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Quels sont les objectifs de la Conférence sur la sécurité de Qods ?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le système de guerre électronique russe déployé en Syrie/Réseauinternational

D'ici quelques jours, le conseiller à la sécurité russe, Nikolay Patrushev  rencontrera à Qods son homologue américain, John Bolton et israélien Meir Ben Shabbat. A en croire la presse maisteram,  ce serait dans le cadre de cette rencontre que l'Iran devrait faire l'objet d'un "deal" entre Russes d'une part et Américains et Israéliens de l'autre. Certains journaux n'écartent même pas la possibilité que la Syrie soit échangée contre l'Ukraine, si Moscou accepte de mettre fin à son partenariat avec l'Iran et à pousser ce dernier vers la porte de sortie.

S'il est vrai que cette hypothèse a été rejetée à plusieurs reprises par les officiels russes, il n'en reste pas moins qu'il y a là une piste à explorer pour un Israël qui ne cesse de crier à la menace existentielle, depuis la libération du sud de la Syrie des mains des terroristes et ce, à l'aide de la Russie qui a même fini par faire reculer Israël derrière la ligne de contact au Golan occupé. 

Et bien justement c'est en se référant à l'antécédent de la guerre en Syrie qu'Israël commence à s'inquiéter de l'issue de cette rencontre sécuritaire.  Certains cercles israéliens soupçonnent la Russie de vouloir esquiver " le vrai sujet de débat qu'est l'Iran" dans le sens de ses intérêts et de profiter des débats pour faire avancer ses propres projets au Levant. "Le but de cette réunion n’est pas tant de parvenir à un consensus sur le rôle et la présence de l’Iran en Syrie, mais plutôt de trouver le moyen d’utiliser l’influence de la Russie en Syrie pour empêcher un retour des États-Unis en Syrie. Dans un article daté d'il y a deux jours, Haaretz écrit : "Le premier risque est que la Russie veuille chercher à diviser les deux alliés que sont les États-Unis et Israël, voire à mettre à profit les pressions qu'exerce Israël sur les États-Unis pour amener ces derniers à faire des concessions à la Russie. Netanyahu, qui a fait deux voyages à Moscou entre mars et avril, s'est positionné comme un intermédiaire entre Trump et Poutine, contribuant ainsi à faire avancer le dialogue que les deux dirigeants appellent tous deux de leurs vœux, n'empêche qu'Israël n'a pas eu gain cause, le seul acquis étant la réélection de Netanyahu au poste de Premier ministre". 

En effet le fait de vouloir organiser cette rencontre constitue en soi un aveu d'échec. Car cela signifie que Washington et Tel-Aviv sont incapables d’"assurer la sécurité d’Israël" et qu'il leur faut l’aide de la Russie en la matière. Mais de là, à attendre de la Russie qu'elle mette à la porte l'Iran c'est un pas qu'aucun observateur digne de ce nom ne peut franchir. La Russie n'a ni la volonté ni la capacité de mettre un frein à la présence de l'Iran pays qui fournit le gros des troupes au sol en Syrie face aux terroristes. 

Haaretrz affirme : " la crainte la plus vive d'Israël consiste surtout à se voir être relégué au second plan dans les débats entre les deux puissances qui ont sans doute trop de choses à échanger". La Russie pourrait par exemple avancer ceci : Si Tel-Aviv veut se sentir en sécurité, il devra au moins renoncer à jamais au Golan en Syrie et mettre fin à ses provocations et ses frappes contre le territoire syrien, faute de quoi ni la Russie ni les autres pays ne pourront rien faire. Il semble même exclu que la Russie cède à des exigences qui sont en contradictions avec ses responsabilités au niveau international. Il ne fait aucun doute qu’Israël et les membres de la coalition des pays censés renverser Damas ont vainement tout fait depuis le début de la crise syrienne en vue de semer la discorde entre la Russie et ses alliés en Syrie. Moscou n'irait pas remettre en cause ses propres projets moyen-orientaux pour les beaux yeux d'Israël". 

Et le journal d'ajouter :" Israël reste un allié de Washington aux yeux de la Russie et cela ne vaut pas la peine que la puissance russe bouscule ses alliances. Au contraire, il est fort possible que Poutine mette à profit le dossier de la sécurité d'Israël  pour par exemple faire impliquer les Américains des projets de reconstruction en Syrie ou pour obtenir une levée de sanction US contre Damas. En échange, il pourrait promettre de faire en sorte que les Iraniens se désengagent au sud syrien. Mais ce genre de promesses, la Russie les a déjà faites au moment de la guerre à Deraa et à Qunietra. Pourtant tout le monde sait que ni l'Iran ni le Hezbollah n'ont jamais quitté Quneitra. A preuve, les tirs de missiles de ces derniers jours contre le Golan. En Israël, on craint surtout que la sécurité israélienne serve de couverture à un deal USA/Russie sans que Tel-Aviv en bénéficie réellement". 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV