Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié la longue liste de manquements des États-Unis à leurs engagements de principale source de perturbation des négociations menées sous l’égide du Pakistan.
Le chef de la diplomatie iranienne a tenu ces propos vendredi 22 mai lors d’une conversation téléphonique avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.
Il a énuméré les cas les plus flagrants de cette « histoire des échecs » : les trahisons diplomatiques répétées de Washington, son agression militaire contre l'Iran, ses positions contradictoires et ses exigences excessives et récurrentes.
En rejoignant le régime israélien, les États-Unis ont lancé des agressions non provoquées en juin 2025 puis le 28 février contre l'Iran, les deux attaques se produisant alors que Washington était engagé dans de prétendus processus diplomatiques avec la République islamique d'Iran.
Les négociations avec Washington ont également été marquées par de nombreux changements de position de sa part, ainsi que par des demandes maximalistes adressées à Téhéran, telles que l’abandon de ses activités nucléaires pacifiques et la révision de son programme de missiles défensifs.
« Malgré sa profonde méfiance envers les États-Unis, la République islamique d’Iran s'est de nouveau engagée dans le processus diplomatique avec un esprit de responsabilité et le plus grand sérieux, et s'efforce de parvenir à un résultat raisonnable et équitable», a toutefois ajouté le ministre iranien.
Pour sa part, le patron de l’ONU a rejeté le recours à la force contre la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays, tout en soulignant la nécessité d'adhérer aux principes de la Charte des Nations unies et de privilégier les moyens diplomatiques afin d'instaurer la paix et la stabilité dans la région.
Vendredi également, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a évoqué le processus de médiation d’Islamabad, déclarant que l’Iran ne pouvait pas encore affirmer qu’un accord avec les États-Unis était imminent.
« Le processus est en cours. J’ai déjà dit que les divergences entre l’Iran et les États-Unis sont profondes et vastes, surtout après les crimes qu’ils ont commis au cours des deux ou trois derniers mois », a-t-il expliqué lors d’une interview télévisée.
M. Baghaï a toutefois souligné que les visites de hauts responsables pakistanais à Téhéran laissaient penser que les discussions avaient pris un tournant décisif.