À l’approche des débats sur le budget 2027 et de l’élection présidentielle, la presse étrangère scrute la situation budgétaire de la France, qu’elle juge « catastrophique ».
L’agence de notation financière américaine Fitch a beau avoir accordé un répit à la France en maintenant sa note souveraine à A+ la semaine dernière, le pays est (très) loin d’être sorti d’affaire.
Avec un déficit public toujours proche des 5% du PIB et une dette qui ne cesse de grimper (117% du PIB), l’hexagone apparaît clairement comme le nouveau cancre de l’Europe en matière de gestion budgétaire.
Sur les marchés, la France emprunte désormais à plus de 4,20% à 10 ans, du jamais vu depuis 2008. Dit autrement, les investisseurs -qui n’oublient pas par ailleurs que sa charge de la dette devrait atteindre 77 milliards d’euros cette année et même 120 milliards en 2030- réclament une meilleure rémunération pour prêter à une France incapable d'assainir ses comptes.
Tous ces indicateurs dégradés inquiètent aussi la presse étrangère, multipliant les articles dédiés à la dette de la France.
« La situation budgétaire (de la France) semble catastrophique », juge dans le Financial Times Mike Riddell, gestionnaire de portefeuille chez Fidelity International.
Responsable de la stratégie actions et obligataires chez Edmond de Rothschild, Guilhem Savry assure lui que « la dette française n’est pas viable à long terme et que les marchés commencent à le comprendre ». « L’avenir est très sombre pour la France », prévient-il encore dans le Wall Street Journal.
En Allemagne, le site d’actualité Web.de évoque une « bombe à retardement » et constate que « la France vit au-dessus de ses moyens depuis des années ». « Durant la présidence d’Emmanuel Macron, la dette publique française a atteint plus de 3 500 milliards d’euros, soit la plus importante de toute l’UE. (…) La situation est d’autant plus préoccupante que l’économie française stagne » et que le taux de chômage remonte pour « s’élever à 8%», ajoute le média.
Certes, « l’augmentation des déficits et le ralentissement de la croissance sont devenus un problème mondial à la suite de la pandémie de Covid-19, des guerres et des crises énergétiques successives », reconnaît CNBC mais la France « se distingue », selon John Stopford, responsable des revenus multi-actifs chez Ninety One, interrogé par la chaîne de télévision américaine.
Daire MacFadden qui rédige des articles d’opinion pour le Financial Times alerte de son côté sur « la crise de la dette qui guette la France », même si la situation budgétaire du pays « n'est pas un problème nouveau ». Effectivement, l’état des finances publiques de la France n’était déjà pas reluisant au moment de la crise des dettes souveraines, mais la France avait à l'époque échappé à la sanction des marchés. Pas tant grâce à ses efforts de « redressement de ses finances publiques » mais davantage parce que les marchés ont « négligé ses problèmes », eux qui étaient « occupés » par les pays alors en difficulté, (Grèce, Espagne…), juge l'éditorialiste.