La hausse spectaculaire de la demande d’armes et d’équipements militaires fait flamber les prix en Europe. Certains achats coûtent désormais 50 à 60% par rapport à il y a deux ans, une tendance qui entrave les stratégies de réarmement au sein de l’OTAN.
Le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a pour sa part confirmé cette augmentation des prix, soulignant que ceci s’inscrit dans un climat de dépenses militaires accrues chez les alliés de l’OTAN.
Selon lui, la progression rapide de la demande en armes et en équipements militaires exerce une pression inflationniste directe sur le marché. Pour les gouvernements, cette inflation complique considérablement les ambitions de réarmement de l’OTAN, au moment où l’Europe tente d’accélérer la modernisation de ses capacités militaires.
La situation est d’autant plus difficile que les pays européens doivent, dans le même temps, assumer une part croissante du soutien à l’Ukraine, sur fond de recul de l’implication américaine. Cette combinaison entre hausse des besoins, pression budgétaire et capacités industrielles limitées rend la stratégie de défense européenne plus coûteuse et plus complexe à mettre en œuvre.
En outre, Hanno Pevkur a évoqué les faiblesses du secteur militaire européen. D’après lui, les entreprises ne sont pas prêtes à investir massivement dans de nouvelles capacités de production sans contrats publics de long terme. Autrement dit, l’industrie demande des garanties avant d’augmenter durablement son rythme de fabrication.
L’Europe se militarise sans relâche, en Allemagne, certains cherchent déjà dans l’industrie de défense un moyen de sortir d’une crise économique prolongée. L’espoir paraît pourtant fragile : plusieurs économistes estiment que ce secteur ne pourra pas remplacer les grands piliers de l’économie allemande, notamment à cause du potentiel limité des exportations d’armes.
Au printemps dernier, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé que les projets militaires de l’Europe traduisaient sa transformation en « parti de la guerre », en contradiction avec les efforts en faveur d’un règlement pacifique de la guerre en Ukraine.