Le bimensuel américain New York Magazine a publié, le samedi 29 juillet, un article avec pour titre « le jeu dangereux de Trump avec l’Iran ».
« Ce vendredi 28 juillet, la Corée du Nord a testé un missile balistique intercontinental qui a préoccupé le monde entier sur le plan sécuritaire. Cependant, la Maison-Blanche s’est focalisée sur l’Iran et son accord nucléaire plutôt que sur Pyongyang et ses armements.
Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a confirmé, la semaine dernière, le respect, par l’Iran, de l’accord nucléaire. Une confirmation qui a bien étonné les détracteurs de l’accord nucléaire. Mais Donald Trump a prononcé des propos contradictoires lors de son interview avec The Wall Street Journal où il n’a pas affirmé que les Iraniens avaient rempli leur part du contrat. De tels propos relèvent plutôt de la frustration de Donald Trump vis-à-vis de son cabinet qui soutient l’accord nucléaire. Ce soutien fut tellement considérable que Trump a chargé un groupe de travail parallèle, composé de fonctionnaires moins expérimentés, de lui donner des conseils à propos de la révision de l’accord nucléaire », indique The New York Magazine.
Et d’ajouter :
« La menace d’une guerre contre l’Iran reste élevée, car c’est ce que l’administration Trump désire. Presque la plupart des responsables américains qui sont actifs dans le domaine de la sécurité et leurs partenaires au Congrès jugent “indispensable” le renforcement de la présence militaire des États-Unis au Moyen-Orient afin de confronter l’Iran. Ils pensent que l’Iran, même sans arme nucléaire, représente une menace sérieuse pour Washington et ses alliés et ils sont d’avis que la seule voie de neutraliser une telle menace se résume dans le “changement de régime”. La Maison-Blanche a profité du soutien du Congrès pour intensifier les tensions. La Chambre des représentants et le Sénat disposent, actuellement, chacun d’une version du projet de loi bipartisan [défendu à la fois par les républicains et les démocrates, NDLR] instaurant de nouvelles sanctions. Ce projet de loi prévoit aussi des sanctions à l’encontre de la Russie. Maintenant, il faut voir si Trump promulguera ledit projet anti-russe ou s’il y opposera son veto. L’accord nucléaire n’a jamais été censé régler tous les problèmes entre l’Iran et les États-Unis. Cet accord devait seulement faire disparaître la question des armes nucléaires que toutes les parties considéraient comme étant capable d’allumer la mèche d’une guerre, mais compte tenu des points de désaccord entre Washington et Téhéran au sujet des questions clés, quels que soient les droits de l’homme, le dossier syrien et la rhétorique incendiaire de cette administration, c’est exactement là où nous sommes toujours. »