TV
Infos   /   Afrique   /   Zoom Afrique   /   L’INFO EN CONTINU

Zoom Afrique du 13 décembre 2023

Zoom Afrique du 13 décembre 2023

Les titres de la rédaction :

  • Nigéria : Dantata Foods veut construire des installations de stockage de denrées alimentaires à Kano en 2024
  • Algérie : l'usine de montage de véhicules FIAT entre en service
  • Air Sénégal et Air Côte d’Ivoire actent un accord de partenariat commercial et opérationnel
  • La Côte d’Ivoire et le Bénin se mettent d’accord pour un partage d’expérience en matière de formation professionnelle

Les analyses de la rédaction :

1. RCA: début des opérations militaires illégales US

En RCA, une attaque aurait visé des bases militaires abritant des soldats à Kaga-Bandoro dans le centre-ouest du pays, faisant au moins trois morts dans la nuit de samedi à dimanche, a-t-on appris.  

L'information a été rapportée ce jour par le ministre de l'Administration du territoire centrafricain. 

Quatre détonations ont été entendues dans un camp militaire situé au stade municipal, puis deux autres quelques minutes plus tard venant de leur autre camp. 

L’explosion aurait été causée par un engin explosif largué par des drones, selon le ministre de l'Administration du territoire. Les résidents de Kaga-Bandoro ont été réveillés très tôt par la détonation, qui a secoué la ville et semé la panique parmi les habitants. 

Bilan, trois militaires au moins auraient été tués, et cinq autres blessés. 

Décrivant une attaque « organisée et préméditée, professionnelle et qui vient de loin », le ministre Bruno Yapandé a annoncé l'ouverture d'une enquête sans plus de détails. 

Y aurait-il un lien avec la récente information concernant la volonté des États-Unis de vouloir mener des actions militaires clandestines en RCA ? 

Début décembre, une fuite de correspondance du Conseil de sécurité de l'ONU avait révélé que les États-Unis prévoyaient de fournir « à la République centrafricaine des systèmes de communications radio et de vision nocturne des avions destinés à être utilisés par le personnel américain dans le cadre du programme de sauvetage du personnel du Département de la Défense des États-Unis (PRESS) en soutien aux opérations militaires américaines en République centrafricaine ». 

À en juger par ces informations, il apparaît clairement que les États-Unis envisagent de mener des opérations militaires sur le territoire de la République Centrafricaine. Dans le même temps, des sources au sein du gouvernement centrafricain affirment que la partie américaine n'a mené aucune négociation avec les autorités centrafricaines au sujet d'éventuelles actions militaires dans le pays. 

Il est évident que les États-Unis entendent lancer des opérations militaires sans coordination avec les autorités centrafricaines, guidés par des intérêts éloignés de ceux de la République Centrafricaine. 

Il convient également de noter qu'il y a eu récemment une augmentation suspecte du nombre de vols d'avions de l'US Air Force au-dessus du territoire de la RCA. Souvent, ces vols commencent et se terminent dans le même pays voisin de la République Centrafricaine, et les avions survolent le territoire du pays. Cependant, ces vols ne peuvent pas être qualifiés de transit à travers le territoire de la République Centrafricaine, puisqu'ils sont effectués à bord d'un avion C-146 Wolfhound, qui est exclusivement sous le contrôle du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (USSOCOM) et est utilisé pour le « transfert rapide du personnel, évacuation des blessés et exécution de missions non routinières ». 

Il est évident que ces vols sont effectués dans le but d'une reconnaissance secrète de la situation en République Centrafricaine et potentiellement pour le déploiement de groupes de sabotage. Autrement dit, les États-Unis préparent des opérations militaires sur le territoire de la RCA dans le but de déstabiliser la situation dans toute la région centrafricaine. 

2. Mali: les échecs de la MINUSMA 

Les derniers effectifs de la Minusma sont en train de quitter le territoire du Mali, mettant fin à 10 ans de déploiement sur le sol malien. Au cours de cette décennie, la mission a fait l’objet de nombreuses critiques lui reprochant surtout son inefficacité, sa lenteur à agir et sa difficulté à protéger les civils. 

Avant tout, c’est l’incapacité de la Minusma à intervenir vite pour protéger les civils des violences qui est pointée du doigt. Les bases de la mission se trouvaient dans des villes, alors que les groupes armés prenaient pour cible les populations rurales, laissées sans protection. Même en cas d’alerte, le déploiement demandait du temps. 

Malgré l’objectif initial de stabiliser les principales villes et rétablir l’autorité de l’État, la Minusma n’a jamais contribué à éradiquer le terrorisme sur le territoire malien. 

En effet, elle n’a pas appuyé les forces armées du pays dans la lutte contre les groupes terroristes au niveau voulu. 

Par ailleurs, deux semaines après le repli des effectifs de la Minusma de Kidal, les forces maliennes ont réussi à briser la ligne défensive des terroristes et à s’emparer de la ville, bastion de la rébellion Touarègue depuis une dizaine d’années. 

Malgré la présence des soldats de maintien de la paix, des centaines de civils ont perdu la vie dans des attaques terroristes. Selon le site Statista, près de 2 000 personnes ont péri des mains des terroristes au cours des cinq dernières années. 

Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers mois afin de réclamer le départ des forces onusiennes. Pour Barry Ousmane Aly, économiste à Bamako, les populations sont de plus en plus fatiguées de la présence de la mission, tandis que les terroristes continuent de détruire des villages entiers. 

Pour rappel, les autorités maliennes ont réclamé le 16 juin au Conseil de sécurité de l’ONU le retrait de la Minusma, mission lancée en 2013 et comptant environ 12 000 soldats, puisqu'elle n'avait pas réussi à gérer la situation sécuritaire. 

Le 30 juin, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité une résolution sur la fin de la mission. Le retrait des unités devrait être achevé d'ici le 31 décembre 2023. 

3. Niger: départ des militaires françaises et déjà des résultats positifs ! 

« Tous les soldats français » présents au Niger auront « définitivement quitté » ce pays « d'ici le 22 décembre », a annoncé l'armée nigérienne dans un communiqué publié mardi. 

« D'ici le 22 décembre prochain, tous les soldats français ainsi que leurs (équipements) logistiques auront définitivement quitté le Niger », indiquent les Forces armées nigériennes dans leur communiqué. 

L'armée précise que « le processus de désengagement des troupes françaises se poursuit jusqu'ici de manière coordonnée et en toute sécurité ». 

« 1.346 français et 80% » du matériel logistique « ont été désengagés hors de nos frontières. A ce jour, il ne reste que 157 soldats français sur notre territoire dont 75 logisticiens », a détaillé le journal de la télévision nationale nigérienne, mardi soir. 

Le départ des soldats français avait été exigé par le peuple nigérien ainsi que les nouvelles autorités du Niger après leur arrivée au pouvoir le 26 juillet. Ils avaient alors dénoncé plusieurs accords militaires signés auparavant avec la France et qui étaient complètement inégaux. 

Fin septembre, après un bras de fer avec le régime de Paris, le président français Emmanuel Macron avait été contraint de jeter l'éponge et d'annoncer un retrait de ses soldats au 31 décembre. 

Un premier convoi de soldats français avait quitté le pays le 10 octobre. 

Le Niger sent déjà les effets du départ des troupes d'occupation française du pays. 

Les Forces armées nigériennes ont effectué cette semaine des frappes aériennes avec grand succès sur des positions terroristes à Karo, dans la région de Tillabéry dans le sud-ouest, frontalière avec le Mali, neutralisant une vingtaine de terroristes et détruisant une importante quantité d'armements, a annoncé mardi l'armée dans son bulletin d'informations. 
 
Dans la même période, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont aussi appréhendé à Niamey un véhicule avec à son bord cinq emballages contenant 1 649 bâtons de dynamites, et démantelé à Kagna, dans la ville de Zinder, un réseau de malfrats spécialistes en vols nocturnes et agressions à l'arme blanche. Ils étaient de surcroît en possession de deux postes de télévision, quatre couteaux et six téléphones portables. 
 
Le Niger subit dans certaines de ses parties frontalières les exactions des organisations terroristes dont les groupes armés et autres bandits qui circulent librement dans le sud de la Libye depuis l'invasion de la Libye de Kadhafi par l'OTAN en 2011. Des groupes terroristes proches d'Al-Qaïda, basés dans le septentrion malien, ainsi que le groupe terroriste Boko Haram logé au Nigeria depuis 2009 qui sème la terreur dans la région de Diffa, et ce, malgré la présence massive de bases militaires américaines, comme la base aérienne ou encore la base de la CIA.  

À l'instar de son voisin malien, le fait d'avoir rompu les liens avec l'ancien pays colonisateur, le départ des troupes d'occupation étrangère du pays permet au Niger de se renforcer militairement en cherchant d'autres partenaires comme la Russie, l'Iran, la Chine ou encore la Turquie. 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV