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Les analyses de la rédaction :
1. BRICS: pas de présence de pays hostile
Lors de sa visite en Afrique du Sud, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a confirmé que le président Macron souhaiterait se voir invité au prochain sommet des BRICS à Johannesburg.
La cheffe de la diplomatie française s’est entretenue ce lundi à Pretoria avec son homologue sud-africaine, Naledi Pandor. Questionnée sur l’envie de la France d’être invitée au futur sommet des BRICS, lors d’une conférence de presse à l’issue de ces échanges, Catherine Colonna a reconnu que le sujet était sur la table : « Nous n’en avons pas parlé aujourd’hui, mais nous en avions parlé le 26 mai » lorsque les deux femmes s’étaient déjà rencontrées à Paris, a rapporté RFI.
Cette possible invitation de la France n’est pas inenvisageable selon la ministre sud-africaine des Affaires Étrangères, Naledi Pandor : « si cela se produisait, ce serait une innovation au sein du modèle de participation des BRICS actuel, mais cela pourrait amplifier la portée mondiale du forum des BRICS ».
La question pourra très rapidement être à nouveau abordée entre les deux présidents, puisque Cyril Ramaphosa doit se rendre à Paris en fin de semaine, pour le sommet pour un nouveau pacte financier prévu les 22 et 23 juin.
Lors de la visite de Colonna à Pretoria, la France et l’Afrique du Sud se sont dits favorables à l’intégration de l’Union africaine en tant que membre à part entière du G20, au nom du multilatéralisme. La prochaine réunion du G20 aura lieu en Inde en septembre 2023.
La présence à un sommet du groupe des BRICS d’un dirigeant ayant adopté une politique “hostile” envers la Russie serait inappropriée, a déclaré jeudi le vice-ministre russe des affaires étrangères Sergueï Riabkov, cité par l’agence Ria Novosti.
Lors d’une visite cette semaine en Afrique du Sud, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a confirmé que le président français Emmanuel Macron “envisage si une invitation lui est adressée” de participer au prochain sommet des BRICS, groupe réunissant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud et qui doit se réunir en août à Johannesburg.
2. Entre l’Europe et la Tunisie, le chantage aux migrants
L’Europe a promis une enveloppe d’aide financière de 1 milliard d’euros à Tunis, si le pays réussit à empêcher les flux migratoires vers le Vieux-Continent. Un chantage qui bénéficie, pour le moment, à Kaïs Saïed.
Le président tunisien l’a dit haut et fort : son pays ne sera pas « le garde-côtes » de l’Europe. Alors que les dirigeants européens prennent à bras le corps le dossier migratoire, la Tunisie fait pression sur eux. Tunis est toujours bloquée dans ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Le président Kaïs Saïed refuse de répondre aux exigences de l’institution financière, qui demande la suppression des subventions sur les denrées essentielles et la privatisation de plusieurs entreprises publiques. Deux conditions indispensables pour débloquer les 2 milliards de dollars attendus.
Sauf que Kaïs Saïed préfère faire sans, plutôt que de faire des compromis politiques. Conséquence : depuis plusieurs semaines, un drôle de ballet diplomatique s’est mis en route en Tunisie. On a vu tour à tour la Première ministre italienne Giorgia Meloni, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou encore le Premier ministre néerlandais Mark Rutte se rendre à Tunis ces derniers jours. Meloni s’est même déplacée par deux fois en moins d’une semaine en Tunisie pour tenter de rabibocher le locataire du palais de Carthage et le FMI.
Un autre émissaire européen s’est rendu sur place : cette semaine, ce fut au tour de Gérald Darmanin, le ministre français de l’Intérieur, de s’entretenir avec Kaïs Saïed. Le membre du gouvernement français a d’ores et déjà annoncé le déblocage d’une aide de 25,8 millions d’euros, pour que Tunis acquière des équipements lui permettant de lutter contre les départs de migrants et réfugiés vers l’Europe. Darmanin espère que Tunis pourra « contenir le flux irrégulier de migrants et favoriser leurs retours dans de bonnes conditions ».
Mais en réalité, l’UE veut surtout mettre la pression sur Tunis. Un véritable jeu du chat et de la souris. La question migratoire ne semble être qu’une amorce. L’Europe, comme le FMI, affirme en effet être capable de donner une plus grosse aide financière — estimée à 1 milliard d’euros — à la Tunisie, si le pays met en œuvre certaines réformes. Comme la Turquie avant elle, la Tunisie sait qu’avec les migrants, elle dispose cependant d’un levier non négligeable pour que le FMI et l’UE fasse des concessions. « Il est de notre intérêt commun de renforcer notre relation et d’investir dans la stabilité et la prospérité », avait assuré Ursula von der Leyen ces derniers jours.
Mais Kaïs Saïed n’est pas dupe : il sait que l’Europe craint avant tout une explosion du nombre de départs de migrants depuis la Tunisie si la crise économique s’aggrave. Et le président tunisien en joue. Le chef de l’État sait que les conditions imposées par le FMI et l’Europe amèneront le pays dans des difficultés sans précédent. Il refuse donc, et c’est logique, de se plier aux règles qui lui sont imposées. Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux a récemment publié un communiqué dans lequel il indique que l’UE fait du « chantage » et du « marchandage » à Tunis, déplorant le fait que l’UE propose de « donner de l’argent » à la Tunisie en échange d’une surveillance renforcée de ses frontières.
3. La coopération militaire Afrique-France sérieusement remise en question
L’armée française se retrouve une nouvelle fois dans une situation délicate, rappelant les déboires précédemment vécus au Mali et au Burkina. Un contingent militaire français en mission au Tchad a été stoppé et désarmé par les forces tchadiennes aux abords de la base militaire d’Adré, selon un rapport de la presse tchadienne.
Les images de ces militaires, contraints de sortir de leur véhicule et d’attendre pendant que des vérifications étaient effectuées, ont fait le tour des réseaux sociaux, provoquant l’émoi en France et dans le monde.
Les responsables de la base militaire d’Adré n’avaient pas été informés de cette mission française selon la presse qui cite des sources tchadiennes. Les militaires français se dirigeaient vraisemblablement vers la frontière soudanaise, afin de soutenir l’armée tchadienne en conflit avec les forces du général Mohamed Hamdane Daglo.
Cette situation a suscité des interrogations et a rappelé les déboires militaires français en Afrique de l’Ouest. L’incident survient en effet après le retrait des derniers soldats français du Mali en août 2022, où environ 3000 militaires restent toujours déployés dans les principaux pays de la bande sahélo-saharienne.
Cet incident a provoqué une réaction de l’état-major français. Les militaires ont pu reprendre leur route après les vérifications nécessaires. Cependant, cette mésaventure met en cause la coopération militaire française en Afrique.
Les images de l’incident, largement partagées sur les réseaux sociaux, ont été qualifiées de « désolantes pour la coopération militaire française en Afrique » par un journaliste français.
« Images désolantes pour la coopération militaire française en Afrique. Au Tchad, le 8 juin dernier, un officier supérieur de l’armée nationale tchadienne munie d’une kalachnikov fait immobiliser et désarmer un groupe de militaire français en mission de reconnaissance. »
À l’heure où la présence et l’intervention militaire française en Afrique sont déjà largement débattues, cet incident ne fait que renforcer les interrogations sur la pertinence et l’efficacité de ces interventions.
Récemment, des voix se sont élevées contre cette présence. Une idée qui a trouvé écho du côté de la jeunesse tchadienne, comme l’expliquait récemment Abdoulaye Nabaloum, président de la Confédération des associations et mouvements panafricains de l’Afrique de l’Ouest (CAMPAO).
Selon Abdoulaye Nabaloum, à l’instar des gouvernements malien et burkinabè qui ont souhaité et obtenu le départ de l’armée française, la jeunesse de plusieurs autres pays fait pression sur les gouvernements pour se débarrasser de l’impérialisme français.
« Aujourd’hui, le cas du Sénégal où il y a des manifestations, est un exemple. Le cas du Niger, où effectivement la jeunesse réclame de jour en jour, de plus en plus, le départ des soldats français. C’est également au niveau du Tchad, où la jeunesse réclame de plus en plus le départ des bases militaires françaises », a-t-il souligné.