L’Iran a déclaré explicitement que toute perturbation ou obstruction du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et les zones environnantes relève de la responsabilité directe des États-Unis et de leurs alliés, dont les actes irresponsables et illégaux ont transformé cette voie maritime internationale cruciale en une zone de tensions et de dangers accrus.
S’exprimant lundi 28 avril, lors d’un débat public de haut niveau du Conseil de sécurité de l’ONU sur la sécurité et la protection des voies navigables dans le domaine maritime, l’ambassadeur et représentant permanent d’Iran auprès de l’ONU, Amir Saïd Iravani, a accusé Washington et ses alliés d’aggraver la sécurité maritime.
« La responsabilité de toute perturbation, obstruction ou autre entrave au transport maritime dans le golfe Persique, le détroit d’Ormuz et la mer d’Oman incombe directement aux agresseurs, à savoir les États-Unis et leurs soutiens, dont les actes illégaux et déstabilisateurs ont exacerbé les tensions et mis en péril la sécurité maritime et la liberté de navigation », a-t-il indiqué.
Iravani a rappelé que la République islamique d’Iran a toujours défendu la liberté de navigation et la sécurité maritime dans le golfe Persique, le détroit d’Ormuz et la mer d’Oman.
Depuis des décennies, l’Iran assume pleinement ses devoirs d’État côtier, garantissant la sécurité des voies maritimes et la fluidité du trafic maritime international, a-t-il déclaré, avant de souligner que la crise actuelle découle de la guerre d’agression injustifiée lancée par les États-Unis et le régime israélien contre l’Iran depuis le 28 février : « Depuis le 28 février, les États-Unis et le régime israélien mènent une guerre d’agression injustifiée et de grandes ampleurs contre l’Iran », a-t-il souligné.
Ces actes, a-t-il souligné, constituent une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies, notamment de son article 2(4), compromettant directement la sécurité maritime et menaçant la paix régionale et mondiale.
Iravani a averti que le détroit d’Ormuz est de plus en plus militarisé par les États-Unis et leurs alliés afin de faciliter les opérations hostiles contre l’Iran, y compris le transport de matériel militaire à des fins belliqueuses.
Ce dangereux processus de militarisation expose le trafic maritime international à des risques sans précédent dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz.
« Pendant ce temps, les États-Unis persistent dans leurs agissements répréhensibles sur le plan international en imposant un soi-disant blocus naval, en arraisonnant illégalement des navires marchands iraniens et en détenant leurs équipages », a déclaré M. Iravani.
« Ces actes dangereux violent le droit international, la Charte des Nations unies, constituent des actes de piraterie et sont qualifiés d’actes belliqueux au sens de l’article 3c de la résolution 3314 de l’Assemblée générale du 14 décembre 1974 », a-t-il ajouté.
L’Iran a condamné fermement ces mesures illégales et a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à prendre une position résolue, à condamner les agresseurs, à garantir que tous les responsables rendent des comptes et à exiger la libération immédiate et inconditionnelle de tous les navires iraniens et de leurs équipages arraisonnés.
En tant que principal État côtier dont les eaux territoriales incluent le détroit d’Ormuz, l’Iran a mis en œuvre les mesures pratiques nécessaires et licites, en pleine conformité avec le droit international, afin de contrer les menaces émergentes, de garantir la sécurité de la navigation et d’empêcher que cette voie maritime vitale ne soit pas utilisée à des fins hostiles.
« Ces mesures établissent un juste équilibre entre les impératifs de sécurité de l’Iran, en tant que principal État côtier et la poursuite de la circulation sécurisée des navires dans un contexte extrêmement tendu », a expliqué l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU.
Iravani a par ailleurs indiqué que l’Iran n’est pas partie à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 et n’est donc pas soumis à ses dispositions, sauf lorsqu’elles reflètent le droit international coutumier généralement reconnu par les États.
« La stabilité et la sécurité durables du golfe Persique –et de la région au sens large– ne pourront être assurées que par la cessation durable et permanente de la guerre contre l’Iran, avec des garanties crédibles de non-répétition des agressions et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l’Iran », a-t-il déclaré.
L’ambassadeur d’Iran auprès de l’ONU a catégoriquement rejeté toutes les accusations proférées contre l’Iran lors de la réunion, les qualifiant d’« allégations sans fondement juridique destinées uniquement à détourner les regards des actes criminels des États-Unis et de leurs alliés ». « Ces accusations révèlent une fois de plus leur hypocrisie », a-t-il déploré.
Iravani a ajouté : « Leur prétendue préoccupation pour la sécurité maritime n’est ni sincère ni cohérente avec leurs propres actes. Ils parlent de la protection des droits de navigation tout en ignorant délibérément le blocus naval illégal imposé par les États-Unis et leurs récentes attaques terroristes contre des navires marchands iraniens, car ces actes portent toutes les marques de la piraterie et de la prise d’otages. »
Il a indiqué que toute tentative de rejeter la faute sur l’Iran est insignifiante et sans fondement. La responsabilité de toute perturbation dans le golfe Persique, le détroit d’Ormuz et la mer d’Oman incombe entièrement aux agresseurs, à savoir les États-Unis et leurs alliés, dont les politiques déstabilisatrices continuent de mettre en péril la sécurité maritime internationale.
Les propos de l’ambassadeur d’Iran auprès de l’ONU soulignent la position de principe de Téhéran, selon laquelle les sanctions secondaires et les opérations navales de Washington sont préjudiciables pour la souveraineté des nations indépendantes et à la liberté de navigation, garanties pourtant par les conventions internationales, notamment la Convention de l’ONU sur le droit de la mer.
Ces mesures prises par les États-Unis ne sont pas des incidents isolés et s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie plus large de terrorisme économique pour perturber l’exportation du pétrole iranien.
En attaquant des navires dans les eaux internationales, en dehors de la juridiction américaine, Washington impose de facto un blocus aux marchés mondiaux de l’énergie, et déstabilise les cours, en pénalisant les pays qui souhaitent continuer leurs affaires avec la République islamique d’Iran.
L’Iran a averti à plusieurs reprises que ces mesures provocatrices violent non seulement les principes fondamentaux du droit international, mais risquent aussi d’aggraver les tensions dans des points de passage maritimes stratégiques.