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Aux États-Unis, le ministère de la sécurité intérieure entre en paralysie budgétaire, sur fond de désaccord sur les pratiques de l’ICE

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le ministère américain de la sécurité intérieure entre en paralysie budgétaire, sur fond de désaccord sur les pratiques de l’ICE. (Illustration)

Le ministère américain de la sécurité intérieure est entré, ce samedi 14 février, en situation de paralysie budgétaire, un shutdown partiel qui s’annonce long en raison du différend profond entre des membres du Congrès sur les pratiques de la police fédérale de l’immigration (ICE).

Le Sénat a ajourné ses travaux vendredi sans parvenir à un accord sur le budget du département de la sécurité intérieure des États-Unis (DHS), tandis que la Chambre des représentants avait déjà entamé une pause d’une semaine.

Cette impasse budgétaire démontre que les salaires de fonctionnaires ne seront pas versés jusqu’à ce que le Congrès s’entende sur un budget pour le DHS, ministère dont dépend l’ICE.

Les démocrates justifient ce blocage, qui risque d’affecter les contrôles dans les aéroports ou encore la gestion des catastrophes naturelles, par les agissements de l’ICE, auxquels ils veulent imposer d’importantes restrictions.

Leur opposition intervient dans un contexte de controverse liée à une opération fédérale d’immigration menée au Minnesota en janvier, et à la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par balle par les agents fédéraux.

Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries a réagi à l’action faite par l’ICE, déclarant que les dollars des contribuables devraient être utilisés pour rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas pour les brutaliser ou les tuer.

Par ailleurs, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a fustigé l’opposition, affirmant sur Fox News vendredi que « des raisons politiques et partisanes » étaient à l’origine du blocage.

Troisième paralysie fédérale partielle

Rare voix dans les rangs démocrates à s’opposer au shutdown, le sénateur de Pennsylvanie John Fetterman a souligné que la paralysie fédérale aurait « littéralement zéro impact » sur la police de l’immigration. Cette dernière pourra en effet continuer d’agir pendant la durée du blocage, en raison de fonds déjà approuvés l’an dernier par le Congrès.

D’autres agences du DHS seront concernées par le blocage, comme la FEMA, chargée de la gestion des situations d’urgence comme les catastrophes naturelles. La TSA, responsable des contrôles de sécurité dans les aéroports, a averti sur X qu’une paralysie prolongée pourrait provoquer des pénuries de personnel avec « des conséquences notables aux aéroports, notamment des retards, des délais d’attente plus longs et des annulations de vols ».

Les règles en vigueur au Sénat américain, nécessitent 60 voix sur 100 pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget pour le DHS.

Les démocrates exigent comme préalable que de profonds changements soient apportés à la manière dont l’ICE agit à travers le pays. Ils veulent la fin des patrouilles volantes, l’interdiction pour les agents de se dissimuler le visage, et l’obligation d’obtenir un mandat judiciaire avant l’arrestation d’un migrant.

La Maison Blanche s’est dite prête à négocier et avait envoyé une contre-proposition mercredi soir. Jeudi, le chef des républicains au Sénat, John Thune, a averti les membres de l’opposition qu’ils n’obtiendraient « jamais tous les souhaits sur leur liste ». Mais l’opposition a rejeté la proposition de l’exécutif, et signifié l’échec des négociations pour le moment.

Les parlementaires sont partis en vacances pour une semaine jeudi soir, mais pourraient être rappelés rapidement à Washington en cas d’avancées dans les discussions.

Il s’agit de la troisième paralysie fédérale partielle depuis le début du second mandat de Donald Trump après celle de quelques jours au début de février, déjà autour de la question de l’ICE, et celle d’octobre-novembre, qui avait battu un record de longévité avec quarante-trois jours de blocage.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV