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La date butoir de la Cédéao est expirée, le Niger ferme son espace aérien

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahmane Tiani et des membres du conseil militaire qui a organisé un coup d’État au Niger participent à un rassemblement dans un stade à Niamey. ©Reuters

Les putschistes nigériens ferment l'espace aérien du pays en invoquant la menace d'une intervention militaire de la Cédéao. 

Les putschistes nigériens ont fermé l'espace aérien du pays après qu'un bloc des pays d'Afrique de l'Ouest a menacé d'intervenir militairement si le président nigérien n'était pas réintégré.

L'armée nigérienne détient le président déchu du pays, Mohamed Bazoum, depuis le mois dernier lors du septième coup d'État qui a frappé la région africaine du Sahel ces dernières années, le général Abdourahamane Tiani, chef de la garde présidentielle, se déclarant nouvel homme fort du pays.

Le 30 juillet, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), composée de 15 pays, a donné aux putschistes une semaine pour rendre le pouvoir aux autorités civiles du pays. Dimanche était le dernier jour de la date butoir fixée par le bloc africain.

« Face à la menace d'intervention qui se précise à partir des pays voisins, l'espace aérien nigérien est fermé à compter de ce jour dimanche (…) jusqu'à nouvel ordre », a déclaré un représentant de la junte militaire dans un communiqué diffusé dimanche soir 6 août à la télévision nationale.

« Les forces armées nigériennes et toutes nos forces de défense et de sécurité, soutenues par le soutien indéfectible de notre peuple, sont prêtes à défendre l'intégrité de notre territoire », dit le communiqué qui précise que « toute tentative de violation de l'espace aérien » entraînera « une riposte énergique et instantanée ».

Dans un autre communiqué, l'actuel Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, qui comprend les généraux qui ont pris le pouvoir, indique qu'un « prédéploiement pour la préparation de l'intervention a été faite dans deux pays d'Afrique centrale », sans préciser lesquels. « Tout État impliqué sera considéré comme cobelligérant », ajoute-t-il. 

La menace militaire de la Cédéao fait craindre un nouveau conflit dans la région, car toute intervention militaire pourrait être compliquée par une promesse du Mali et du Burkina Faso voisins de venir à l’aide du Niger si nécessaire.

Dimanche, des milliers de partisans de la junte ont afflué vers un stade de la capitale Niamey, applaudissant la décision des chefs militaires de ne pas céder aux pressions extérieures.

La France, ancienne puissance coloniale du Niger, a déclaré qu'elle soutiendrait les efforts régionaux pour renverser le coup d'État, sans préciser si cela incluait une assistance militaire.

La junte nigérienne a accusé la France de planifier une invasion militaire. La semaine dernière, elle a révoqué les accords de coopération militaire avec la France, qui compte le déploiement d’entre 1 000 et 1 500 soldats sur le terrain au Niger.

Samedi, le Premier ministre déchu du Niger, Ouhoumoudou Mahamadou, qui se trouvait à Rome au moment du coup d'État, a émis l'espoir que les putschistes pourraient céder aux ouvertures diplomatiques. « Nous gardons espoir », a-t-il déclaré à Reuters depuis Paris.

« Nous nous attendons à ce que le président Bazoum soit libéré, qu’il revienne au pouvoir et que toutes les institutions qui ont été dissoutes reprennent pleinement leur travail », a-t-il déclaré.

Ouhoumoudou Mahamadou a toutefois estimé qu'une intervention des armées des voisins du Niger était « peu probable ». « Pour arriver au Niger, il faut qu'ils traversent les groupes terroristes (liés à Al-Qaïda) qu'ils ont mis des années à combattre et qu'ils n'ont pas réussi à combattre. Donc, pour nous, c'est une menace en l'air », a-t-il affirmé. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV