L’Iran rejette les menaces et la coercition et reste attaché au dialogue, au respect mutuel et à une diplomatie gagnant-gagnant, a déclaré le président Massoud Pezeshkian, alors que Washington continue de proférer des menaces militaires contre l’Iran.
M. Pezeshkian a fait cette déclaration lors d’une conversation téléphonique vendredi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Les deux présidents ont discuté des tensions régionales croissantes, mettant en garde contre les actions provocatrices et bellicistes.
Les présidents iranien et turc ont échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et ont souligné la nécessité d’adopter des approches diplomatiques, fondées sur l’interaction et le dialogue pour résoudre les problèmes.
Ils ont également appelé à éviter toute mesure provocatrice, susceptible de créer des tensions et de mener à une guerre dans la région, selon un communiqué du bureau du président iranien.
Au cours de cet appel, Pezeshkian a souligné la politique de principe de l’Iran consistant à mener une diplomatie qui garantit la dignité [de la nation] dans le cadre des lois et réglementations internationales.
Il a déclaré que l’approche de l’Iran repose sur le dialogue, le respect mutuel, le rejet des menaces et du recours à la force, et ce en adhérant à une logique gagnant-gagnant.
Le président iranien a souligné que la mise en place de processus diplomatiques et de dialogue efficaces exige l’instauration d’une confiance mutuelle.
Il a ajouté que le succès de toute initiative diplomatique repose sur la démonstration de bonne volonté des parties concernées et l’abandon des actions belliqueuses et menaçantes dans la région.
Les deux présidents ont également souligné l’importance de la coopération régionale, le rôle constructif des pays de la région dans la préservation d’une stabilité et d’une sécurité durables, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de dialogue pour réduire les tensions et prévenir l’escalade des crises.
M. Erdogan a déclaré à son homologue iranien qu’Ankara était prête à jouer un rôle de facilitateur entre l’Iran et les États-Unis pour « désamorcer » les tensions, selon un communiqué de la présidence turque.
Cet appel est intervenu alors que le plus haut diplomate iranien, Abbas Araghchi, se trouvait en Turquie pour des entretiens de haut niveau avec des responsables turcs sur l’évolution de la situation régionale et les relations bilatérales.
Ces échanges diplomatiques interviennent dans un contexte de rhétorique menaçante exacerbée de la part de Washington.
Le président américain Donald Trump a récemment déclaré à la presse qu’une « autre magnifique armada » de navires de guerre se dirigeait vers l’Iran.
Dans des déclarations ultérieures et des publications en ligne, Trump a affirmé que ce déploiement visait à faire pression sur l’Iran pour qu’il négocie, avertissant que l’échec des négociations déclencherait une frappe militaire « bien pire » que l’attaque américaine contre les installations nucléaires iraniennes en juin 2025.
L’Iran a rejeté à maintes reprises les menaces et la coercition, insistant sur le fait que la diplomatie ne peut aboutir sous la pression ou l’intimidation.
Le pays s’est dit prêt à dialoguer s’il s’agit de négociations justes et fondées sur le respect mutuel, tout en avertissant que toute attaque militaire des États-Unis ou de leurs alliés contre ses intérêts entraînerait une riposte rapide et décisive.
La Turquie a toujours exprimé son opposition à une action militaire et devait proposer une médiation entre Washington et Téhéran lors de ses entretiens avec Araghchi vendredi. Erdogan aurait également exhorté Washington à participer à une réunion trilatérale de haut niveau, à en croire le quotidien turc Hürriyet, proche du gouvernement.