Le ministre israélien des Affaires militaires, Israel Katz, a accéléré le processus d’expulsion massive des Palestiniens de la bande de Gaza sous couvert d’une prétendue « émigration volontaire », alors que le blocus génocidaire d’Israël continue de ravager l’enclave côtière.
Dans un message sur X ce mercredi il a écrit que ce plan serait mis en œuvre « au moment opportun et de la manière appropriée ». Ceci alors que de plus en plus de preuves du nettoyage ethnique et des crimes de guerre commis par le régime occupant contre les habitants du territoire palestinien apparaissent.
Ces déclarations interviennent alors qu’Israël a annoncé la mort de Mohammed Odeh, chef de la branche armée du mouvement de résistance palestinien Hamas, ainsi que de sa femme et de leurs trois enfants.
En mars dernier, le cabinet de sécurité israélien avait approuvé une proposition de Katz visant à créer une direction spéciale chargée de faciliter ce qu’il qualifie de « migration » palestinienne hors de Gaza.
La campagne de dépeuplement de Gaza s’est intensifiée tout au long de la guerre qui a débuté en octobre 2023, alimentée par les revendications des colons israéliens et des politiciens d’extrême droite en faveur d’un contrôle israélien permanent et de nouvelles colonies à l’intérieur de l’enclave.
La députée israélienne d’extrême droite Limor Son Har-Melech avait ouvertement plaidé pour l’expulsion des Palestiniens et l’occupation totale de Gaza lors d’une visite dans des zones proches de l’enclave.
« Seules la conquête, l’expulsion et la colonisation rétabliront la sécurité des habitants d’Israël », a-t-elle déclaré sur X.
Malgré l’offensive incessante d’Israël, le siège et la destruction des infrastructures civiles, l’immense majorité des Palestiniens de Gaza refusent d’abandonner leur terre natale.
Un cessez-le-feu, annoncé en octobre sous l’égide des États-Unis, était censé mettre fin à la guerre et permettre l’acheminement d’aide humanitaire, de nourriture, de carburant et de médicaments à Gaza. Cependant, Israël a violé l’accord à plusieurs reprises et a largement maintenu le blocus, plongeant l’enclave densément peuplée dans une situation humanitaire catastrophique.
Seuls quelques milliers de Palestiniens ont réussi à quitter la bande de Gaza par le point de passage de Rafah pendant le conflit, tandis que l’accès depuis l’Égypte demeure fortement restreint. Les Palestiniens ayant franchi la frontière ont décrit des exactions et du harcèlement de la part des forces israéliennes.
Parallèlement, les frappes aériennes et les bombardements israéliens se sont poursuivis, faisant plus de 800 victimes palestiniennes depuis le cessez-le-feu. La guerre génocidaire menée par Israël à Gaza a tué plus de 72 700 Palestiniens et en a blessé plus de 172 000 autres depuis le 7 octobre 2023.
Il faut dire que tout départ de Palestiniens ne peut être considéré comme volontaire, du fait que la population est totalement privée d’un choix libre. Légalement, de tels départs constituent des déplacements forcés, ce qui est prohibé par le droit international.
À ceci s’ajoute l’indifférence des prétendus défenseurs des droits humains à l’encontre des politiques de déplacement forcé dans la Bande de Gaza. Elle reflète le niveau de tolérance, et dans des cas particuliers, la complicité dans la mise en place de plans ayant pour but de dépeupler la Bande.
Depuis l’émission du premier ordre d’évacuation massive par l’armée israélienne le 9 octobre 2023, des centaines d’autres ordres d’évacuation ont fait suite de manière continue, et ce sans la moindre pression effective pour stopper ce crime. Avec pour résultat que la majorité de la population de Gaza a été déplacée de force, laissée sans abri ni protection dans ce qui constitue l’un des cas les plus brutaux de déplacement forcé dans l’histoire contemporaine.