Le président du Conseil politique suprême du Yémen, Mahdi al-Mashat, a rejeté les accusations de l’Arabie saoudite concernant une attaque de drone près de La Mecque, soutenant que ceux qui avaient offert à Jeffrey Epstein la kiswah de la Kaaba sont les mêmes qui s'en prennent aux lieux saints musulmans.
« Ceux qui ont offert la kiswah — le tissu qui recouvre la Kaaba à La Mecque — au criminel Epstein sont ceux qui ciblent La Mecque et les lieux saints musulmans », a-t-il dénoncé dans un communiqué publié mercredi soir.
« De telles accusations ne peuvent plus tromper les peuples arabes et musulmans, pas plus que les précédentes allégations faisant état de menaces contre la navigation maritime internationale en mer Rouge n’y sont parvenues », a-t-il ajouté.
La divulgation, au début de cette année, de documents concernant Jeffrey Epstein, l’Américain condamné pour des faits de trafic sexuel, a révélé que des tentures textiles ornées de versets coraniques brodés, qui avaient auparavant recouvert la Kaaba, avaient été expédiées à son domicile en 2017.
Mahdi al-Mashat a souligné que le peuple yéménite avait bien démontré son attachement profond aux lieux saints de l’islam et sa détermination à les défendre, ajoutant que toutes les composantes de la société yéménite étaient prêts à faire des sacrifices pour défendre la Grande Mosquée, tout comme ils ont soutenu la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam après la Grande Mosquée de La Mecque et la mosquée du noble prophète à Médine.
Il a également rappelé que les Yéménites étaient régulièrement descendus dans la rue pour protester contre les profanations et les atteintes aux symboles sacrés de l’islam, notamment le Saint Coran et le noble prophète de l’islam, le très vénéré Mohammad (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants), ainsi que les lieux saints de La Mecque et l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa, située dans la vieille ville d’al-Qods occupée par Israël.
Ces déclarations sont intervenues après que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a prétendu que les défenses aériennes saoudiennes avaient intercepté et détruit un drone lancé par les forces armées yéménites à proximité de La Mecque. Le gouvernement yéménite a catégoriquement démenti toute responsabilité dans cette affaire.
Le porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, Turki al-Malki, a allégué que le drone avait été intercepté mardi vers 18 h 50, heure locale (15 h 50 GMT), avant qu'il ne puisse pénétrer dans l’espace aérien interdit, et que ses débris étaient tombés au sud de la ville.
Mardi, un responsable militaire yéménite a vivement dénoncé la diffusion par l’Arabie saoudite de récits fabriqués de toutes pièces, de déclarations trompeuses et d’informations fausses concernant de prétendues menaces en provenance du Yémen contre la ville sainte de La Mecque.
S’exprimant auprès de l’agence de presse officielle yéménite SABA, le responsable a catégoriquement rejeté toute menace provenant du Yémen visant la ville sainte de La Mecque ou tout autre lieu sacré de l’islam.
Le 20 juillet, le gouvernement de Sanaa a annoncé l'instauration d'un blocus naval contre l’Arabie saoudite, en réponse à « un siège injuste et arbitraire » imposé au Yémen depuis mars 2015, date à laquelle l’Arabie saoudite et ses alliés ont lancé une vaste campagne militaire, tuant des dizaines de milliers de Yéménites sans parvenir pour autant à atteindre leur objectif déclaré d'imposer un régime fantoche au service de leurs intérêts.
Depuis, l’armée yéménite a mené plusieurs opérations couronnées de succès contre des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge.
La semaine dernière, les forces armées yéménites ont pris le contrôle de l’ensemble du littoral de la mer Rouge, après avoir repoussé les forces soutenues par Riyad. Cette évolution a été suivie de frappes saoudiennes contre des positions yéménites, notamment des infrastructures civiles.