Parmi les prochaines cibles potentielles de Donald Trump : le Groenland. Après avoir attaqué le Venezuela, le président américain menace de s’en prendre au Groenland, territoire autonome danois abritant des gisements inexploités de terres rares.
Dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entourant l’avenir du Groenland, le Premier ministre canadien Mark Carney a rencontré hier mardi son homologue danoise, Mette Frederiksen.
Cette rencontre, tenue en marge de la réunion de la Coalition des volontaires à Paris, a permis d’afficher un front uni face aux récentes revendications territoriales américaines dans l’Arctique.
Le message d’Ottawa est clair : « L’avenir du Groenland appartient au Groenland et au Danemark. »
Par cette déclaration, le Premier ministre Mark Carney a tenu à clore toute spéculation sur un changement de statut de l’île arctique, alors que les déclarations provenant de Washington se font de plus en plus insistantes.
Lundi, la Première ministre danoise, après de nouvelles menaces du président américain d’annexer le Groenland, a prévenu que si les États-Unis attaquaient un pays de l’OTAN, ça serait la fin du monde.
« Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête. Y compris notre OTAN et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale », a dit Mette Frederiksen à la télévision TV2, affirmant faire « tout (s)on possible pour que ce ne soit pas le cas ».
Cette polémique a pris de l’ampleur après que l’ancienne assistante de Donald Trump, Katie Miller, a publié samedi sur Internet une carte du Groenland aux couleurs du drapeau américain, accompagnée de la légende : « SOON » (« BIENTÔT »).
"La menace chinoise »
Le président américain a intensifié la pression sur le Groenland ces derniers mois, affirmant en décembre que des navires russes et chinois étaient « partout » le long de ses côtes.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a riposté lundi, exhortant Washington à « cesser d’utiliser la soi-disant menace chinoise comme excuse pour rechercher des gains personnels ».
Aaja Chemnitz, représentante du Groenland au parlement danois, a quant à elle accusé Trump de « répandre des mensonges sur les navires de guerre chinois et russes ».
Condamnation dans toute l’Europe
La controverse a suscité des réactions de soutien à travers l’Europe. La porte-parole de la politique étrangère de l’UE, Anitta Hipper, a déclaré aux journalistes que l’Union restait déterminée à défendre l’intégrité territoriale de ses membres.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné que « seuls le Groenland et le Royaume du Danemark » pouvaient décider de l’avenir du territoire, un point de vue partagé par les dirigeants de Finlande, de Suède et de Norvège.
Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a affirmé à la télévision que « les frontières ne peuvent être modifiées par la force », ajoutant que la France se sentait « solidaire » du Danemark.
En réponse au message de Katie Miller, l’ambassadeur du Danemark à Washington, Jesper Moeller Soerensen, a rappelé que son pays collaborait déjà avec les États-Unis pour renforcer la sécurité dans l’Arctique.
« Nous sommes des alliés proches et devons continuer à travailler ensemble en tant que tels », a-t-il écrit.