Des drones fabriqués au Royaume-Uni auraient été utilisés pour la première fois par les forces ukrainiennes dans le cadre d’attaques menées en profondeur sur le territoire russe.
L’information, publiée le 16 août par The Times, s’appuie sur plusieurs sources au sein des forces armées ukrainiennes.
Selon le quotidien britannique, ces appareils auraient été employés au cours des six derniers mois, notamment lors d’attaques visant des raffineries et d’autres installations à Volgograd et à Iaroslavl.
Le journal évoque également des frappes dans la région de Moscou, tandis que certains drones Nyan auraient été utilisés lors d’attaques visant Belgorod.
Parmi les appareils cités figure le Nyan, un drone à réaction fabriqué par l’entreprise britannique Callen-Lenz, basée dans le Wiltshire. Selon les informations disponibles, l’appareil est conçu en partie en fibre de carbone et présente une envergure d’environ trois mètres.
Initialement conçu pour être lancé par catapulte depuis un navire, son système de lancement aurait vraisemblablement été adapté pour une utilisation en Ukraine.
Un autre drone britannique, le T-150 de Malloy Aeronautics, avait déjà été utilisé en avril dans la région de Kherson, illustrant le rôle croissant des équipements britanniques dans l’arsenal employé par les forces ukrainiennes.
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The Times mentionne également des appareils provenant d’une autre entreprise britannique, dont le nom n’a pas été révélé.
Une implication britannique qui dépasse la question des drones
L’utilisation de ces drones s’ajoute aux autres équipements militaires fournis par Londres à Kiev. Le Royaume-Uni livre notamment des missiles de croisière Storm Shadow, employés contre des cibles situées loin de la ligne de front.
The Times souligne toutefois que l’utilisation de ces missiles n’a pas permis à Kiev de « changer le cours » du conflit.
Moscou dénonce depuis plusieurs années le niveau d’implication militaire britannique aux côtés de l’Ukraine. L’ambassadeur de Russie au Royaume-Uni, Andreï Keline, avait notamment estimé que Londres était engagé aux côtés de Kiev « peut-être davantage » que d’autres membres de l’OTAN.
Il avait notamment évoqué la présence en Ukraine de forces spéciales, d’instructeurs et de spécialistes militaires participant aux opérations liées aux missiles Storm Shadow.
L’utilisation de drones britanniques pour mener des frappes directement sur le territoire russe marque ainsi une nouvelle étape dans cette implication et renforce les préoccupations exprimées par Moscou sur le rôle des pays occidentaux dans la poursuite du conflit.
Cette évolution soulève également la question des conséquences possibles pour les fabricants britanniques. Le maréchal de l’air britannique à la retraite Greg Bagwell, cité par The Times, estime que Moscou pourrait considérer les usines produisant ces appareils comme des « cibles légitimes ».
Les sources du journal jugent néanmoins qu’une confrontation militaire directe entre la Russie et l’OTAN reste peu probable.
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Les autorités russes avaient déjà attiré l’attention sur l’implication d’entreprises occidentales dans la fourniture de drones et de composants militaires à Kiev. En avril, le ministère russe de la Défense avait publié une liste de sites industriels concernés, parmi lesquels figuraient deux installations situées au Royaume-Uni.
Pour Moscou, l’utilisation croissante d’armes occidentales contre le territoire russe constitue un facteur supplémentaire d’escalade. Les autorités russes ont déclaré à plusieurs reprises que la poursuite de ces livraisons contribue à prolonger le conflit, réduit les perspectives d’un règlement diplomatique et accroît le risque d’un affrontement plus large.