Dans un contexte de menaces croissantes des États-Unis, plusieurs pays de la région ont publiquement rejeté toute utilisation de leurs territoires ou de leurs espaces aériens pour une action militaire contre l’Iran.
Les derniers développements régionaux et internationaux ont été, cette semaine, au cœur des échanges diplomatiques du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi avec ses homologues du Qatar, d’Égypte, des Émirats arabes unis, du Pakistan, d’Oman et de la Turquie. Des pourparlers, qui interviennent alors que la menace de Washington persiste et que le ton devient de plus en plus belliqueux contre la République islamique.
Dans une telle situation, la priorité sera « une gestion responsable » des tensions, ont souligné les ministres des Affaires étrangères des pays susmentionnés, qui ont mis en garde contre les conséquences d’un nouvel aventurisme dans la région pour la sécurité et la stabilité régionales.
L’Azerbaïdjan, entre autres, reste déterminé à renforcer les relations bilatérales et élargir la coopération.
Dans un échange téléphonique avec son homologue azerbaïdjanais, M. Araghchi a exposé les développements régionaux avant de mettre en garde contre les menaces pouvant résulter de l’ingérence déstabilisatrice des États-Unis et des politiques expansionnistes du régime israélien.
Le chef de la diplomatie iranienne a noté que la responsabilité des pays de la région est de contrer les menaces à la paix et à la stabilité et d’empêcher toute tierce partie d’exploiter leur territoire pour mettre la région en danger.
Le ministre des Affaires étrangères Djeyhoun Baïramov a assuré qu’il ne permettrait jamais l’utilisation de l’espace aérien ou du territoire de son pays par un État tiers pour des attaques militaires contre l’Iran voisin. Il s’est également dit inquiet de l’escalade des tensions et exhorté les parties concernées à éviter toute action ou déclaration susceptible de déstabiliser l’Iran et la région.
M. Baïramov a aussi rappelé que les différends doivent être résolus exclusivement par le dialogue et la voie diplomatique, conformément au droit international.
Des positions similaires ont été exprimées par les pays du golfe Persique. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a qualifié la situation de « préoccupante » et indiqué que les États du golfe Persique s’efforçaient d’éviter une confrontation.
S’exprimant jeudi lors du Forum des médias Émirats arabes unis-Koweït, Gargash a déclaré que les divergences de points de vue étaient naturelles, mais a averti que l’hostilité excessive ne l’était point. Il a en outre affirmé que les voisins de l’Iran ont collectivement déclaré ne pas autoriser l’utilisation de leurs terres, aéroports ou installations pour cibler l’Iran.
Ces messages diplomatiques interviennent alors que les capitales régionales réagissent à une nette escalade des menaces de Washington. Le 27 janvier, Donald Trump a en effet déclaré aux journalistes qu’une « nouvelle magnifique armada » de navires de guerre se dirigeait vers l’Iran.
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Dans des déclarations ultérieures et des publications en ligne, Trump a clairement lancé que ce déploiement visait à faire pression sur Téhéran pour qu’il négocie, tout en avertissant que l’échec d’un accord déclencherait une frappe militaire « bien pire » que l’attaque américaine contre les installations nucléaires iraniennes en juin 2025.
La diplomatie ne peut réussir sous la pression ou l’intimidation, a à maintes reprises annoncé Téhéran qui rejette la menace et la coercition. Le dialogue doit être juste et fondé sur le respect mutuel.
La réponse de l’Iran à toute attaque militaire menée par les États-Unis ou leurs alliés contre les intérêts iraniens sera rapide et décisive.