Par la voix de son porte-parole, Esmaïl Baghaï, le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'il est encore trop tôt pour parler d'un accord imminent avec les États-Unis. Il a toutefois indiqué que les visites à Téhéran de hauts responsables pakistanais, dont le pays joue un rôle de médiateur dans les pourparlers bilatéraux, laissent présager une étape décisive.
« Le processus est en cours. J'ai déjà dit que les divergences entre l'Iran et les États-Unis sont profondes et étendues, notamment après les crimes commis par ces derniers au cours de ces deux ou trois derniers mois », a déclaré Esmaïl Baghaï, lors d’une interview télévisée vendredi 22 mai.
« La diplomatie prend du temps, et les deux parties saisissent toutes les occasions pour faire part de leurs points de vue », a-t-il ajouté.
« L’objectif principal reste la fin de la guerre »
M. Baghaï a déclaré que les discussions avec les responsables pakistanais portaient sur la cessation de l’agression sur tous les fronts, y compris au Liban, plutôt que sur des négociations nucléaires détaillées. « Il n’est pas question d’aborder les détails des questions nucléaires à ce stade », a-t-il affirmé.
Il a également évoqué d’autres points importants, tels que la situation dans le détroit d’Ormuz, notamment le maintien du blocus naval illégal imposé par Washington à l’Iran et les attaques américaines contre les navires dans cette voie navigable.
Interrogé sur les exigences nucléaires de Washington, le porte-parole de l'appareil diplomatique iranien a réaffirmé que la priorité immédiate de la République islamique d’Iran était la cessation de l’agression.
« Revenir sur les différends nucléaires détaillés à ce stade ne donnerait aucun résultat », a-t-il fait remarquer, ajoutant : « Nous avons déjà emprunté cette voie, et les désaccords étaient si importants que nous n'avons pas pu parvenir à un accord. »
« Par ailleurs, l’autre partie, par ses exigences déraisonnables, a finalement provoqué l’effondrement des négociations et commis des crimes et des actes d’agression contre l’Iran », a-t-il poursuivi.
Il faisait en effet référence aux attaques menées par les États-Unis et le régime israélien contre l'Iran en juin 2025 et en février 2026, bien que Washington ait participé à de prétendus processus diplomatiques avec Téhéran à ces deux occasions.
L'Iran réaffirme ses droits au titre du TNP
M. Baghaï a par ailleurs fait allusion aux exigences excessives des États-Unis et de certains de leurs alliés pour que la République islamique d’Iran renonce à son droit à l'enrichissement nucléaire pacifique : « Concernant les questions nucléaires, la situation est parfaitement claire. Nous sommes signataires du TNP [Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires] et, à ce titre, nous avons le droit d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques », a-t-il martelé.
En ce qui concerne l’uranium hautement enrichi, il a réitéré la position ferme de l’Iran, soulignant que Téhéran n'autoriserait pas la sortie de ces matières du pays, malgré les prétentions de Washington.
Visite d'une délégation qatarie à Téhéran
M. Baghaï a également confirmé qu'une délégation qatarie s'était entretenue à Téhéran avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Plusieurs pays ont déployé des efforts pour contribuer à mettre fin à la situation engendrée par l'agression américano-israélienne non provoquée et d'empêcher toute nouvelle escalade, a-t-il déclaré.
« De notre point de vue, ces efforts sont précieux », a indiqué le diplomate iranien, tout en précisant que « le Pakistan demeure le médiateur officiel des négociations. »