La déclaration du président français Emmanuel Macron, exprimant son soutien à l’intervention militaire américaine au Venezuela, a provoqué une vive polémique au sein de la classe politique française qui a dénoncé une « violation du droit international » et une « honte pour la France ».
Dans son message, Emmanuel Macron a salué « la libération du peuple vénézuélien de la dictature de Nicolas Maduro ». Il a par ailleurs appelé à une transition politique, évoquant Edmundo Gonzalez Urrutia comme figure clé de cette transition.
Cette prise de position a immédiatement été critiquée par de nombreux responsables politiques.
Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a dénoncé une « honte » pour la France, estimant que le président « abandonne le droit international » et qualifiant cette décision de « jour sombre pour notre pays ».
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a dénoncé une déclaration « qui n’est pas à la hauteur de la voix que la France porte dans le monde », insistant sur le caractère non négociable de la souveraineté des États : « La France n’est pas un État vassal des États-Unis et notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche », a-t-il affirmé, dans un message publié sur la plateforme sociale X.
Patrick Kanner, sénateur et président du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain au Sénat, a pour sa part regretté l’absence de toute mention du droit international, dénonçant un « piétinement de toute notre histoire diplomatique ».
Sur les réseaux sociaux, Fabien Roussel, maire de Saint-Amand-les-Eaux, a vivement critiqué cette prise de position : « La France rabaissée au rang de 51ᵉ État des États-Unis. La honte ultime. »
De son côté, Stéphane Peu, député de la 2ᵉ circonscription de la Seine-Saint-Denis, a dénoncé une « humiliation » pour la France, rappelant que la déclaration présidentielle ne faisait aucune référence au droit international et portait atteinte à l’histoire diplomatique du pays.
La déclaration de Macron intervient alors que plusieurs villes françaises ont été le théâtre de rassemblements ce week-end pour dénoncer l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela, quelques heures après l’annonce de l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro.
À l’appel de partis politiques de gauche, notamment La France insoumise et le Parti communiste, des dizaines de manifestants se sont réunis sur la place de la République à Paris, scandant des slogans tels que « Donald Trump, casse-toi, Caracas n’est pas à toi », selon des vidéos de participants, publiées sur X.
Dans l’une de ces vidéos, des manifestants mettent le feu à un drapeau des États-Unis sur la place de la République à Paris, geste symbolique reflétant la forte indignation face à l’opération militaire.
Des rassemblements similaires ont eu lieu à Lyon et Montpellier, où les participants ont exprimé leur opposition à l'ingérence directe dans les affaires internes d’un État souverain. Selon plusieurs témoignages, l’émotion et la colère étaient palpables, certains manifestants dénonçant également le rôle des compagnies pétrolières américaines dans le pays et appelant à soutenir la souveraineté du peuple vénézuélien.
Ces rassemblements en France s’inscrivent dans un contexte de tensions internationales exacerbées. Le président vénuzuelien Nicolas Maduro et son épouse ont été kidnappés puis exfiltrés aux États-Unis, à la suite des frappes américaines menées plus tot dans la matinée.
Dans sa conférence de presse, le président Donald Trump a annoncé que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela en attendant une transition « sûre » et que des compagnies pétrolières américaines s’implanteraient prochainement dans le pays, tout en maintenant l’embargo sur le pétrole vénézuélien.