Un tribunal israélien a rejeté un appel visant à libérer deux militants étrangers pro-palestiniens qui avaient été enlevés par les forces du régime sioniste lors d’une attaque contre une flottille d’aide humanitaire à destination de Gaza, en eaux internationales.
Le 30 avril, les forces navales israéliennes ont pris pour cible les navires de la mission « Printemps 2026 » de la flottille mondiale Sumud, qui visait à briser le blocus israélien de Gaza et à acheminer une aide humanitaire essentielle, au large des côtes grecques en mer Méditerranée.
Saif Abou Keshek, ressortissant espagnol d’origine palestinienne, et le Brésilien Thiago Avila figuraient parmi les dizaines de militants enlevés lors de l’attaque. Les deux hommes ont été emmenés en Israël pour être interrogés, tandis que les autres ont été conduits sur l’île grecque de Crète et relâchés.
Adalah, l’organisation de défense des droits humains représentant Avila et Abou Keshek, tous deux en grève de la faim, a déclaré mercredi que le tribunal de district de Beersheba avait confirmé une décision de justice antérieure prolongeant la détention des deux militants pro-palestiniens jusqu’à dimanche matin.
Adalah soutient que cette décision est « à la fois illégale et déraisonnable », soulignant que les militants sont maintenus en « isolement total dans des conditions punitives malgré la nature purement civile de leur mission ».
Les deux militants ont comparu devant le tribunal de district, les pieds enchaînés, a rapporté un journaliste de l’AFP. Abou Keshek paraissait épuisé et était assis, les mains jointes sur les genoux, tandis qu’Avila semblait calme, selon le journaliste.
« Comme nous l’avons dit dès le premier jour, il s’agit d’une arrestation illégale survenue dans les eaux internationales, où les militants ont été enlevés par la marine israélienne sans aucune autorisation légale », a déclaré mercredi Hadeel Abou Salih, avocate de l’organisation Adalah, à l’issue de l’audience.
« Il est très préoccupant de constater que le système judiciaire donne la carte blanche aux forces israéliennes pour poursuivre ces arrestations illégales, leur conférant ainsi une légitimité pour recommencer et enlever des ressortissants étrangers », a-t-elle ajouté.
Adalah a également fustigé les autorités israéliennes pour avoir soumis les hommes détenus à des mauvais traitements continus.
« Saif nous a dit qu’il avait cessé de boire de l’eau en plus de sa grève de la faim qu’il a entamée jeudi matin », a précisé Abou Salih.
« Ils nous disent aussi qu’ils les interrogent sans cesse, presque toute la journée, et que les questions tournent toujours autour du même sujet : la mission humanitaire. »
Adalah avait précédemment révélé que les deux hommes étaient détenus à l’isolement total, soumis à un éclairage intense 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans leurs cellules et maintenus les yeux bandés lors de leurs déplacements, y compris pendant les examens médicaux.
L’Espagne, le Brésil et les Nations unies ont exigé leur libération immédiate.
« Faire preuve de solidarité et tenter d’apporter une aide humanitaire à la population palestinienne de Gaza, qui en a désespérément besoin, n’est pas un crime », a déclaré Thameen al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, dans un communiqué.
Dimanche, la flottille, composée de plus de 50 embarcations transportant des militants de plusieurs pays, a appareillé d’Italie en direction de Gaza, où la guerre génocidaire menée par Israël a fait 72 599 morts et 172 411 blessés parmi les Palestiniens.
Lors d’une opération similaire, en octobre 2025, les forces israéliennes ont intercepté une quarantaine de bateaux de la flottille et arrêté plus de 450 participants, dont le petit-fils du dirigeant sud-africain Nelson Mandela, la militante suédoise Greta Thunberg et la députée européenne Rima Hassan.
Certains détenus ont par la suite fait état de violences physiques et psychologiques subies en détention. Le régime sioniste a ensuite expulsé les militants.