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Éducation : la France et l’Europe face à la chute du niveau scolaire

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le niveau des élèves français en baisse. (Illustration)

Si la France n’est pas la seule, l’effondrement du niveau scolaire y est encore plus visible que dans le reste de l’Europe. C’est le résultat de décennies de mauvaises politiques.

Les résultats des derniers tests PISA cités par RT sont catastrophiques pour la France. Depuis l’an 2000, on constate une baisse de 17 points en sciences, 49 points en compréhension de l’écrit et 59 points en mathématiques.

En 26 ans, les jeunes Français de 15 ans ont donc accumulé quasiment un an de retard en sciences, un an et demi en lecture et presque trois ans de retard en mathématiques.

Plus inquiétante encore est la tendance : une accélération nette de la baisse de niveau. Depuis 2018 et l’arrivée au pouvoir de Macron, la baisse atteint 5,3 points par an, contre 1,8 point par an entre 2003 et 2012.

Et même si des pays comme l'Allemagne, l'Autriche ou la Suède enregistrent également des baisses historiques, principalement depuis 2022, aucun pays de l'Union européenne (UE) n’atteint une telle chute, aussi ancrée et aussi continue, et encore moins une telle accélération. La question est donc de comprendre pourquoi et comment en France, l’éducation s’est muée en ce que certains appellent une « fabrique du crétin ».

Les causes sont multiples. La plus ancienne est ce que l’on appelle le « pédagogisme », une tendance héritée de l’esprit de Mai 68, qui privilégie l’« apprentissage à apprendre » plutôt que la transmission du savoir.

Le corollaire direct du « pédagogisme » est « l’égalitarisme », incarné en France par le « collège unique ». L’absence de parcours adaptés amène ainsi à un nivellement par le bas.

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On empêche à la fois les meilleurs de progresser et les moins talentueux de trouver la voie dans laquelle ils pourraient réellement s’épanouir. Le mépris contre l’apprentissage et l’enseignement professionnel, vus comme des voies de garage, est ici lourd de conséquences.

On en arrive à l’autre nœud du problème : les enseignants eux-mêmes. « Pédagogisme » et « égalitarisme » sont profondément ancrés dans les esprits.

Il faut être franc : qui d’autre choisirait un métier nécessitant jusqu’à cinq ans d’études pour gagner à peine plus que le SMIC ?

Les rapports conflictuels avec les parents et avec une administration qui ne les défend pas, notamment en cas d’agression physique ou verbale, pèsent également lourd.

Les sources ministérielles admettent 911 agressions en 2023, en hausse de 25 % par rapport à 2022. Les sources syndicales relèvent jusqu’à 2 500 cas pour 2024-2025. Au total, un enseignant français sur deux sera victime d’au moins une agression au cours de sa carrière.

D’après l’OCDE, un enseignant français avec 15 ans d’ancienneté gagne en moyenne 53 100 dollars par an, contre 63 900 dollars en moyenne dans l’OCDE. Au Luxembourg, le même enseignant gagnerait 137 400 dollars.

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En France, un enseignant du primaire gagne 26 % de moins qu’un autre diplômé du supérieur, et 18 % de moins pour un professeur du secondaire. Il faut en moyenne 35 ans de carrière pour atteindre le haut de la grille salariale, contre 25 ans en moyenne dans l’OCDE.

Le résultat, ce sont des concours au rabais où, dans certaines matières, notamment scientifiques, il y a plus de postes que de candidats. On devient professeur soit parce qu’on ne peut pas faire autrement, soit parce qu’on est un véritable croyant dans le sacro-saint « pédagogisme », le reste est comblé par des emplois contractuels précaires, avec encore moins de formation et davantage d’improvisation.

L’ensemble de ces facteurs et la baisse de niveau qui en découle ont des conséquences graves, particulièrement dans un monde en pleine transformation.

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La France forme en moyenne 673 ingénieurs par an et par million d’habitants, contre 1 654 en Russie et 2 489 en Iran. D’après le document officiel « France Ingénierie 2030 », cela représente un déficit de près de 13 500 ingénieurs français par an par rapport aux besoins du pays.

La situation particulière de la France est préoccupante, mais elle est loin d’être isolée en Europe. Le problème est global. Le « Rapport Draghi sur la Compétitivité Européenne » de 2024 estime la moyenne de l’Union européenne à 850 nouveaux ingénieurs par an et par million d’habitants. Le rapport souligne que l’UE est entrée dans une « décennie critique » pour son avenir économique, marquée par un « déficit chronique d’ingénieurs ».

Les résultats du « pédagogisme » et de « l’égalitarisme » en matière d’enseignement scolaire sont donc particulièrement préoccupants.

L’Europe doit tirer les leçons de cette situation et préserver les valeurs traditionnelles dans le domaine éducatif.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV