Le président vénézuélien Nicolás Maduro a déclaré devant un tribunal fédéral de New York qu’il était « toujours président » de son pays, tout en plaidant non coupable de trafic de drogue et d’autres chefs d’accusation, deux jours après avoir été enlevé par les forces spéciales américaines lors d’une opération surprise.
Le juge Alvin Hellerstein a lu lundi les charges retenues contre Maduro, notamment « complot narcoterroriste », et lui a demandé de plaider. « Je suis innocent. Je ne suis coupable de rien de ce qui est mentionné ici », a répondu le président vénézuélien.
Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été transférés du Metropolitan Detention Center, une prison de Brooklyn, au tribunal fédéral de Lower Manhattan sous protection militaire.
À sa sortie de la brève audience, une audience de mise en accusation au cours de laquelle les charges sont formellement lues à l’accusé, Maduro a déclaré qu’il était « prisonnier de guerre » et a juré de recouvrer sa liberté.
Maduro et son épouse ont été enlevés samedi à leur domicile de Caracas, évacués du Venezuela, puis transportés à bord d’un navire de guerre sur quelque 3 400 kilomètres jusqu’à New York pour y être jugés par le gouvernement fédéral.
Escorté au tribunal en uniforme de prisonnier et menotté, Maduro a réaffirmé avoir été « enlevé » et a insisté sur le fait qu’il restait président du Venezuela.
L’assaut qui a conduit à l’enlèvement de Maduro a eu lieu après des mois de pression et de renforcement militaire au large des côtes vénézuéliennes, marqués par des dizaines d’attaques contre des navires soupçonnés -selon les allégations américaines- de transporter de la drogue, faisant au moins 115 morts.
Caracas a fermement nié tout lien avec le trafic de drogue et a soutenu que Washington cherchait à renverser le président vénézuélien afin de prendre le contrôle des vastes réserves pétrolières du pays.
Quelques heures après l’attaque contre le Venezuela, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis administreraient temporairement le Venezuela et s’impliqueraient « très fortement » dans l’industrie pétrolière du pays.