Au contraire. Mais lorsqu’ils nous attaquent, nous nous devons de nous défendre. »
Le président iranien a affirmé que l’Iran avait été attaqué « sans aucune justification ni cadre légal », affirmant que les États-Unis « ont assassiné notre Leader martyr, nos scientifiques, nos commandants militaires, nos responsables gouvernementaux et nos enfants ».
Les États-Unis et Israël ont en effet attaqué l’Iran en février dernier. Cette guerre non provoquée, a entraîné le martyre du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah seyyed Ali Kamenei, mais également de plusieurs hauts responsables, commandants militaires et scientifiques iraniens, sans compter les nombreux civils.
Rejetant les accusations américaines qualifiant l’Iran de pays terroriste, M. Pezeshkian a ajouté : « Le président américain a déclaré que nous étions des terroristes, mais en réalité, tout le monde peut facilement constater que nous avons été victimes et cibles du terrorisme. »
« Ils nient l’évidence. Et pourtant, ils nous accusent de cela », a-t-il souligné.
Les négociations restent soumises au droit international
Interrogé sur les négociations indirectes entre des diplomates iraniens et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner à New York, M. Pezeshkian a affirmé que la position iranienne restait fondée sur le droit international et que les demandes de Téhéran n’avaient jamais dépassé ses droits légitimes.
Il a également indiqué que Téhéran était « disposé » à aller de l’avant avec le mémorandum d’entente d’Islamabad.
Une « profonde méfiance » après le retrait américain du PGAC
Le président Pezeshkian a également souligné que la « profonde méfiance » entre les deux parties constituait le principal obstacle aux négociations, ce qui s’explique par le retrait unilatéral des États-Unis du Plan global d’action conjoint (PGAC) en mai 2018.
« Votre président a déchiré cet accord », a-t-il fait remarquer, avant de poser la question suivante : « Si nous ne sommes pas capables de nous faire confiance dans le cadre d’un dialogue, comment pouvons-nous espérer que ces problèmes soient un jour résolus ? »
Liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz
M. Pezeshkian a souligné que le détroit d’Ormuz était entièrement ouvert avant le début de l’agression terroriste américano-israélienne contre l’Iran.
Il a expliqué que le contrôle par l’Iran du transit énergétique dans ce passage stratégique est une réponse à cette agression ainsi qu’au blocus illégal imposé par les États-Unis aux navires iraniens.
M. Pezeshkian a expliqué que le problème tenait au fait que ceux qui avaient assuré la sécurité de la navigation dans le détroit tout au long des années se voyaient désormais interdire de faire passer leurs propres navires par celui-ci, et que, dans ces circonstances, l’Iran ne pouvait reconnaître ce droit à d’autres navires.
« Les États-Unis nous interdisent désormais d’utiliser cette voie navigable. Pour quelle raison ? Sur quels motifs ? La navigation n’est-elle pas censée être libre ? », a-t-il demandé.
Le détroit d’Ormuz a constitué un enjeu central dans la mise en œuvre du mémorandum d’entente d’Islamabad. Cet accord prévoyait notamment le rétablissement du trafic commercial à travers le détroit, tandis que Téhéran avait assumé sa responsabilité concernant le fonctionnement normal des activités maritimes et la sécurité du passage. Toutefois, a-t-il poursuivi, les États-Unis ont violé cet accord en ouvrant une route dangereuse le long des côtes d’Oman.
Pezeshkian rejette le bilan avancé sur les morts lors des émeutes de janvier
M. Pezeshkian a également évoqué les émeutes armées soutenues depuis l’étranger qui ont éclaté en Iran en janvier.
Il a fermement rejeté les allégations faisant état d’un nombre de morts beaucoup plus élevé et a souligné que l’Iran avait publié les informations permettant d’identifier les personnes tuées.
Il a déclaré que les numéros d’identification nationaux et les actes de naissance de 3 015 personnes avaient été rendus publics, contredisant ainsi les allégations de Trump selon lesquelles 70 000 personnes auraient été tuées lors des émeutes.
M. Pezeshkian a exigé que toute information faisant état de 40 000 ou 70 000 morts soit étayée par des preuves. Il a précisé que, parmi les quelque 3 000 personnes ayant perdu la vie, environ 500 appartenaient aux forces de sécurité et de police.
Il a également évoqué les déclarations de Trump concernant les groupes armés impliqués dans les émeutes. « Votre propre président a reconnu qu’ils avaient armé et équipé des instigateurs, et que cela était censé mener à un coup d’État. Pas à un soutien à des manifestations pacifiques », a-t-il renchéri. Il a ainsi fait la distinction entre des manifestations pacifiques et la violence armée.
Il a attribué l’ampleur des décès parmi les forces de sécurité à l’introduction des armes à feu dans les émeutes. « Pourquoi ? Parce que la puissance de feu des émeutiers constituait le nouvel élément introduit », a-t-il dénoncé, déplorant que des citoyens ordinaires aient perdu la vie à cause de ces machinations.
Pour mémoire, des manifestations économiques pacifiques ont commencé fin décembre 2025 avant de dégénérer en violence. Les autorités iraniennes ont affirmé que des groupes soutenus par l’étranger avaient exploité ces manifestations.
Des images vidéo ont permis de montrer ce qui s’était réellement déroulé pendant les émeutes.
« Ils s’imaginaient que cela ne durerait que trois jours »
M. Pezeshkian a en outre attribué les émeutes à une tentative des États-Unis et d’Israël de renverser l’Ordre islamique.
« Donald Trump lui-même a reconnu que des individus avaient été armés par les États-Unis dans le but de faire tomber l’Ordre islamique. »
Il a également rappelé que des agents des services d’espionnage israéliens avaient fait part des plans visant à pénétrer dans plusieurs villes iraniennes.
« Ils s’attendaient à un effondrement rapide de l’Ordre islamique. Ils pensaient que celui-ci ne tiendrait que trois jours, mais en vain. L'Iran reste plus uni que jamais », a ponctué le président iranien Massoud Pezeshkian.