Les forces d’occupation israéliennes ont considérablement intensifié leur campagne de démolitions systématiques dans le sud du Liban, faisant exploser des dizaines de maisons, une école publique, des puits d’eau et des infrastructures civiles — notamment lors d’une détonation massive de 1 100 tonnes sur la crête stratégique d’Ali al-Taher, qui a provoqué une secousse sismique de magnitude 4,1 ressentie dans toute la région.
L’Agence nationale d’information (ANI), agence publique libanaise, a rapporté que les forces israéliennes ont fait exploser, ce vendredi 11 septembre, « la majeure partie » d’une école publique dans la localité de Mansouri, dans le district de Tyr, ne laissant qu’une petite section intacte.
Cette démolition s’est accompagnée d’une frappe aérienne israélienne sur la localité, où plus de 75 explosions ont été enregistrées rien qu’au cours de la semaine écoulée. L’ANI a également signalé que les forces d’occupation avaient fait exploser deux puits artésiens servant à l’approvisionnement en eau à Mansouri.
Des démolitions contrôlées à grande échelle ont été menées à Mays al-Jabal, Bani Hayyan et dans d’autres zones, selon le correspondant de la chaîne Al Mayadeen.
« Depuis minuit, Mansouri et ses environs ont fait l’objet de plus de dix puissantes explosions, provoquant de fortes secousses ressenties par les habitants de la ville de Tyr et des villages voisins », a-t-il rapporté.
Jeudi après-midi, deux frappes aériennes israéliennes ont touché Nabatieh al-Fawqa alors que les démolitions s’intensifiaient dans le sud, a indiqué l’ANI.
L’ANI a en outre rapporté que les forces d’occupation avaient provoqué une importante explosion dans le secteur d’Al-Dabesh, à l’ouest de Mays al-Jabal, détruisant une installation de tri des déchets ainsi que plusieurs habitations et des installations industrielles et agricoles. Des explosions ont également été signalées à Baraachit, Bani Hayyan et à la périphérie de Srobbine.
Des tirs d’artillerie ont visé Kfar Tibnit, dans le district de Nabatieh, tandis que des avions de combat ont frappé la zone située entre Zibqin et Shihin, au sud-est de Tyr. Des explosions ont aussi été entendues à l’intérieur du camp d’Ain al-Hilweh, à Saïda, où une bombe a explosé sans toutefois faire de victimes.
Selon l’ANI, Israël utilise de nouvelles méthodes pour détruire les habitations, notamment en employant des drones pour larguer des barils remplis d’explosifs sur les toits avant de les faire détoner à distance.
Le général de brigade à la retraite, Hassan Jouni, a déclaré au journal Asharq Al-Awsat qu’Israël est en train de « remodeler la géographie » du sud du Liban, détruisant des maisons « uniquement en raison de leur emplacement » — et pas nécessairement parce qu’elles abritent des infrastructures du Hezbollah.
L’armée israélienne a fait exploser 1 100 tonnes d’explosifs sur la crête d’Ali al-Taher tard jeudi, détruisant ce qu’elle a prétendu être un réseau de tunnels du Hezbollah s’étendant sur plus de deux kilomètres.
L’explosion a provoqué une secousse de magnitude 4,1, enregistrée par l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) et ressentie dans tout le sud du Liban.
Cette campagne de démolitions a débuté en 2024, après l’échec d’une invasion terrestre contre le Hezbollah et la mise en œuvre d’un cessez-le-feu fragile parrainé par les États-Unis.
Depuis le 2 mars, des dizaines de milliers de maisons — représentant des villages frontaliers entiers — ont été détruites et dynamitées par Israël.
Le régime de Tel-Aviv affirme ouvertement que cette campagne de nettoyage ethnique vise à déplacer les populations civiles. Israël « détruit toutes les maisons de la zone », a affirmé Katz le mois dernier. En juin, il avait déclaré que des centaines de milliers de civils libanais « ne retourneraient pas » chez eux.
Les autorités sanitaires libanaises ont fait état de 19 décès entre dimanche et lundi, portant le bilan total des morts depuis mars à 4 381 tandis que l’UNICEF a signalé que 17 enfants avaient été tués ou blessés au Liban au cours des cinq derniers jours.