TV
Infos   /   Afrique   /   Zoom Afrique   /   L’INFO EN CONTINU

Zoom Afrique du 26 avril 2024

Zoom Afrique du 26 avril 2024

Les titres de la rédaction :

  • Le Fonds africain de développement va fournir au Rwanda une garantie partielle de crédit
  • TUI Group ouvrira huit nouveaux hôtels en Afrique subsaharienne
  • La RDC envisage une procédure judiciaire contre Apple accusé d’utiliser des minerais provenant de « sources illégales » 
  • Nigeria : le déploiement de plus de 2 200 bus à combustible propre dans Lagos débutera en juin 2024 

Les analyses de la rédaction :

1. Niger: les USA n'acceptent pas la défaite 

Il est de plus en plus question du retrait des troupes américaines du Niger. Ces derniers jours les habitants de Niamey, la capitale, ont organisé des manifestations demandant le départ des soldats américains du pays. Dans ce cadre, l'ambassadrice des Etats-Unis au Niger, Kathleen FritzGibbon et les autorités du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) ont entrepris des rencontres allant dans ce sens. Et dans un communiqué dont PressAfrik détient copie, le bureau du porte-parole de l'ambassade des Etats- Unis informe des bonnes dispositions du pays de l'oncle Sam de négocier avec le CNSP.

"(...) L'ambassadrice des Etats-Unis au Niger, Kathleen FritzGibbon et le général de division Kenneth Ekman, directeur de la stratégie, de l'engagement et des programmes du Commandement des Etats-Unis pour l'Afrique ont rencontré des responsables du CNSP à Niamey ce 25 avril pour entamer des discussions sur un retrait ordonné et responsable des forces armées américaines du Niger", a, de plus, informé le communiqué. 

La manifestation de dimanche a été convoquée par des organisations qui soutiennent les autorités militaires qui ont pris le pouvoir l'année dernière. Cela intervient deux jours après que les États-Unis ont accepté de retirer leurs forces de ce pays du Sahel en réponse à la décision du mois dernier du gouvernement militaire de Niamey de révoquer un accord autorisant les forces américaines à opérer dans le pays. Les États-Unis ont également accepté de fermer une base de drones à partir de laquelle ils mènent des opérations contre les groupes militants. Des manifestants ont été vus portant les drapeaux de la Russie, ainsi que du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

2. Tchad : Adieu les USA

Le Pentagone a décidé de retirer des dizaines de forces d’opérations spéciales du Tchad dans les prochains jours, marquant ainsi le deuxième coup majeur en une semaine à la politique américaine de sécurité et de lutte contre le terrorisme dans la région d’Afrique de l’Ouest et du Centre, a annoncé le journal américain CNN ce jeudi 25 avril citant des sources officielles américaines. Cette décision intervient peu après que le Niger voisin ait rompu sa coopération militaire avec les États-Unis.

Selon un document daté d’il y a deux semaines, l’armée de l’air tchadienne avait demandé à l’attaché de défense de l’ambassade des États-Unis au Tchad d’« arrêter immédiatement toute activité » sur la base aérienne de Koseï, située en plein centre-ville de la capitale tchadienne. La lettre indique que les troupes américaines devront se retirer de cette base, faute d’avoir pu fournir les documents justifiant leur présence. Le Tchad menace même d’annuler l’accord sur le statut des forces qui régule leur coopération. L’inquiétude est palpable du côté des États-Unis, et certains analystes spéculent sur un possible revirement d’alliance. D’autres considèrent cette démarche comme un moyen pour Ndjamena de faire monter les enchères, profitant de sa position de dernier allié des Occidentaux au Sahel. Pour l’instant, ni le gouvernement tchadien ni l’ambassade des États-Unis au Tchad n’ont répondu aux sollicitations. Cette situation soulève des questions importantes concernant la stabilité et la sécurité dans la région, et elle mérite une attention continue.

3. Influence de la Chine et de la Russie en Afrique : les États-Unis confrontés à un obstacle militaire inattendu

par RT France 

Un monde de plus en plus multipolaire signifie que l’influence de Washington sur le continent va diminuer à mesure que d’autres partenaires stratégiques émergeront, notamment la Russie et la Chine, estime Westen K. Shilaho. Justified Accord 2024, le plus grand exercice du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) en Afrique de l’Est, s’est tenu du 26 février au 7 mars, organisé par le Kenya, Djibouti et le Rwanda. Les exercices militaires conjoints Afrique-États-Unis existent depuis de nombreuses années et sont considérés comme cruciaux pour la sécurité et la stabilité du continent. Ils sont également perçus comme faisant partie intégrante de la lutte contre le terrorisme entre autres crimes transnationaux en Afrique et au-delà.

Cependant, la présence militaire des États-Unis en Afrique est motivée par ses objectifs de sécurité nationale et par ses intérêts géopolitiques. La sécurité de l’Afrique fait partie des intérêts sécuritaires plus larges des États-Unis à travers le monde. Le rôle accru de la Russie dans le système de sécurité de l’Afrique, en particulier dans la sous-région de l’Afrique de l’Ouest, en République centrafricaine, en Libye et au Sahel, a mis les États-Unis sur des charbons ardents. De plus, la présence chinoise en Afrique, principalement dans le domaine du développement des infrastructures et de la sécurité, a également attiré l’attention de Washington et a renforcé l’importance du partenariat militaire entre l’Afrique et les États-Unis.

Les pactes militaires Afrique-États-Unis ne sont pas altruistes. Ils sont conçus en fonctions de la politique extérieure et des intérêts stratégiques des États-Unis. Par conséquent, la présence de l’armée américaine en Afrique a suscité des réactions négatives. Ainsi, au Niger, les autorités militaires ont révoqué leur partenariat militaire de longue date avec les États-Unis et leur ont intimé l’ordre de fermer leurs deux bases militaires à Niamey. La base aérienne des États-Unis dans la ville nigérienne d’Agadez est l’une de leurs plus grandes bases de drones en Afrique pour le renseignement, la surveillance et la reconnaissance. Depuis cette base, les États-Unis mènent des attaques de drones dans le monde entier. L’Occident craint que l’effondrement de la coopération militaire entre les États-Unis et le Niger n’entraîne une résurgence du terrorisme au Sahel, étant donné que le Niger était un rempart contre l’extrémisme violent dans la région. Néanmoins, les États-Unis ont déclaré que les discussions avec le Niger sur le statut de leurs bases militaires étaient toujours en cours.

Au Niger, la décision de rompre les liens militaires avec les États-Unis a été approuvée par les syndicats. Il en ressort que la société civile nigérienne est d’accord avec les autorités militaires sur la nécessité de libérer le Niger des partenariats condescendants et exploiteurs. Le grand soutien accordé aux prises de pouvoir militaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest témoigne du rejet des gouvernements fantoches qui ne sont plus en prise avec la population.

La présence de l’armée américaine en Afrique est justifiée par le fait que les armées africaines sont aussi faibles que l’État en Afrique. Elles manquent de commandement, de contrôle, d’entraînement, d’équipement et de capacités logistiques pour revendiquer leur souveraineté. Qui plus est, elles n’ont que peu ou pas de capacité à assurer la sécurité de leurs peuples et à participer efficacement dans les opérations de maintien de la paix dans les régions troublées de l’Afrique sans assistance extérieure. Toutefois, dans un monde de plus en plus multipolaire qui offre à l’Afrique des alternatives en termes de partenaires stratégiques, l’influence des pactes militaires entre l’Afrique et les États-Unis risque de s’affaiblir à mesure que la Chine, la Russie et d’autres pays émergents prennent de l’importance.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV