L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a vivement critiqué, ce dimanche 4 janvier, la réaction du président Emmanuel Macron à l'invasion du Venezuela par les États-Unis. Il a qualifié cette position d'« aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable pour l'avenir de la France et de l'Europe », lors de son intervention dans l'émission BFM Politique.
Poursuivant ses propos, il a accusé Emmanuel Macron de « se soumettre à Donald Trump » et a appelé à s’interroger sur la capacité de la France et de l’Europe à réagir à d’éventuelles interventions américaines à l’avenir. « Que fera-t-on demain quand Trump le fera pour le Groenland ? », a-t-il lancé.
Il a estimé que cette situation révélait un « changement de monde » et a mis en garde contre les bouleversements de l’ordre international. Selon lui, les démocraties occidentales, dont la France, constituent un obstacle aux logiques impériales et doivent renforcer leur souveraineté afin de préserver leurs valeurs et leurs intérêts fondamentaux.
Dans cette perspective, l'ancien chef du gouvernement a appelé les Européens à bâtir « un grand pacte de souveraineté » dans les domaines du numérique, de la technologie, de la finance et de la défense, soulignant que « le droit ne suffit pas » sans puissance politique et stratégique.
Selon lui, Emmanuel Macron tient une position inverse, à l'instar de plusieurs dirigeants européens qui, selon lui, « tergiversent depuis des mois » en sous-estimant les risques. Il a averti que l'Europe ne devait ni devenir « le champ de bataille » ni être la « variable d'ajustement » d'un affrontement stratégique entre les États-Unis et la Chine.
Dominique de Villepin a enfin reproché au président français de ne pas avoir réagi avec fermeté, par crainte d'irriter Washington, alors que ce dernier concentre ses priorités sur l'Ukraine. Or, selon lui, ces sujets sont liés : ne pas répondre à la situation au Venezuela affaiblirait la crédibilité européenne sur d'autres dossiers internationaux.
Pour rappel, samedi soir, Emmanuel Macron avait salué « la libération du peuple vénézuélien de la dictature de Nicolas Maduro », appelant à une transition politique « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ». Il avait également exprimé le souhait de voir l'oppsant Edmundo González Urrutia, conduire rapidement ce processus, alors que plusieurs responsables politiques français dénonçaient parallèlement les frappes américaines au Venezuela et appelaient au respect de la souveraineté des États.
Par ailleurs, le président vénézuélien Nicolas Maduro et la première dame Cilia Flores ont été enlevés et exfiltrés vers New York à la suite de l'intervention militaire américaine à Caracas. Cette invasion, critiquée par plusieurs observateurs, soulève des interrogations quant au respect du droit international et aux risques d’instabilité pour le Venezuela et la région.